‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 136 sur 239 · LA MÈRE MARIE DE SAINT-ÉLIE · texte numérisé non relu

LA MÈRE MARIE DE SAINT-ÉLIE

1612 (I). — Lanière Marie de Saint-Élie, cinquième professe de Tours, appartenait à la noble famille de Querlingue et habitait la ville de Saint-Brieuc. Dès qu'elle entendit parler des couvents de la samto réforme du Carmel, elle conçut un vif désir d'y être reçue et résolut d'aller à Tours, puisqu'il n'y avait point encore de Carmélites en Bretagne. Sa famille mit tout en oeuvre pour la détourner; mais la persévérance de la jeune Marie surmonta toutes les difficultés , et son père , gentilhomme fort considéré , voulut bien la conduire lui-même. Arrivé à Tours, il la présenta à la mère Amie de Saint-Barthélémy, avec laquelle il discuta les arrangements du temporel ; ne pouvant s'accorder sur quelques articles, il prit le parti de ramener sa fille à Saint-Brieuc ; mais, par une permission de la Providence, les chevaux ne voulurent jamais sortir de Tours , quelques efforts

(1) Cette date est celle de la profession.

qu'on pût faire. Alors, M. de Querlingue, reconnaissant le doigt de Dieu, revint sur ses pas et souscrivit à toutes les conditions exigées. Ce fut donc la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy qui forma la nouvelle postulante à tous les devoirs de la religion, et elle en fit une Carmélite accomplie. Elle était douce, charitable et d'une grande vertu. Appliquée à Notre-Seigneur et à tous ses mystères, elle l'honorait particulièrement au saint Sacrement de l'autel. Sa dévotion à la sainte Vierge était très-grande ; elle reçut de cette Mère de bonté des grâces très-manifestes.

Après sa profession, elle fut envoyée à la fondation du couvent de Nantes, ensuite à celui de Morlaix, où elle fut la première prieure, et enfin à celui de Guimgamp, qu'elle commença aussi. Elle a rendu beaucoup de services à ces trois monastères , B*étan1 toujours dignement acquittée de sa charge. Pénitente et mortifiée, jamais elle ne s'est ralentie de sa première ferveur. Elle disait souvent quelle ne pouvait se résoudre à. penser qu'une religieuse entoiler en Purgatoire, parce quil était honteux à une amante de Jésus-Christ de n'avoir pas satisfait à sa justice en ce monde. Elle mourut, après quelques jours seulement de maladie, le 18 mars 1652, au monastère de Guingamp, âgée de soixante-seize ans, dont quarante-deux passés en religion.

1614. -— C'est par erreur que les chroniques de l'Ordre nomment comme dixième professa de Tours soeur Agnès de Jésus-Maria et disent qu'elle est décédée en 1630. Les registres authentiques du monastère prouvent que la dixième professe qui prononça ses vœux en 1614, se nommait Françoise de Jésus-Maria; elle fut envoyée à Riom et ne mourut pas à Tours. On ne trouve la sœur Agnès de Jésus-Maria qu'en 1675.

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