CHAPITRE IX
1,'Eiicyclique d'Octobre, 1902. — La Bible et les plus profondes Etudes. Un Concile de Savants nommé. — Les hommes distingués qui le composent.— Encyclique sur la Prêtrise, Décembre, 1902. — Encyclique sur le Marriage et le Divorce.
) EUT-ÊTRE l'acte le plus important qu'ait fait le Saint Père, en tant que cela regarde les plus profondes questions du monde religieux de nos jours, a été sa nomination d'une commission de savants pour étudier à fond les rapports entre la Bible et la science. Ce n'est pas la première fois qu'il ait tourné son attention à l'étude des Saintes Ecritures comme une branche d'éducation scholastique et qu'il ait recommandé cette étude en termes qui firent impression sur ceux qui enseignent la théologie partout l'univers ; mais l'influence qui se faisait sentir vivement de tous les côtés, comme résultat des découvertes de la science moderne, demandait d'être réconnue par une action spéciale, afin qu'il fut répondu péremptoirement à ce qui était réellement une menace formidable aux fondements mêmes de nos croyances religieuses.
C'est pourquoi le Souverain Pontife adressa à tous les fidèles en octobre, 1902, un avis formel que le sujet mentionné ci-dessus serait traité par une commission des hommes les plus savants dans toute l'Église. Cette Encyclique dit entr 'autres choses :
" Nous, rappellant la vigilance et le zèle que Nous plus que tout autre sommes obligés de montrer pour sauve-garder loyalement le dépôt de la Sainte Foi, Nous publiâmes en
1893 l'Encyclique Providentissimus Deus , dans laquelle Nous avons parlé sur plusieurs textes de la Sainte Écriture et la manière de les étudier.
"ly'importance et l'utilité de cet auguste sujet demandaient que Nous consacrions la plus grande attention à cette matière, maintenant surtout quand les études de nos savants modernes ont ouvert la porte à tant de nouvelles et téméraires questions. Nous donc proposâmes ce que tous les Catholiques et spécialement ce que tous ceux qui ont reçu les Ordres Sacrés, peuvent faire dans leurs sphères respectives pour favoriser ces études ; et Nous avons décrit minutieusement la mode et la manière spéciale par lesquelles ces études pourraient être poussées en harmonie avec le temps présent.
"Et Notre document ne fut pas sans fruit. Il Nous est très agréable de Nous rappeler les nombreuses expressions d'obéissance de la part des Êvêques et d'autres savants personnages, qui suivirent cette lettre, pour réitérer emphatiquement la nécessité et l'importance de Nos injonctions, et promettant leur aide pour les faire exécuter. Et il est également consolant pour Nous de Nous rappeler les efforts faits par des Catholiques dans cette direction, en se consacrant avec enthousiasme à ces études.
' 'Mais il Nous parait très clair que les raisons que Nous avions d'écrire cette lettre Encj'clique existent toujours, et même deviennent plus urgentes, et Nous avons donc résolu de récommander Nos premières instructions avec plus de force encore et encore à Nos Vénérables Frères de l'épiscopat.
" Et afin que Notre sujet soit plus aisément et pleinement réalisé, Nous avons maintenant ajouté à notre demande une aide autoritative nouvelle.
" Car voj^ant la complexité des études modernes et les erreurs innombrables qui prévalent, il devient impossible aux interprêtes des Livres Sacrés de les expliquer et de les défendre comme les besoins de l'heure présente demandent."
" Il est donc devenu nécessaire que leurs études communes reçoivent aide et direction sous les auspices et la conduite du Saint Siège Apostolique. Nous croyons que cela peut
se faire en adoptant en cette matière les mêmes plans que Nous avons suivis eu faisant fleurir d'autres études.
Il Nous a donc plu d'établir une espèce de conseil ou de commission, comme on l'appelle à la ordinairement, composée d'hommes sérieux, dont le devoir sera de consacrer toute leur énergie à obtenir ce résultat que les paroles divines reçoivent cette plus simple interprétation que les besoins du jour exigent, et qu'elles soient absolument préservées de toute teinte ou soupçon d'erreur, mais élevées bien au-dessus des opinions bazardées et sans fondements.
"lye siège convenable pour un tel conseil ou commission, est Rome elle-même, sous les yeux du Souverain Pontife, et parceque cette ville est la maîtresse et gardienne de la sagesse Chrétienne, ainsi l'enseignement de cette doctrine nécessaire coulera de son centre et de sa source même, saine et non corrompue, par tout le corps de la République Chrétienne.
