‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 167 sur 239 · LIVRE IV, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAP. II

si personne l'incomparable réformatrice du Carmel devant les pins grands rois de la terre, qui a fondé l'Ordre de la " as les capitales de leurs royau-

mes ; cette épouse du Christ, dont saint Jean de la Croix a légué le portrait à la postérité par ces paroles : Quand je vois la mère Anne de Jésus, je crois voit va Séraphin; vierge vraiment embrasée des ardeurs de l'a* mour divin, qui, après avoir eu dans le siècle pour guide, pendant sept ans, un nouveau Balthasar AlVare Pierre Rodriguez, de la Compagnie de Jésus, avait trouvé en religion, pendant quinze ans, un second guide appelé par sainte Terèse un homme céleste et divin, saint Jean de la Croix lui-même, et, sous la direction de cet homme céleste, avait achevé de prendre vers les régions les plus élevées de la sainteté un vol d'aigle et de séraphin qui ne devait plus se ralentir de toute sa vie; Anne de Jésus, enfin, aptes avoir planté la sainte bannière du Carmel à Grenade, à Madrid, à Paris, à Bruxelles, à Louvain, couronne par Mons sa carrière de Fondatrice.

Le premier novembre de Tannée 1607, le jour de la fête de tous les Saints, elle avait fondé le monastère de Louvain, et l'avait dédié sous le vocable de saint Joseph. Et le 9 décembre suivant, le lendemain de la fête de l'Immaculée Conception, elle partait de Bruxelles, avec la mère Éléonore de Saint-Bernard, issue de l'illustre maison des Spinola qui a donné à l'Église et à la Compagnie de Jésus le célèbre père Charles Spinola, saint martyr que Pie IX vient de placer sur les autels. Les deux vierges étaient accompagnées par M. de Brétigny si digne, par sa sainteté et par sa grande dévotion à sainte Térèse, d'être associé h l'œuvre de la Fondation des monastères.

Dans les desseins de Dieu, Mons devait être le dernier diamant de la couronne d'Anne de Jésus, comme

Fondatrice; il voulut que ce diamant jetât le plus vif éclat, et pour cela, il marqua cette fondation du sceau de la croix. Les admirables lettres écrites de cette ville par la vénérable mère Anne de Jésus nous présentent le tableau de tout ce qu'elle y eut à souffrir. Les éléments eux-mêmes parurent se conjurer pour ajouter au martyre de ces héroïques vierges, car l'hiver fut un des plus rigoureux qu'on eût jamais vus. Mais pour Anne la Magnanime, et pour sa magnanime compagne Éléonore de Saint-Bernard, toutes ces souffrances n'effleuraient pas même leur courage; elles étaient regardées par elles comme des palmes et comme des faveurs insignes du céleste Époux. Cette immense moisson de mérites cueillie, Anne de Jésus et Éléonore de Saint-Bernard jetaient les fondements du monastère de Mous, cinq jours après la fête de la Purification, le jour de la fête de saint Romnald, en l'année 1608; ce nouveau monastère était dédié, comme celui d'Avila, sous le vocable de saint Joseph.

Anne de Jésus y laissa pour prieure sa digne compagne, Éléonore de Saint-Bernard. Elle ne crut pas pouvoir confier à des mains plus fidèles ce couvent qui lui avait tant coûté, et qui devait demeurer pour elle son Benjamin, l'objet de ses plus tendres affections.

De retour à Bruxelles, elle écrivait en juin 1608, à sa chère Beatrix de la Conception, g- e Mon» serait la dernière fondation qu'elle ferait en personne. Elle ajoutait ensuite ces mémorables paroles : Les trois couvents qui ont été fondés prennent de tels accroissements, qu'on ne peut voir sans admiration à quel point Dieu se hâte de s'y manifester.

En octobre 1611, lorsque la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy, quittant la Fiance, vint à Mous, c'était encore une des six Carmélites venues d'Espagne, la mère Isabelle de Saint-Paul qm avait le gou-

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