‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 198 sur 239 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Glorieuse et sainte mort de la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy.

Nous avons maintenant à raconter une des plus belles et des plus saintes morts qu'il ait été donné à l'œil du chrétien de contempler.

Dieu, qui se plait à rendre à ses saints gloire pour gloire, a voulu que les merveilles qu'il a fait éclater au terme de la carrière d'Anne de Saint-Barthélémy,

fussent connues dans son Église. Des témoins oculaires, les filles mêmes de la fondatrice du Carmel d'Anvers, ont fait connaître une partie de ces merveilles. La servante de Dieu, par les paroles qu'elle a adressées à ses filles, en a fait connaître une autre partie. Enfin le divin Maître a révélé à Catherine du Christ, la sainte amie de la bienheureuse vierge, les secrets de sa dernière extase et de son entrée au ciel.

Aussi cette mort, dans un cloître fermé aux hommes, dans une pauvre petite cellule, cette mort qui semblait devoir être ensevelie dans l'ombre, sera connue du monde entier, et le récit en passera à toutes les générations futures. Merveilleux effet de la volonté et de la toute-puissance de Dieu! cette cellule où meurt Anne de Saint-Barthélémy devient mi sanctuaire visible à l'univers, et il est donné à tous les membres de l'Église catholique de suivre du regard les scènes sublimes de cette sainte mort : l'histoire nous y fait assister.

Anne de Saint-Barthélémy était arrivée à la soixanteseizième année de sa vie. Dès l'âge le plus tendre, elle s'était offerte à Dieu, elle lui avait consacré sa virginité. Elle avait vécu plus d'un demi-siècle au Carmel. En Espagne, elle avait eu la gloire de suivre, comme compagne inséparable, la sainte Fondatrice dans ses dernières courses apostoliques, et de la tenir dans ses bras à sa dernière heure.

La France l'avait possédée sept ans, et Dieu avait donné une fécondité miraculeuse à la mission qu'elle y avait remplie.

Pendant quatorze ans, elle avait paru comme une autre Térèse dans le Carmel d'Anvers, le chef-d'œuvre et la couronne de tous ses travaux sur la terre.

L'amour divin dont son cœur avait senti les feux

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