" Afin que les hommes composant cette commission, puissent collectivement remplir leur devoir si sérieux et si honorable, ils devront être guidés par les principes qui suivent. Avant tout, ils étudieront avec le plus grand soin la tendance et la direction de la pensée moderne dans ce genre d'études, et ils ne regarderont aucune chose découverte par la science moderne, comme étrangère à leur but; bien plus ils employeront la plus grande diligence et promptitude en adoptant par leurs écrits au service du public tout ce qui de jour en jour peut être découvert d'utile à l'exégèse biblique. Ainsi ils donneront grande attention à la Philologie, avec ses sciences alliées ; et ils suivront avec grand soin leur développement.
"Car aussitôt que l'on commence une attaqite contre les Saintes Ecritures, nous devons chercher les armes qui empêcheront la vérité de succomber dans la lutte avec l'ennemi. Ainsi aussi les anciennes langues orientales, et la connaissance des Codices les plus anciens ne doivent pas être pour nous d'un moindre prix qu'elles ne soient pour ces autres; car l'une et l'autre étude sont d'une grande valeur dans notre cause.
" Ensuite, quant à maintenir absolument l'autorité des Saintes Écritures, les membres devront montrer le plus grand soin et la plus grande diligence. Ils devront s'efforcer surtout d'empêcher la continuation parmi les Catholiques de cette manière si blâmable de penser et d'agir, comme si l'on pensait et agissait par l'inspiration du monde hétérodoxe.
" Les hommes qui forment le conseil auront donc soin d'avoir à cœur de maintenir ces principes et d'essayer de gagner par la persuasion ceux qui sont portés à une excessive admiration pour les hétérodoxes, et cela afin qu'ils soient eux-mêmes mieux disposés à écouter et à obéir l'autorité de l'Église, le seul vrai réprésentant de Jésus-Christ sur la terre. Bien qu'il soit devenu la coutume de profiter des écrits des autres, des ouvrages des critiques surtout, ceci doit se faire avec réserve et prudence, et un esprit de précaution. Nos savants cultiveront, avec Notre sanction emphatique, l'art de la critique, comme étant d'une suprême importance pour notre science hagiographique. — Nous n'avons point d'objections à ce que dans celte branche ils se servent des matériaux fournis par les hétérodoxes. Cependant, ils devront se garder de se laisser aller à l'intempérance de jugement, car cette intempérance est souvent le résultat du système connu comme la Haute Critique, la dangereuse témérité de laquelle Nous avons plus d'une fois dénoncée.
"En troisième lieu: quant à cette branche de l'étude qui regarde directement l'exposition de la divine Écriture, comme Nous voj'ons que c'est un sujet de la plus grande utilité pour les fidèles, la commission devra y donner le plus grand soin. Il n'est guère nécessaire dédire que dans les textes, dont le sens a été fixé ou par les auteurs sacrés euxmêmes, ou ont reçu une interprétation authentique de l'Église, on doit être convaincu qui c'est là la seule interpré tation qu'une saine herméneutique peut admettre.
" De l'autre côté il y a tout un nombre de textes dont on n'a point j usqu 'à présent donné aucune interprétation authen tique, et ici les docteurs privés peuvent suivre et défendre l'opinion qui leur parait individuellement la plus raisonnable;
mais dans des cas semblables l'analogie de la Foi et des enseignements Catholiques doivent être comme le principe qui guide sûrement. Quand des questions telles forment le sujet de la discussion, on doit avoir grand soin de ne pas permettre à la chaleur de la discussion de passer les bornes de la charité Chrétienne, et les divines traditions elles-mêmes et les vérités révélées d'avoir l'air de paraître douteuses.
"Car ce serait inutile d'espérer de grands résultats des études diverses d'un grand nombre d'individus, qui n'ont aucun principe fixe de concorde ; il faut franchement adopter certains principes sur lesquels on promet de tomber d'accord et se diriger. Par conséquent le conseil devra regarder comme étant de son devoir, de prendre des mesures pour traiter avec dignité et grande modération les questions principales qui ont passé par les mains de docteurs catholiques, et de contribuer toutes leurs lumières et toute leur autorité à une décision finale.
" Un résultat important de cette sage politique sera qu'elle fournira au Saint Siège l'occasion de dire au temps opportun, ce qui devra être tenu inviolablement par tout Catholique, et ce qui sera réservé pour sujet de plus amples recherches, et ce qui sera laissé au jugement des particuliers."
