‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 128 sur 239 · LIVRE III, CHAP. XIX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. XIX

tion et en serait prieure. Cette clause étant acceptée par les supérieurs, Madame Acarie et M. de Fonteines- Marans se rendirent à Tours pour choisir l'emplacement du nouveau monastère. Ils trouvèrent dans la vieille ville qu'on nommait Montifré une maison convenable, l'achetèrent sur-le-champ et y mirent des ouvriers afin de la disposer à recevoir les religieuses.

Cependant le gouverneur de Tours etles principaux habitants firent quelques oppositions, voulant que l'établissement fût dans la nouvelle ville, et leurs instances parvinrent même jusqu'au roi; mais on ne crut pas devoir entrer, dans leurs vues, et la fondation eut lieu à Montifré. Madame Acarie revint alors à Paris, heureuse de sa victoire, et aussitôt on fit partir les religieuses destinées au monastère de Tours, et dont voici les noms tels qu'ils ont été inscrits par elles-mêmes en tête du registre des professions.

Celles qui sont venues en la fondation de ce couvent de Notre-Dame-des-Anges des Carmélites à Tours, avec la mère Anne de Saint-Barthélémy, espagnole :

1° La mère Anne de Saint- Barthélémy ,'fîlle et professe à Avila de notre sainte Mère Térèse de Jésus, pour prieure.

2° Sœur Claire du Saint- Sacrement, professe du couvent de Pontoise, le 22 juin 1605, pour sous-prieure.

3° Sœur Marguerite de la Sainte-Trinité, professe de Paris, le jour de saint François de Paule, 2 avril 1605(1)

4e Sœur Marie de laConception, professe de Pontoise, le jour de saint- Vincent, 22 janvier 1606 (2).

5° Sœur Anne de Saint-Barthélémy, professe de Paris,

(l) Morte au couvent de Guimgamp.

'2) Morte au couvent de Nantes.

le jour de Notre-Dame de la Chandeleur , S f& vrier 1608(1).

60 Sœur Térèse de Jésus, professe de Paris, le 30 mars 1608(2).

7° Sœur Florentine de la sainte Mère de Dieu, professe du couvent de l'Incarnation de Paris, sœur laie (3).

L'obédience de la fondation est écrite de la propre main de M. de Bérulle et courue ainsi :

« Nous, Jacques Gallemant, André Duval, docteur « en théologie, et Pierre de Bérulle, prêtre en l'église « de Paris, établis par le feu Pape d'heureuse mé- « moire. Clément huitième pour supérieurs des reli- « gieuses carmélites instituées en France selon la (( réformation de la bienheureuse Mère Térèse de « Jésus, nous commandons, au nom du Saint Esprit « et en vertu de la sainte obéissance, à la mère Aime « de Saint-Barthélémy, prieure du monastère de Paris a de se transporter à Tours pour y fonder un couvent « de cet Ordre et y exercer l'office de prieure en la « compagnie de sœur Claire, religieuse professe du

(1) Morte en ce convent le 7 novembre 1043.

(2) Morte prieure au couvent de Lyon 1640.

(3) Sœur Florentine de la Mère de Dieu avait fait profession au premier couvent de Paris en 1607. Par humilité, elle n'avait voulu être que sœur converse, et comme son confesseur lui représentait que les premiers moments de ferveur passés , elle trouverait peut-être les travaux de cette condition trop fatiguants, elle lui répondit que quand même Dieu ne l'assisterait pas extraordinairement pour les remplir, elle croyait pouvoir toujours les faire si elle était fidèle à la grâce. C'était une âme très-unie à Dieu et de grande vertu, qui a particulièrement édifié ses sœurs par sa charité et son amour pour la pauvreté. La mère Anne de Saint-Barthélémy, comme on le voit dans ses lettres, en faisait un grand éloge. Après avoir accompagné cette vénérable Mère à la fondation de Tours, elle la suivit en Flandre, puis elle revint à Amiens d'où elle passa à Pontoise, à Paris, et enfin à Chartres. Elle y mourut saintement , au mois de février 1626. âgée de quarante-six ans (Notes de M. Boucher, et fondation des Carmélites de Chartres. Chroniques, p. 4W •

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