‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 168 sur 239 · LIVRE IV, CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAP. II

vernement de ce monastère. La compagne inséparable de sainte Térèse y fut accueillie avec des transports de joie. Toutes les religieuses étaient au comble du bonheur de la voir au milieu d'elles. Elles bénissaient Dieu de leur avoir envoyé un tel trésor de sainteté et de lumières. Pendant l'année qu'elle passa à Mons, toutes lui ouvrirent leur âme, et voulurent faire comme un second noviciat avec elle.

Ainsi, le Carmel de Mons, dans les premières années de sa fondation, de 1608 à 1612, eut le glorieux privilège de posséder quatre des fondatrices du Carmel de France et de Belgique, Anne de Jésus, Anne de Saint-Barthélémy, Éléonore de Saint-Bernard et Isabelle de Saint-Paul. Cet édifice spirituel était soutenu par ces quatre colonnes î

Comme on le voit, le Carmel de Saint-Joseph de Mons ne saurait avoir des origines plus grandes, plus glorieuses et plus saintes; et, à ce titre, il doit être particulièrement cher à tout l'Ordre.

Dès le principe, Dieu eut hâte, comme s'exprime sa sainte Fondatrice, Anne de Jésus, de faire éclater les magnificences de sa grâce, dans ce monastère, comme dans celui de Bruxelles et de Louvain. Les plus grands noms de la Belgique, les d'Aremberg, les de Mérode, et d'autres noms illustres, s'y trouvent représentés, ces nobles et très-chrétiennes familles tenant à honneur de payer à Dieu et à son Église la dîme du sang.

* CHAPITRE III

Anne de Saint-Barthélémy nommée pour aller fonder à Anvers.

— Révélation sur la grande destinée de ce monastère. — Il est fondé le G novembre 1012. — Concours des Jésuites d'Anvers.

— Elite de sujets qui se présentent. — Mademoiselle deDompré est la première qui prend l'habit, et reçoit le nom de Térèse de Jésus. — Le meilleur site de la ville est choisi pour y bâtir le couvent. — Assistance de Notre- .Seigneur et de sainte Térèse.

Durant mon séjour au monastère de Saint-Joseph de Mons, on traita de la fondation de celui d'Anvers. Je ne m'attendais nullement à une pareille mission, j'étais convaincue qu'on en chargerait de plus capables que moi. Je dus cependant l'accepter, puisque l'obéissance me l'imposait. Le lendemain du jour où la volonté des supérieurs m'avait été déclarée, m'étant recueillie après la communion, je me tournai vers Notre-Seigneur, et je lui recommandai instamment cette affaire; je le conjurai de me donner la grâce d'agir en tout selon son bon plaisir, et d'inspirer aux supérieurs de ne pas me charger de cette entreprise, en cas qu'il ne l'agréât point. Cet adorable Maître me consola, comme il l'avait fait dans d'autres occasions, et il me dit : Prends courage, et sache que cette fondation sera un flambeau allumé qui donnera lumière à tout ce pays. Avec ces paroles, je pris courage pour embrasser la croix; et je ne doute point que la promesse de Notre -Seigneur ne s'accomplisse.

Dès le commencement de la fondation, Dieu nous'a

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