Après avoir défini plus amplement encore les objects et le but de la commission, le Saint Père déclara qu'il nommerait quelques autres consulteurs auxquels seraient déférées les questions non décidées par la commission. Après cela on nomma les membres de la commission ; ce sont les personnages suivants :
Le Très- Révérend Père, David Fleming, Vicaire Générale de l'Ordre des Frères Mineurs ; le Très-Révérend F. G. Vigouroux, de la Congrégation de S. Sulpice, Professeur d'Kcriture Sainte à l'Institut Catholique de Paris ; le Très- Rev. Père A. Lepidi, O. P., Maître du Sacré Palais Apostolique; leTres-Rév. T. Esser, Secrétaire de la Sacré Congrégation de l'Index ; le Très-Rév. A. M. Ceriani, Préfet de la
Bibliothèque Ambrosienne ; le Très-Ré v. F. de Hummelhauer, S. J.; le Très- Ré v. T. J. Laniy, Membre de la Société Bibliothèque Archaeologique Biblique de Londres, et Professeur dans l'Université de Louvain ; le Très-Rév. Dr. O. Bardenhewer, Professeur d'Exégèse à l'Université de Munich; le Très-Rév. Chanoine T. Mercati, Écrivain à la Bibliothèque du Vatican ; le Très-Rév. H. Gismondi, S. J., Professeur d'Ecriture Sainte à l'Université Grégorienne; le Très-Rév. J. H. Cereseto, de l'Oratoire, Membre du Collège Théologique de Saint Thomas, à Gènes ; le Très-Rév. A. Van Hoonacker, Professeur de Sainte Écriture à l'Université de Louvain ; le Très-Rév. Monseigneur S. Talamo, Chanoine de la Basilique du Vatican ; le Très-Rév. C. P. Grannan. Professeur d'Écriture Sainte à l'Université Catholique de Washington ; le Très-Rév. Dr. F. Kaulen, Professeur d'Exégèse à l'Université de Bonn; le Très-Rév. Dr. L. Schaefer, Professeur d'Exégèse à l'Université de Breslau; le Très Rév. P. A. Amelli, O. S. B., Prieur de l'Abbaye de Monte Cassino; le Très-Rév. R. F. Clarke, Prêtre de r Archidiocèse de Westminster ; le Très-Rév. M. J. Lagrange, O. P., Professeur d'Écriture Sainte au Collège de Saint Etienne à Jérusalem; le Très-Rév. H. Fracassini, Professeur d'Écriture Sainte au Séminaire de Pèrouse ; le Très-Rév. R. Cornely, autrefois Professeur d'Écriture Sainte à l'Université Grégorienne; le Très Rév. Dr. Hoberg, Recteur de l'Académie de Fribourg ; le Très-Rév. C. Fouard, Chanoine de Rouen, autrefois Professeur d'Écriture Sainte ; le Très-Rév. T. Weikert, O. S. B., Professeur d'Écriture Sainte au Collège de Saint Anselme, à Rouen ; le Très- Rév. P. Sheil, O.P., Professeur à&V Ecole des Hautes Etudes ; les Très-Rév. C. Chanoine Gonfalonieri, Professeur d'Écriture Sainte au Séminaire Archiépiscopal de Florence ; le Très-Rév. B. Schaefer, Professeur d'Écriture Sainte à l'Université de Vienne ; le Très-Rév. A. Legendre, Doj^en de la Faculté de Théologie d'Angers, et Professeur d'Écriture Sainte ; le Très-Rév. F. Prat, S. J.; le Très-Rév. Monseigneur Gutberlet, Professeur à l'Université de Fulda ;
le Très-Rév. P. Veller, Professeur d'Exégèse à l'Université de Fribourg ; le Trés-Rev. A. Poels, du Diocèse de Rurémonde, Docteur de Louvain ; le Très-Rév. F. C. Fillion de la Congrégation de Saint Sulpice ; les Très-Rév. E. Mangenot, Professeur d'Écriture Sainte au Séminaire de Nancy ; le Très-Rév. Dr. U. Weiss, Professeur d'Exégèse au Lycée Royal de Braunsberg ; le Très-Rév. E. R. Torio, Professeur au Séminaire de Valencia ; le Très-Rev. E. Lesêtre, Chanoine de Paris ; le Très-Rév. Docteur Dusterwold, autrefois Directeur du Collège Albert à Cologne ; les Très-Rév. Chanoine Chauvin, autrefois Professeur d'Écriture Sainte au Séminaire de Laval ; le Très-Rév. J. Balestri des Hermites de Saint Augustin, autrefois Professeur d'Écriture Sainte. Les deux secrétaires de la Commission sont le Père David Fleming et Monsieur l'abbé Vigouroux.
