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Son entrevue avec M. de Maisonneuve. — La Très Sainte Vierge lui apparaît et l’assure de sa protection. — Départ pour le Ganada.
Dans le temps où la Vierge du Rosaire se manifestait à la pieuse Marguerite par une touche sensible de la grâce, il s'opérait en France un mouvement
considérable en faveur du Canada. M. Paul C:o-
medey de Maisonneuve, personnage éminent en vertu, avait été choisi de Dieu pour aller y jeter les fondements d’une ville qui serait tout spécialement consacrée à la Très Sainte Vierge sous le nom de Ville-Marie.
Avant de passer dans la Nouvelle-France, ce gentilhomme alla à Troyes solliciter les prières de l'une de ses sœurs, religieuse au couvent de la Congrégation de Notre-Dame. Le récit de son projet excita si vivement le zèle et l'admiration dans cette fervente Communauté que plusieurs relig'euses sollicitèrent la faveur de l'accompagner pour aller établir en ce nouveau pays une maison de leur ordre. M. de Maisonneuve qui ne pouvait que leur faire des promesses pour l'avenir, accepta de leur part comme gage de leur parole mutuelle, une image sur laquelle on avait écrit ces mvts :
se
Sainte Mère de Dieu, Vierge au cœur loyai, Gardez-nous une place en votre Montréal.
En 1653, étant repassé en France pour y chercher du secours, M. de Maisonneuve alla de nouveau visiter les religieuses de Troyes. Celles-ci ne manquérent pas de lui rappeler sa promesse; mais le gouverneur, comprenant mieux, cette fois, les besoins de la nouvelle colonie, leur dit qu'un établissement de religieuses cloîtrées n'était pas ce qui convenait à l'heure présente.
Ces saintes filles, animées du zèle de la gloire de Dieu, font de nouvelles instances, et, croyant mieux réussir, elles disent à M. de Maisonneuve que la préfète de ieur Congrégation externe, Mademoiselle Marguerite Bourgeoys, les accompagnerait bien volontiers, et que ses vertus, ses talents et sa rare sagesse la rendraient très utile à la colonie. Enfin, elles font d’elle un si grand éloge que le À à gouverneur exprime le désir de la voir et prie sa ! sœur de la faire appeler. À peine Mademoiselle |