LIVRE II, <HA1\ XIII
Dans ce temps (l'épreuve et de désolation pour les catholiques de France, il s'en rencontrait beaucoup parmi eux qui étaient très-bons et de grands serviteurs de Jésus-Christ. Ils virent que la grande Té rèse, !a Mèsfl des Carmélites déchaussées, s'était levée avec mi fcèta insatiable du salut des âmes; que, pour travailler efficacement à les sauver, cette vierge, soutenue par la grâce et remplie de l'esprit de Dieu, avait réformé son Ordre, le ramenant à l'observance primitive, ot y établissant toute l'austérité possible; ils virent en outre que son but bien déterminé, comme elle le dit dans ses Livres, était que toutes celles qui se réuniraient à elle dans ses monastères fussent toujours en oraison et en de saints exercices de mortification et de pénitence, pour venir en aide à Jésus-Christ et à ses catholiques, dans la conversion du royaume de France. Ce pays était perpétuellement présont à sa pensée, et elle souhaitait son salut avec tant d'ardeur, qu'elle ne cessait d'élever ses cris vers Dieu, afin de l'obtenir. Après avoir fondé dans ce but son premier monastère de Saint- Joseph d'Avila, cette Sainte en avait fondé plusieurs autres tant d'hommes que de femmes ; et lorsque Dieu l'appela à lui, pour la faire jouir du fruit de ses travaux, elle laissait son Ordre formant une province séparée. Enfin, à sa mort et depuis, comme Dieu voulut la faire connaître au monde, il la glorifia parmi grand nombre de miracles.
Vers ce temps, il y avait en Espagne plusieurs Français qui désiraient le salut de leur peuple et qui dans ce but souhaitaient avec ardeur avoir en France des filles de sainte Térèse. Mais celui auquel, entre tous, Dieu donna la palme, fut un de ses serviteurs nommé M. de Brétigny.