‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 3 sur 239 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Avant que la sainte Mère entre dans cette extase de quatorze heures qui précède pour elle la claire vision de Dieu, Anne se hâte de la parer pour les noces éternelles. Écoutons ici son lan- : Le jour où elle mourut, je la changeai de tout, linge, manches, toque, vêtements; elle se regardait toute contente de voir comment elle serait propre, et, tournant les yeux vers moi, elle me regarda en souriant., et me témoigna par signes sa reconnaissance. Ainsi, la séraphique vierge était parée pour aller au-devant de l'Époux. Le 4 octobre, fête de saint François d'Assise, à sept heures du matin, ayant à côté d'elle sa chère compagne, elle se dresse sur sa pauvre couche, comme une reine sur son trône; soutenue entre les bras d'Anne de Saint-Barthélémy, et la tête appuyée sur son cœur, elle entre dans la plus haute extase de toute sa vie ; et après cet essai si prolongé de la vision béatifique, c'est des bras de sa compagne qu'elle prend enfin son essor vers le ciel.

Anne, vierge bien-aimée du Christ, que tu es grande et attendrissante dans cette scène! Tu tiens sur ton cœur Térèse resplendissante de gloire, et tu la remets à l'Époux divin qui vient la chercher avec ses saints et ses anges. Tu deviens chère à toute l'Église; et tous ceux qui auront pour la vierge d'Avila une filiale dévo-

Page 1