‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 203 sur 239 · LIVRE IV, CHAP. XIV · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAP. XIV

entier, et c'est à côté d'elle qu'elle célèbre, avec la cour céleste tout entière, cette divine fête de la trèssainte Trinité: et désormais c'est pour les siècles éternels qu'elle est en participation de la gloire et de la félicité de son Dieu.

Mais au moment où l'àme de cette bienheureuse vierge prend son essor vers le ciel, elle répand sur son corps, sur ce fidèle compagnon de ses travaux, un reflet de sa gloire, et lui imprime un cachet éternel de sainteté. Il demeure dans l'attitude de l'extase. Sur les traits de la figure respire l'expression du ravissement causé par la vue de ce que l'âme a contemplé avant de se séparer de lui. Un rejaillissement si auguste de la majesté même de Dieu reluit sur ce corps virginal, qu'on ne peut le contempler sans tomber à genoux. Un parfum céleste, une odeur telle que la terre n'en sentit jamais, s'exhale de ce corps qui fut soixante-seize ans le temple du Saint-Esprit, et qui, pendant l'éternité, doit resplendir mille millions de fois plus que le soleil. Ce parfum pénètre les âmes qui viennent d'être spectatrices d'une si sainte mort, ou plutôt de ce commencement de vie divine. Les trop heureuses filles d'Anne de Saint-Barthélémy donnent à leur Mère des larmes, mais des larmes qui recèlent quelque chose des joies du paradis. Elles baisent ses pieds et ses mains avec toute la tendresse de la piété filiale, et avec toute la profondeur du respect chrétien. Elles sentent qu'elles possèdent désormais leur bienheureuse Fondatrice et leur Mère, d'une manière incomparablement plus intime que quand elle vivait encore. Elles la voient en Dieu, les aimant en lui, et ne cessant d'intercéder auprès de lui pour celles qu'elle avait tant aimées dans l'exil.

C'est auprès d'elle que les Carmélites < l'Anvers achèvent de célébrer la fête de la très-sainte Trinité. Pénis

dant la nuit, elies entourent encore leur Mère bienairnée et contemplent ses traits chéris ; elles mettent à profit ces heures si précieuses pour confier à son cœur leurs demandes et leurs désirs, la suppliant de les appuyer de son crédit auprès de Dieu.

Heureuse la cité où cette colonne de la foi va demeurer debout jusqu'au jour du jugement! Plus heureux encore le monastère où ce soleil de sainteté a terminé sa carrière ! Heureuses la cité et la demeure qui possèdent le corps virginal de cette Épouse du Christ î Heureuses les familles qui par leur foi et leur dévouement ont sauvé, pendant la tempête du dernier siècle, la dépouille sacrée de cette vierge : la bénédiction de Dieu se perpétuera sur elles d'âge en âge !

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