ISABELLE DES ANGES
La mère Isabelle des Anges naquit, le 5 février 1565, à Villacastin, dans le diocèse de Ségovie, de parents nobles et vertueux. Son père se nommait don Jean Marquez Messia : il était très-considéré à la cour d'Espagne; et pendant cinq ans il fut chargé des affaires du roi Catholique auprès du duc de Florence. Sa mère s'appelait Marie Ibagnez. Ils eurent quatre fils et quatre filles : sept de ces enfants entrèrent dans l'état ecclésiastique ou dans l'état religieux : l'aîné des iils fut le seul qui resta dans le monde.
Dès son enfance, Isabelle joignait aux agréments de la figure une si grande douceur de caractère, qu'on la nommait Isabelle la Pacifique. Elle était pieuse envers Dieu, dévote à la sainte Vierge, soumise à ses parents, et sensible à la misère des pauvres. Malgré ses bonnes qualités, elle avait beaucoup de répugnance pour la vie religieuse; et dans la crainte qu'on ne l'y destinât, elle ne voulait point apprendre à lire. Elle prit du goût pour les parures; mais ce goût naissant fut bientôt réprimé par l'éducation chrétienne qu'on lui don-
naît. Elle courut une affection particulière pour une de ses sœurs, qui s'appelait Béatrix : elles s'exerçaient, avec une sainte rivalité, à la pratique des vertus de leur âge ; quelquefois elles jeûnaient au pain et à l'eau, et quelquefois aussi elles portaient le ciliée.
Pendant l'Avent de 1588, les deux sœurs faisaient une confession générale, lorsque Dieu les appela au Carmel. Après avoir obtenu le consentement de leurs parents, elles prirent ensemble l'habit religieux chez les Carmélites de Salamanque, le 6 mai 1589. Au nom que portait Isabelle, on ajouta celui des Anges.
La promptitude avec laquelle la sœur Isabelle des Anges avait obéi à la vocation divine, ne lui avait pas ôté sa répugnance pour la vie religieuse, dès l'instant même où elle était entrée dans le monastère. La première fois qu'elle parut au parloir, il lui sembla que chacune des pointes de la grille lui perçait le cœur. Mais Dieu vint à son secours ; et le lendemain du jour où elle prit l'habit, elle se prêta avec une admirable facilité aux pratiques de son état les plus difficiles. Elle était surtout exacte à garder le silence. En entrant dans cette maison, disait-elle, fm *u une sainte qui mit son doigt sur sa houehe. povr me faire erdrndre que je devais me taire. Par amour pour l'humilité et le travail, elle désirait de n'être que êasm converse : mais on s'y opposa, et le P. Ribera, jésuite, lui dit à ce sujet que V humilité et le travail se trouvaient aussi avec le voik- noir. Elle fit profession avec sa soemr, le 31 août 1500. Elle remplit avec zèle les diilérents offices dont elle fut chargée. Elle avait de l'attrait pour les pénitences et tes mortifications : elle aimait à aider ses compagne.dans leurs travaux et à servir les malades. Après la mort d'une infirme dont elle avait pris soin pendant quatorze ans. elle dit à des religieuses qui paraissaient étonnées qu'elle fût affligée de cette mort: fmaée