DE LA MANIERE D'ELEVER LES NOVICES
Cet emploi de l'éducation des novices est un plus importants de la vie religieuse ; celle à qui confié doit savoir les conduire de manière à les faire avancer dans la vertUj et s'y prendre avec pour : qu'il y a de défectueux dans la
nature de leur caractère; elle doit leur faire comprendre que c'est là une obligation de sa c! qu'elles ne so: au noviciat que pour se vaincre
et se réformer.
Si la maîtresse des novices les conduit avec prudence et avec amour, elle parviendra à leur faire dre comme douces les choses amères.
C'est là ce que nous enseigna Notre-Seignear dans la formation de ses disciples. Et nous voyons qu'après celte douceur du divin Maître ils embrassèrent la croix, et trouvèrent suaves les renoncements et les mépris de leur propre volonté.
Tout ce qu'il y a de rigoureux dans la vie religieuse peut être enseigné aux novices par la voie de l'amour et par l'exemple, beaucoup mieux que ] Igueur
et les menaces; car si l'on ne vertus que
de parole seulement, sans y joindre l'œuvre et l'exemple, une pareille leçon aura peu d'effet : c'est là un chemin qui égare et un temps perdu.
Ainsi, il est de la plu portance que
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qui doit former et instruire les novices soit vertueuse et patiente. Elle élève déjeunes plantes; elle ne pas s'étonner des f i vouloir la perfection
d'un coup; il faut du temps et de la patience. Mais ce à quoi elle doit s'appliquer dès le principe, c'c faire entrer les novices dans la voie d Le sim-
plicité; car la simplicité alimenta lavé " suse et le bon esprit des saints. Quand les âmes mari
■■ ■ . • mx leur esprit et leur vertu,
et l'on connaît mieux ce qu'on peut espérer d'elles. C'est par cette voie de la simplicité que la maîtresse peut faire le plus de bien aux novices, faisant en elles quelques épreuves de mortifications comme celles que faisaient les saints, sans avoir l'air de s'en apercevoir et comme s'ils ne faisaient rien Que Dieu nous donne cette sage discrétion qui n'abonde pas de nos jours. Mais si les novices entrent avec une vraie vocation de Dieu, bien qu'on les mortifie, elles acceptent tout et avancent dans le chemin de la perfection. Dieu est toujours le même, et il donne aujourd'hui les forces et les grâces qu'il donnait autrefois. Ce qui démontre bien vite que les novices sont vraiment appelées de Dieu, c'est quand elles acceptent tout, et que, de quelque manière qu'on les traite, elles s'humilient toujours.
Il est nécessaire de les traiter avec douceur, parce que cela leur donne une plus grande liberté de rapports avec la maîtresse des novices ; elles sont plus ouvertes avec elle, et se font plus facilement connaître par leur conduite extérieure. Si on les traite avec rigueur, elles n'osent aborder la maîtresse, leur âme se ferme, et on ne peut les connaître.
Notre sainte Mère avait, en cela comme dans tout le reste, une grâce particulière de Dieu ; elle était douce et affable avec les novices jusqu'à ce qu'elle