‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 73 sur 239 · LIVRE II, IJIAP. \V £ft · texte numérisé non relu

LIVRE II, IJIAP. \V £ft

wvez pas ce que je perds, en ne pour an t pim ter vir Dieu doux la personne de m serrante,

Isabelle était sous-prieure du couvent de Salamanqu<\ lorsqu'on vint y chercher la mère Anne de Jésu.pour l'emmener m Franco. Elle ressentit la juif Ut plus vive, quand M. de Berulle lui annonça que le Gréaérai l'avait nommée pour être aussi employée à rétablissement duCarmel français. Le provincial voulait entreprendre de la retenir en Espace : mais ayant entendu une voix qui lui parlait intérieurement, il la laissa suivre son obédience. Ou a vu ({lie dans le voyage, la colonie du Carmel espagnol courul quelques dangers. La mère Isabelle y montra tant de courage, (pie les dames françaises l'appelaient la vaillante Espagnole.

Pendant que la mère Anne de Jésus fut en France, elle ne négligea rien pour perfectionner la mère Isabelle des Anges dans la pratique des vertus religieuses. Elle la prit avec elle, quand elle alla fonder le couvent des Carmélites de Dijon, et l'en fit sous-prieure. Elle aurait bien voulu l'emmener dans les Pays-Bas, quand elle s'y retira : mais la mère Isabelle refusa de la suivre. Les Carmélites d'Espagne, et les parents que celte mère avait dans ce pays, voulurent aussi la faire revenir dans sa patrie. Elle résista toujours à leurs pressantes sollicitations : Xotre Seigneur et la sainte Vierge, disait-elle à ce sujet, m'ont donne la France pour partage ; et je ne la quitterai jamais.

En 1606, lorsque la mère Isabelle passa par Pari? pour aller fonder les Carmélites d'Amiens, la mère Anne de Saint-Barthélémy, par déférence pour elle, voulut qu'elle donnât l'habit religieux à deux postulantes du premier monastère. La duchesse de Longueville la présenta alors à Marie de Médicis et à Madrime Elisabeth, qui fui depuis r< une d'fisp ■■■-

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«•es princesses lui tirent le plus gracieux accueil. A Amiens, elle fut très-estimée du comte et de la comtesse de Saint-Paul. Cette princesse, qui n'avait pas encore eu d'enfant, accoucha d'un fils qui fut duc de Fronsac ; et elle crut qu'elle devait sa naissance aux prières de la mère Isabelle. Un an après qu'il fut né, elle obtint encore, par les prières de la même religieuse, la guérison de cet enfant chéri : de sorte qu'elle disait publiquement que son fils était deux fois redevable de la vie à la mère Isabelle. Avant de partir pour aller faire la fondation des Carmélites de Rouen, cette mère introduisit celles d'Amiens dans la nouvelle maison qu'on leur avait bâtie. Elle fonda le premier couvent des Carmélites de Bordeaux, en 1010; celui de roulouse, en 1616; et relui de Limoges, en 1618. Elle resta jusqu'à sa mort dans le dernier de ces monastères.

La mère Isabelle avait tant d'affection pour le sacrement de l'Eucharistie, qu'elle faisait elle-même les pains qui étaient destine- au saint sacrifice, et blanchissait les linges qui servaient à l'autel. Le ton dévot avec lequel elle chantait l'office divin attirait le peuple à fedise des Carmélites; et l'on se disait mutuellement : Allons entendre chanter la bonne mère espagnole. Elle parlait la langue française assez bien pour se faire entendre : néanmoins, par esprit d'humilité, elle ne se confessa, pendant les quarante ans de son séj wr en France, que par l'entremise d'une autre religieuse, qui répétait en français ce que la mère Isabelle disait en espagnol. Les rigoureuses pénitences qu'elle faisait étaient plus admirables qu'imitables. Quoiqu'elle eût été élevée sous le gouvernement des Carmes, elle s'accoutuma sans peine au gouvernement des ecclésiastiques que le Pape avait établis supérieurs de l'Ordre en France. Lorsque la division se mit dans le Car-

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mel français par rapport à la supériorité, on l'année 1618, elle dit hautement : Dieu n'est pas du côté des religieuses qui tiennent pour tes Cormes ; et ce qu'elles désirent

n'aura pas lieu.

La mère Isabelle des Anges fut intimement liée avecla mère Magdeleine de Saint-Joseph. Quand ces deux grandes âmes se trouvaient ensemble, la mère Magdeleine rendait honneur à la mère Isabelle comme à sa maîtresse dans l'état religieux. De son côté, la mère Isabelle disait qu'elle n'était pas digne de délier les cordons de la chaussure de la mère Magdeleine ; et quand elle apprit sa mort, elle dit que l'Ordre faisait une grande perte.

Trois ans avant de mourir, la mère Isabelle obtint des supérieurs qu'elle ne serait plus mise en charge dans la communauté ; et elle n'en fut pas moins fidèle à la règle. Quand on lui représentait que son âge et ses infirmités demandaient qu'elle se ménageât, et que telle était l'intention des supérieurs, elle répondait : Mes supérieurs veulent que je tende à ta perfection, et je ne puis y arriver qu'en faisant ce que font les autres. Les attaques d'apoplexie et les convulsions qui la conduisirent au tombeau commencèrent dans le mois de janvier 1644, et pendant les neuf mois qu'elles durèrent, elle montra beaucoup de patience et d'union avec Dieu. Elle mourut saintement, le 14 octobre de la même année. Son visage parut après sa mort plus beau qu'auparavant; et le peuple accourut en foule à ses funérailles. On lui attribue plusieurs miracles.

Voici quelques-unes de ses maximes. J'aimerais mieux, disait-elle, que toute la communauté fût malade, que d'y voir faire des fautes... Les religieuses doivent se montrer aux séculiers le moins quelles peuvent, afin de leur donner une grande idée de l'état religieux,.. Les personnes qui sont fidèles à. la grâce prennent garde qxCen maladie

leur a me ne devienne infirme comme leur corps... Brièveté de travail, éternité de 'repos... Les a mes dk 'purgatoire sont comme des reines captives qui ne peuvent s'aider elles mêmes.

(Voyez sa Aie, qui a paru iu-8J, en 1658, à Paris, chez Vitré ; et YHisr. mau. de la fond, des Carmél. de France, voy. Limoges.]

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