Il paraîtrait que l'esprit inquiet qui inspire les novateurs modernes avait commencé de pénétrer dans certaines parties du champ clérical dans les provinces del'Italie, et les rumeurs touchant celles innovations ayant pénétré jusqu'au Vatican, une Encyclique très-touchante fut publiée là-dessus le 8 Décembre, 1902. Après avoir exhorté les Êvêques et le Clergé de l'Italie à combattre par le précepte et l'exemple les nombreuses erreurs de notre temps, le Saint Père continua ainsi :
" Nous ne pouvons cacher le chagrin que nous sentons à voir s'insinuer, ça et là, pendant un certain temps, un esprit d'innovation mal considérée, regardant non-seulement la formation des ministres de la religion mais leur manière d'agir en tout temps. Il est aisé de voir dès ce moment-même quelles conséquences sérieuses nous aurions à déplorer si l'on n'appliquait un remède convenable à ces tendances nouvelles. Afin de préserver le Clergé Italien de la pernicieuse influence de ce temps-ci, Nous le trouvons opportun, Vénérables Frères, de rappeler en Notre présente lettre, les vrais et immuables principes qui doivent régler et diriger l'éducation du Clergé et leur ministère sacré.
" Divin dans son origine, surnaturel dans son être, immuable dans son caractère, le sacerdoce Catholique, qui peut
LEON XTII.
s'accommoder à l'inconstance des opinions et des systèmes parmi les hommes, partageant 1 'eternal sacerdoce de Jésns- Christ, il doit perpétuer jusqu'à la consommation des siècles la divine mission que Dieu le Père a donnée à son Fils Incarné: 'comme le Père m'a envoyé Je vous envoie.' Assurer le salut des âmes est le commandement que Son sacerdoce ne peut jamais cesser de remplir ; comme afin de satisfaire fidèlement à ce grand commandement de Dieu le Père, les prêtres de Jésus-Christ ne doivent jamais cesser de recourir à ces remèdes, celles divines règles de leurs pensées et de leurs actions, que le Christ leur a données quand il envoj'a ses Apôtres par tout l'univers, pour convertir les nations à la Foi de I'l^A'angile. Voilà pourquoi Saint Paul répète dans ses épitres que le prêtre n'est autre que V ambassadeur, que le ministre de Jésus-Christ, que le dispensa/eu?' de ses mystères, et le présente à nous comme élevé à la position d'intermédiare entre le ciel et la terre, pour traiter avec Dieu des intérêts suprêmes de la race humaine, qui sont les intérêts de la vie éternelle. Telle e.st l'idée que les livres saints nous font concevoir du sacerdoce chrétien ; institution surnaturelle supérieure à toute autre ici bas, et entièrement séparée d'elles, comme ce qui est divin l'est de l'humain.
" Sans doute, en formant notre clergé et dans le sacré ministère, la raison veut que nous tenions compte de la diversité des temps. Par conséquent Nous sommes loin de blâmer ces changements qui rendent le travail du clergé plus efiScace dans la société où ils sont obligés de vivre. C'est précisément pour cette raison que Nous avons trouvé nécessaire de nourrir parmi les ecclésiastiques le goût des études plus solides et plus parfaites, et d'ouvrir au saint ministère un plus vaste champ, mais toute autre innovation qui ferait tort au caractère essentiel du sacerdoce doit être régardée comme très blâmable.
" Avant toute chose le prêtre est établi le docteur, le physicien et le pasteur des âmes, et les conduit à une destinée
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au delà des limites de la vie présente. Il ne saurait jamais remplir pleinement les fonctions aussi nobles, à moins d'être versé autant que possible dans la science des choses sacrées et divines, à moins d'être abondamment doué de cette piété qui en fait un homme de Dieu, à moins qu'il ne fasse tous ses efforts pour confirmer ses leçons par la puissance de l'exemple, selon l'avertissement donné par le Prince des Apôtres aux pasteurs spirituels.
