LIVRE III, CHAP. XXII
visible de l'Œuvre de la Réparation; et bientôt même ella composa les litanies ;i; la sainte Face, des cantiques et di s prières dans la même pensée. On en fit un Recueil qui parut enfin en 1847, avec approbation de
Mgr le cardinal archevêque de Tours. Ce petit livre était destiné, dans les desseins de Dieu, à avoir des conséquences remarquables.
t Mademoiselle Dubouché, qui devint un peu plus tard mère Marie-Terese en fondant Y Œuvre réparatrice avec adoration perpétuelle du très-saint Sacrement, eut communication à Paris des litanies de la sainte Face, en cette même année 1847. Sa dévotion l'ayant portée à les réciter au moment où elle les recevait, la nuit suivante Notre-Seigneur lui apparut sous les traits de son divin martyre. C'était dans la nuit du jeudi. Le lendemain matin, mademoiselle Dubouché, sous l'impression delà plus ineffable émotion, prit son pinceau, car elle était excellent peintre, et se mit à reproduire sur latoilela Face ensanglantée du Sauveur. Illuifut inspiré de ne se livrer à ce travail que les jours de vendredi. Il lui en fallut quatre, au bout desquels apparut aux yeux un tableau que la pensée humaine ne saurait imaginer. La Face de Notre-Seigneur est d'une incomparable majesté. Le voile placé au-dessus de la couronne d'épines fait voir que les blasphémateurs modernes comme leurs devanciers dans la maison du prince des prêtres, sont obligés de mettre un voile entre eux et Dieu qu'ils ne connaissent pas, et ce voile symbolise leur ignorance et leur aveuglement. Velaverunt eum, et percutiebant faciem ejus... et alia multa blasphémantes... (Luc, xxn, 64, 65.)
« Mademoiselle Dubouché, chargée de son précieux ouvrage à peine achevé, vient à Tours, et se présente à Fimproviste au Carmel, où elle trouve des cœurs qui peuvent d'autant mieux comprendre sa démarche que
Nôtre-Seigneur avait dit précédemment à la sœur Saint-Pierre : Je te donnerai ma Face, et quand tu la présenteras à mon Père, ma bouche s'ouvrira [jour plaider ta cause.
« A partir de celte époque, il s'établit des rapports intimes entre les Carmélites de Tours et mademoiselle Du bouché. Celle-ci ne fut donc pas oubliée lorsqu'il fut question de la lettre de faire part annonçant la mort de la sœur Saint-Pierre, arrivée l'année suivante, le 8 juillet 1848.
« Lorsque cette lettre lui arriva, mademoiselle Dubouclié était à Paris , fort gravement malade. Au même instant la pensée lui vient de faire une neuvaine de prières en union avec la vénérable sœur Saint- Pierre, promettant de se rendre en pèlerinage d'actions de grâce à sa tombe, si la santé lui était rendue.
a Or, dix jours après, mademoiselle Dubouché venait toute joyeuse accomplir son vœu; et nous l'avons entendue s'écrier avec enthousiasme : J'étais malade, condamnée par les médecins! mais voilà ce que peut la vénérable confidente de Jésus! Je me porte toul à fait bien, le voyage ne m a point fatiguée.
« Rentrée à Paris, mademoiselle Dubouché, ainsi qu'elle venait probablement d'en sentir l'inspiration sur la tombe de la sœur Saint-Pierre (1), exécute sans délai ce que le divin Maître voulait d'elle. En effet, le 6 août elle quitta le monde, et faisant appel à quelques âmes choisies, elle fonda l'Œuvre Réparatrice avec adoration de jour et de nuit du très-saint Sacrement. Le berceau de l'Œuvre fut la chapelle du premier couvent des Carmélites, faubourg Saint-Jacques.
« Trois mois après, la congrégation naissante pouvait faire le service de nuit une ou deux fois par
(i) Elle en avait reçu l'inspiration pendant les sanglantes * jurnées de juin.