‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 75 sur 239 · LIVRE II, CBXF. XV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CBXF. XV

<jui se trouvaii auprès do lui. J/opposition qu'il metinii aux vues de sa fille dura pendant six ans. Oh aurait peine à exprimer tout ce qu'elle souffrit alors; et dans la suite, elle «lisait eflé-mêmê qu'il >i>n avait ja- ,/ia's tant Cûéttéd aucune reitgiemepomrentrer 4mu son '-fat.

Enfin, Dieu exauça les prières de Béatrix, et remplit ses désirs. Don Pierre de Zunigua étant tombé dangereusement malade, rentra en lui-même, et se repentit d'avoir contrarié la vocation de sa fille. Dès qu'il fui gttéri, il la conduisit au couvent des Carmélites de Salamanque. Elle y prit l'habit religieux au mois de mars 1589 : au nom qu'elle portait déjà, on ajouta celui de la Conception, h cause de la dévotion qu'elle avait toujours eue à ce mystère. La sœur Béatrix de la Conception fit son noviciat avec la sœur Isabelle des Anges; et elle prononça ses vœux, le 14 septembre 1590. Son père fut si touché du recueillement qu'elle fit paraître dans cette cérémonie, qu'il ne put s'empêcher de dire : // sembh que rua fille soit seule avec Dieu dans l'univers.

Béatrix se distinguait de ses compagnes par son exactitude à garder le silence, son courage a pratiquer des mortifications corporelles, et sa promptitude à obéir aux moindres volontés des supérieurs. Elle aimait cà prier devant le Saint-Sacrement. // m'est impossible, disait-elle à ce sujet, de hisser là le Créateur pour tenir compagnie aux créatures.

Un an après qu'elle eut fait profession, elle perdit son père. Dieu lui révéla sa mort ; et elle demanda au Seigneur la grâce de souffrir dans ce monde pour le défunt, s'il devait souffrir dans le purgatoire. Un crut que sa demande avait été exaucée, car elle fut tout à coup frappée d'une maladie extraordinaire, qu'elle garda pendant deux ans, et dont elle eut des ressentiments tout le reste de ses jours.

La sœur Béatrix était infirmière du couvent de Salamanque, lorsqu'on vint y chercher la mère Anne de Jésus pour l'emmener en France. On a vu qu'elle demanda avec instances qu'il lui fût permis de l'accompagner, et que cette permission lui fat accordée. Dans le voyage, elle fit un sacrifice qui mérite d'être remarqué : elle ne voulut pas descendre de voiture, pour aller voir une de ses parentes qui était religieuse dans un monastère près duquel on passait.

Le jour où l'on prit possession de la maison priorale de Notre-Dame-des-Champs, la mère Anne de Jésus dit à la sœur Béatrix de faire la lecture au réfectoire : elle obéit sans répliquer, quoiqu'elle n'entendît pas la langue française. Dans le commencement de l'année 1605, cette mère l'emmena avec elle, quand elle alla fonder les Carmélites de Pontoise ; et elle la fit sousprieure de ce couvent. Dans la même année, elle l'emmena encore, quand elle alla fonder les Carmélites de Dijon, parce qu'elle voulait l'avoir avec elle dans ce couvent.

La mère Béatrix, qui aimait les Carmélites françaises, n'aurait peut-être jamais quitté la France, si la mère Aime de Jésus ne l'avait pas déterminée, par les instances qu'elle lui fit, à s'en aller avec elle dans les Pays-Bas. Depuis ce moment, elle ne la quitta presque plus : elle était sa confidente et sa consolatrice ; elle l'aidait dans ses opérations, et la servait dans ses maladies.

Après la mort de la mère Anne de Jésus, la mère Béatrix fut élue prieure du monastère de Bruxelles. Dieu prédit qu'elle remplirait cette place avec distinction; et, par la douceur et la prudence de son gouvernement, elle vérifia la prédiction divine. Le zèle du salut des âmes lui faisait dire : J'aimerais mieux mourir mille fois, que de voir commettre une faute de propos

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