"Si, donc, il est raisonnable et juste que, dans des limites légitimes, le clergé doit se prêter aux besoins de l'âge présent, il est pareillement juste et nécessaire, que loin de se laisser entraîner par le dangereux courant de notre siècle, ih doivent y résister vigoureusement. Une telle manière de se conduire est conforme aux fins sublimes du sacerdoce, et par un accès de dignité et de respect rend leur ministère plus fructueux.
" Quant aux études, comme le clergé ne doit pas ignorer le progrès fait en aucune sorte de connaissance utile, qu'ils acceptent ce qui est de solide et de serviable dans les nouvelles méthodes ; car chaque époque produit quelque chose qui aide la pensée hvimaine.
" Répétons encore et plus emphatiquement, il est nécessaire que le clergé aille au peuple chrétien, qui est exposé de tous les côtés aux pièges et fausses promesses, et poussé surtout par le socialisme à apostasier, à renoncer leur Foi héréditaire. Mais tous les prêtres doivent subordonner leur conduite à cr/(X que V Esprit Saint a établis comme Evêqties pour gouverner f Eglise de Dieu, sans quoi il n'y aurait que confusion et grand désordre, au préjudice de la cause qu'ils ont à défendre et à promouvoir.
" Nous désirons encore, et pour le même but, qu' à la fin du cours d'études au séminaire, les aspirants au sacerdoce reçoivent des leçons dans les documents pontificaux qui embrassent la question sociale et la démocratie chrétienne, s'abstenant cependant de toute occupation extérieure, comme
Nous avons dit ci-devant. Alors ayant été ordonnés prêtres, qu'ils travaillent avec diligence pour le peuple, qui sont toujours l'objet le plus aimé de l' Église. Sauver les enfants du peuple de cette ignorance des choses spirituelles et éternelles, avec une industrie pleine de tendresse, les diriger vers une vie vertueuse et honorable ; confirmer les adultes dans la Foi, et, tout en dissipant les préjugés contraires, les exhorter à bien observer la vie chrétienne; de promouvoir parmi les laïques catholiques ces institutions qui ont été réconnues comme vraiment bienfaisantes pour l'amélioration morale et matérielle des masses ; surtout de défendre les principes de la justice et de la charité evangélique par lesquels tous les droits et les devoirs de la société civile sont justement harmonisés. Ceci est dans ses grandes lignes la noble tâche de l'action sociale du prêtre."
Nul sujet n'affectait plus profondément le cœur de Léon XIII, que celui du divorce. La tentative faite pour introduire cette peste morale en Italie, pour empoisonner le foyer domestique de son peuple, alarma profondément son âme. Il avait tant de peine à croire que dans cette Italie catholique, l'esprit du matérialisme moderne pourrait faire son chemin si loin. Mais le Pape se trompait. Plusieurs efforts avaient été faits dans le passé pour forcer l'Italie à se mettre en ligne avec la France, l'Angleterre et les États-Unis dans cette question vitale, mais les avocats du divorce, souvent repoussés, revinrent à la charge avec une persistance qui était de la plus mauvaise augure. En 1901, un effort très déterminé fut fait pour obtenir l'assentiment publique pour une loi sanctionnant le divorce ; le Saint Père adressa une allocution au Collège des Cardinaux ; elle était formulée dans les termes les plus solennels, protestant contre cette intention si inique. Malgré cela, une mesure fut introduite dans le parlement Italien, pour tenter le pouls delà chambre. Le Sacré Collège jugea qu'il était temps d'organiser la résistance. Comme on faisait en temps de guerre au moyen âge.
on arma les messagers de la bonne cause avec la croix ignée, et passant de ville en ville, de village en village, tout l'Italie se leva pour protester. Une petition monstre portant près de quartre millions de signatures, arriva à Rome. Le camp ministériel fut frappé de panique. Lorsqu'il fut question de présenter le bill au parlement, une forte majorité adverse se présenta, et le ministère dut résigner. Mais le roi se mit de leur côté, et ils rentrèrent au pouvoir.
Le Saint Père remercia Dieu quand il apprit la résignation des ministres ; mais le serpent n'était pas mort mais un peu brute par la Croix Ignée. Le ministère Zanardelli reprit les rênes du pouvoir, firent hautement savoir qu'ils essaieraient encore de faire triompher le divorce, comme le roi avait embrassé leur cause.
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Le royaume des Francs, malgré les efforts de l'impiété, restera toujours le royaume de Marie. Notre-Dame de la Garde, près Marseille.