‹ Vie de Léon XIIIChapitre 134 sur 148 · LÉON TOUCHE LES AXNÉES DE S. PIERRE. 6S · texte numérisé non relu

LÉON TOUCHE LES AXNÉES DE S. PIERRE. 6S

jusqu'au 3 Mars ; car ce fut en ce jour, il y a 24 ans, que le Pape-clu fut couronné de la Triple Couronne, qui signifie le pouvoir en choses spirituelles et temporelles, et la primauté de l'Épiscopat dans tout l'univers. Et comme l'air palpitait de l'émotion produite par cette célébration qui semblait mouvoir le monde lui-même; puis l'on se demandait : " Léon, verra-t-il les Années de Pierre ? " Cette question tremblait sur toutes les lèvres. Oui pouvait le dire ? Les chances étaient bien contre lui.

Comme on portait Léon XIII dans la Basilique de Saint Pierre, on vit que son corps tremblait, comme s'il avait une attaque de faiblesse, quoique son visage, presqu'aussi blanc que sa robe, était calme et portait un air de douceur. Peutêtre était-ce l'influence de l'heure si solennelle, delà foule immense qui était venue là pour le saluer, la sécrète connaissance de sa valeur comme un facteur de ce monde, valeur attestée par la présence de tous ces réprésentants des têtes couronnées, qui le faisaient trembler. Quelqu'en fut la cause, le tremblement ne dura qu'un instant.

La tempête d'acclamations qui lesalua aussitôt qu'il apparu, le brassa et le raidit, comme l'ozone de l'océan brasse l'mvalide. Il se leva dans la chaire droit comme une lance. Un sourire d'amour et de fierté illumina ses traits, quand il regarde autour de lui sur celles grandes vagues humaines, et les toinieurs de leur enthousiasme semblaient à plusieurs de faire vibrer le dôme lui-même.

Précédé par les Flabelliferes, la Sedia Gestatorla, le Pontife toujours debout, circula autour de la Confession de Saint Pierre, ainsi qu'on appelle l'espace qni entoure le throne de S. Pierre. La musique triomphale qui avait accompagné la marche de la procession cessa graduellement pendant que le Pape descendait de sa chaire. Il portait la Tiare et celle-ci resplendissait des pierres précieuses, le sommet étant couronné d'une petite sphère de Za/Z^-Z^iî.s-/^// et une croix d'or. La chape qu'il portait par-dessus son albe blanche était couverte d'une superbe ornamentation d'or. La tiare était celle de son prédécesseur Pie IX. Celle-ci, quand le Pape se mit

à genoux pour prier devant l'autel au-dessus du tombeau de S. Pierre, fut mise de côté, et la mitre présentée à lui-même par la noble garde, pour offrande de Jubilé, prit la place de la tiare pour l'occasion.

Alors la messe du Jvibilé commença. La musique choisie pour l'occasion fut la Messe de Saint Marcel. L,e Cardinal Serafino Vannutelli était le célébrant, et le Pape, comme de coutume, récita l'Introit, L,es trompettes d'argent aux galeries et en haut dans la coupole donnèrent leurs fanfares à l'élévation ; pendant que le chœur de la Chapelle Sistine rendit le Hœc Dies et le Benedictus^ avec un effet digne des chœurs angéliques.

Si un roi pouvait se vanter d'avoir l'honneur de son pays mis à couvert de la tempête et de la pluie dans un banquet solennel, il fut réservé au Pape d'avoir l'honneur de tous les ro3'aumes du monde couronné sous le dôme de Saint Pierre à l'occasion de son Jubilé.

L'assemblée présente était plus que magnifique : spectacle sans égal dans l'histoire de l'humanité! La France avait occupé la première place au rang des Ambassadeurs, M. Nisard et tout le personnel de l'Ambassade étant là.

L'Allemagne rendit au Souverain Pontife un égal hommage, le Baron von Loe ayant été choisi pour réprésenter l'Empereur et son pays; lui et l'Etat Major de l'Ambassade, le Prince de Salm-Salm, et le Major-Général von Haussmann, — La Bavière avait envoyé le Prince Qîttingen von Spielberg, le Baron von Riederer, le Chamberlain du Roi, le Comte F. P. Pocci et le Baron von Wuertzburg.

L'Autriche-Hongrie était représentée par l'Ambassadeur Extraordinaire, le Comte Szecsen de Temerin et l'Êtat- Major de l'Ambassade ; l'Espagne par un Ambassadeur du même rang, le Senor Pidal y Mon.

Le Portugal et la Belgique avaient des Envoyés spéciaux. L'Angleterre aussi était bien représentée. Le Comte de Denbigh était à la tête des Envoyés Anglais, avec M. Somers Cox, le Major George Pereira, et l'Honorable Everard Fielding. Le Roi de Saxe était représenté par le Baron von Friesen ;

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