L'Aryam est le point le plus élevé des cieux, l'empyrée
rendu la vue aux aveugles, a fait marcher les paralytiques, a redressé les boiteux, a délivré de leur maladie ceux qui souffraient de la fièvre; il a purifié ceux qui étaientalteinls de la lèpre; il a fait entendre les sourds et fait parler les muets. Celui qui était porté par les nuages a touché le sol de son pied; celui qui était à cheval sur les chérubins a foulé la terre et a été porté sur un ânon ; il a montré toute son humilité; il a accepté toutes les souffrances corporelles, a été placé à la droite d'un esclave et a été attaché comme un malfaiteur [fol. 7]; il a été souffleté par la main d'un serviteur et sa tête a été frappée d'une verge de roseau. Il a été suspendu à la croix, des clous ont été enfoncés dans ses pieds et dans ses mains; il a bu du fiel mélangé avec de la myrrhe et, tout-puissant, il est mort en inclinant la tête. Son côté a été percé d'un coup de lance, et il en est sorti deux fleuves de vie ; il a été enveloppé dans un linceul de hn et a élé placé dans un sépulcre, fermé par une pierre portant le sceau des juifs. Puis après être resté trois jours et trois nuits dans les entrailles de la terre, il est ressuscité d'entre les morts et, ayant ressuscité des morts, il est monté au ciel où il est assis à la droite de sa majesté, qui est son Père et où il intercède pour nous. Après avoir accompli toutes ces choses, il nous a laissé un signe. Il a tranché les cordes des filets (qui nous retenaient) et a allumé en nous un feu, non pas pour brûler les membres de notre corps, mais un feu d'amour dont la flamme apaise l'ardeur de ceux<|ui l'aiment, ainsi qu'il le dit : Le Père de toutes choses est lui-même et la nourriture de tous est son corps. J'ai apporté le feu sur la terre; je veux qu'on l'allume et lorsque ce feu est enflammé, il remplit et embrase le cœur de tous les élus. Et ce feu a produit un amour excessif de ses brebis qui s'est manifesté dans leurs paroles et dans leurs œuvres. Par leur bouciie ses brebis disent :
Nous sommes dans ce monde tels qu'il a été; par leurs œuvres, elles accomplissent lous les préceptes de l'Évangile. Embrasés par ce feu divin, les martyrs ont éteint les fournaises de feu qu'ont allumées les impies, car le feu d'amour qui est dans leur cœur et qu'y a placé le Sauveur est plus puissant. Enflammés par ce feu, les justes ont éteint le feu de la jeunesse qui environnait leur corps comme une muraille et ont acquis la pureté, au point d'êlre appelés des anges, car leur corps était revêtu de la nature de feu. Ils furent semblables aux chérubins qui ont six ailes, parce qu'ils ont accompli les six paroles de l'Évangile et même plus. C'est pour cela qu'ils sont les compagnons des chérubins et chantent des louanges avec eux. Les vierges ont été enflammées de ce feu, elles ont renoncé au mariage et se sont vouées à la continence pour avoir le royaume des cieux. Les moines ont brûlé de ce feu, ils ont abandonné ce monde et ses douceurs, et ont amaigri leur corps par l'abstinence; ils ont fui dans le désert, sans crainte des lions, ni de la chaleur du jour, ni du froid de [fol. 8] la nuit. Les filets qu'il a tendus, ce n'est pas en vain qu'il les a placés, mais afin de pouvoir entraîner vers les hauteurs célestes ceux qu'il a pris, ainsi que le dit lui-même Notre Seigneur : Lorsque j'aurai été enlevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi*. Plusieurs qui ont été pris dans ses filets ont été tirés du puits de misère et de fange et ont été sauvés; saisis dans ces mêmes lacs, les pêcheurs de poissons ont quitté leurs filets et l'ont suivi pour pêcher les hommes, pour apprendre de lui à chasser les lions par la douceur, les tigres par la candeur(?) et tous
1. Saint Jean, xii, 32 : « Et moi quand j'aurai été élevé de la terre j'attirerai lous les hommes à moi. »
ceux qui font le mal, en s'efforçant de les ramener dans la bonne voie.
Cet homme dont le nom est Lalibala, vrai arbre veti du jardin, ayant été arrosé par le doux suc de leur parole, a poussé des fleurs odoriférantes et ayant été pris dans les fils de leurs sarments, il a produit des fruits savoureux, ainsi que nous apparaîtra le fruit de son œuvre excellente, à mesure que nous avancerons. Son fruit n'est pas le fruit unique d'un arbre du jardin, mais il a différents aspects et différentes formes de grappes, comme on en voit dans les vergers, d'odeur variée, d'aspect varié et de couleurs variées.
En effet le fruit de la vigne a un aspect, un suc, une saveur et une odeur particuliers; le fruit du grenadier a un aspect, une forme et un goût autres; le fruit de l'amandier, celui du palmier, du melon et de la mandragore ont aussi une forme, une odeur et une saveur qui lui sont propres..