LA RÉVÉRENDE MÈRE RENÉE DE JÉSUS-MARIA
1617. — En cette année, la révérende mère Renée de Jésus-Maria fit sa profession, étant à peine âgée de 18 ans. Elle était née à Poitiers. Son père se nommait le chevalier René de Menou, et sa mère Mmc Nicole de Jousserant. Douée d'im esprit pénétrant et docile, elle comprit promptement les devoirs de la vie religieuse et s'appliqua aux vertus les plus solides. Aussi devint-elle capable de bonne heure des premiers emplois. Par ordre des supérieurs, elle avait déjà gouverné les maisons d'Aix et d'Arles en Provence, lorsqu'elle fut chargée de la fondation d'Angers. Quelques années après, Mgr de Miron, archevêque de Lyon, la demanda ponr le couvent de cette ville, et la communauté d'Angers fit ce sacrifice avec beaucoup de douleur. Le monastère de l'Incarnation de Paris voulut aussi profiter des grands talents que possédait cette mère ; elle s'y rendit pour travailler aiLx mémoires de la béatification de la vénérable mère Magdeleine de Saint-Joseph. Dans cette maison, comme dans toutes les autres, elle donna des exemples admirables de régularité, de recueillement et de toutes les vertus. Elle y finit sa course en 1660. Elle reçut de Dieu des lumières et des communications très-élevées, comme on le voit dans les écrits qu'elle a laissés sur ses dispositions. Notre sainte Mère lui fit aussi ressentir d'une manière sensible les eîïets de sa protection. Pendant sa dernière maladie, elle lui apparut, l'avertit de sa mort prochaine et lui témoigna une grande satisfaction du zèle qu'elle avait eu contre les hérétiques et pour le salut des âmes. Les
dernières paroles de la mère Renée furent celles-ci : Mon Dieu et mon tout, soyez-moi toutes choses. Son visage paraissait d'une rare beauté et comme animé par la présence de notre Seigneur Jésus-Christ.
1617. — Cette respectable mère avait emmené pour sous-prieure à le fondation d'Angers sœur Magdeleine de l'Incarnation, comme elle professe de Tours. Elle était fille de Denis Tessier, sieur de Malabry, et de Marie de Vouloy. C'était une âme d'oraison, d'une exactitude merveilleuse à tous ses devoirs; on la voyait toujours la première aux heures de communauté. Elle cherchait Dieu de toutes ses forces avec une grande droiture de cœur ; les travaux pénibles faisaient sa consolation. Après avoir exercé à Angers la charge de sous-prieure et de maîtresse des novices pour laquelle elle avait un don particulier, elle revint à Tours où elle mourut saintement dans de grands désirs de voir Dieu, le 3 novembre 1644, âgée de cinquante-un ans.