‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 8 sur 239 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

force invincible. Ii en est une parmi elles, âgée de quatre-vingt-sept ans et privée de la vue ; c'est la vénérable mère Amable : victime de traitements inhumains, elle jubile, et elle a la gloire de mourir en prison pour la foi de Jésus-Christ. Bientôt quelques-unes sont condamnées à mort, elles doivent être déportées à Issoudun, et là elles doivent être fusillées. Elles tressaillent d'une joie céleste à la nouvelle du martyre. Déjà elles sont en route ; mais Dieu, qui a vu la préparation de leur cœur, leur laisse le mérite du martyre, et les délivre miraculeusement des mains de leurs ennemis. Ces vierges, ou plutôtces anges, reviennent à Tours se constituer prisonnières avec leurs sœurs. Dans la prison, elles gardent vivant et intact l'esprit du Carmel. Et quand la liberté est rendue au culte catholique, elles vivent, d'abord dispersées en ville, gardant une inviolable obéissance à la prieure, et regagnent ensuite avec transport leur antique asile. Les traditions n'avaient pas été interrompues ; ainsi l'on vit la beauté du Carmel refleurir dans le monastère, comme s'il venait d'être gouverné par la Fondatrice. Et, au milieu de ce siècle, ce couvent plein de sa sève primitive a donné à l'Eglise et au monde la sœur Saint-Pierre dont la vie fournira une des plus ravissantes pages de

PKK1 XIX

riiisloire du Carme]. Elle y paraîtra avec sou auréole de grâces miraculeuses, et tenant en main la bannière de la Réparation. Car c'est à elle que l\\rchiconfréric de la réparation du blasphème et de la violation du dimanche doit son existence ; la Réparation perpétuelle, fondée par Mlle Dubouchet, et l'Adoration nocturne lui doivent également leur origine. Moissonnée à trente et un ans, cette vierge a laissé, par son passage sur cette terre, un sillon lumineux et d'impérissables monuments de son zèle.

C/est à Anvers que devait s'arrêter la course apostolique d'Anne de Saint-Barthélémy; Anvers devait être la couronne de ses fondations. Térèse, par les mains de sa compagne, allait planter sa bannière dans cette cité, l'orgueil des Pays-Bas, la métropole de son commerce, de ses imprimeries, célèbre par son antiquité, par ses monuments, par ses grands hommes, riche de tant de gloires religieuses et d'illustres souvenirs, la patrie de Rubens et de Van Dyck, le berceau des Bollandistes qui, par leurs Acta Sancioram, ont doté leur pays d'une gloire nationale que le reste du monde lui envie (1).

Déjà, en Espagne même, Dieu avait révélé à

(i) V. « Annales Ânluerpienses, auctore Daniele Papebrochio, S. J. an. 1S45. »

Page 1