‹ Vie de Léon XIIIChapitre 141 sur 148 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Le Saint Père et le Canada. — La difficulté des Écoles Catholiques au Manitoba. — Une Lettre Encyclique à ce sujet. — Le Pape conseille aux Catholiques patience, modération, et confiance dans la justice de leur cause.

OUS avons déjà renvoyé le lecteur à l'action sage et provisoire de Léon XIII à propos du sujet de la haute éducation en Canada ; nous devons maintenant faire savoir au lecteur ce que Sa Sainteté s'est crue obligée de faire à propos de l'éducation primaire dans une province spéciale de ce même vaste pays, — le Manitoba.

En l'année 1S70 le parlement fédéral de la Dominion, siégeant à Ottawa, passa une loi appelée l'Acte du Manitoba. Par les termes de cette loi, l'acte de 1867, connu comtne l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord, fut appliqué à la province de Manitoba. Or, la vertu de cette loi était celle-ci : — que toute province qui avant que l'Acte de Confédération fut passée, et devint la loi du pays, était en possession d'écoles séparées, posséderait le même genre d'écoles m pcrpetuo ; de plus que totite province ne possédant point de telles écoles à l'époque de l'union mais qui avait concédé ces écoles à une époque quelleconque, les aurait concédées comme un droit qui ne pouvait être jamais abrogé. Cet instrument défendait formellement à la législature locale de Manitoba de faire quoi que ce soit, qui fût de nature à s'opposer aux droits du système des écoles séparées de cette province.

Quand cette sage mesure devint loi la population catholique formait la moitié de celle de la province ; mais, en

quelques années une masse extraordinaire d'émigrés réduisirent les catholiques à quinze pour cent. Les protestants alors commencèrent à se sentir les maîtres, comme étant la majorité, et le premier usage qu'ils firent de leur pouvoir fut de révoquer la politique de tolérance, comme il était arrivé en Marylande (États Unis), et d'y substituter une politique de persécution et d'exclusion. Ils passèrent une loi qui mettait à la place des écoles séparées des écoles séculaires, — en manifeste opposition à la loi fédérale. Contre cette injustice l' Archevêque Taché protesta avec une juste véhémence, dans une brochure, où il décrivait et discutait ces mesures persécutrices; c'était en 1893. Mais le gouvernement Greenway persista , et procéda en vertu de leur majorité, d'enlever aux catholiques leurs écoles propres, et de forcer leurs enfants à remplir les écoles, où malgré leur noms d'écoles séculaires, des exercices religieux protestants formaient parti des exercices publiques ordinaires et obligés.

L,es catholiques protestèrent, et envoyèrent à Londres, pour plaider leur cause devant le Conseil Privé, un très habile avocat, M. John S. Ewart, Q. C. La décision du Conseil Privé fut que la législature du Manitoba avait le droit de passer la loi inculpée, malgré la loi canadienne de la Domination à ce contraire, mais que les catholiques avaient le droit d'établir d'autres écoles séparées, et qu'ils devraient en même temps payer leurs taxes pour le maintien des autres écoles, — comme il se fait aux Etats-Unis.

L'injustice criante que cette situation infligeait à la population Catholique contrastait singulièrement avec ce qui se faisait à Québec, où la position était complètement renversé par le gouvernement provincial . Là une minorité protestante avait à attendre équité et justice d'une majorité catholique.

Une partie de la Presse protestante montra qu'elle avait reconnu la vérité de contraste et elle demanda à leurs coreligionnaires de se hâter d'appliquer la leçon que les catholiques venaient de leur donner.

Par exemple V Evening Mail de Halifax parla ainsi: " La

LE SAINT PÈRE ET EE CA.VADA. y,^

manière si prompte et si complète avec laquelle le gouvernemem de la provnce catholique romaine de Québec s'est mis a porter remède aux injustices, dont souffraient I s prot" ants de la paro.sse de Saint Grégoire le Thaumatur'e'de™ t pousser les protestants du Canada de montrer un égal " de louable équité à mettre fin aux graves torts dom 1 Pla.gnent les citoyens catholiques-romains dl Manil Ils ont recours à d'indignes contorsions, à de pauvres exc^es pour ne pas respecter les nobte et conscie.Leu m so„s que d'autres leur opposent, et ne resoectent ^^ci r

bonnefoi de leurs concitoyens ; tout cela n'a n ^u mine, quand on ,e contras'te avec t acfes^ ce^ u ^r vernement de Québec." ccen» au gou-

Plusieurs autres journaux protestants, et plus d'un écrivain distingue de la n.ême foi (M. Fisher, de Winnipeg par ex emple) conseillèrent à leurs co-réligionnaires d'agi? avec un sentiment d'égale justice, en des termes non é^quivoques Toutefois les conditions politiques avaient plus de puirnce que le sentiment local ou individuel Puissance

Une élection pour le parlement fédéraient lieu en ,8q6 rendant au pouvoir M. Laurier, le premier mini re francaîs catholique, aussi bien que M. Greenway. le che profesl au pouvoir dans le Manitoba. Entre ces deux ify eu u^

d fin"r r"' r '"' "»-"''= =°"»- - arrangement defintif. Par cet arrangement, il ne devait plus avoir

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tees autorisait 1 existence de ces écoles, ou s'il se nrésentait

dix enfants dans un district rural, ou signée de vingt-cina au moins dans une cité, ville, ou village alors on pourraU donner 1 instruction religieuse pendant le temps assigne aux tavaux séculiers des écoles. Si le nombre des élè es cath cliques dans les villages ou districts de campagnes se montait au moyen de vingt-cinq, ils pouvaient demander un maitr ou une maîtresse catholique. '

L'Archevêque Langevin de Saint Boniface protesta dans sa cathédrale, contre le nom d'.„-.„^„„,„, ^l^^^^l^!^

dans un paj-s où des écoles catholiques avaient été données, garanties, puis supprimées: " i\ucun catholique ne peut accepter ces nouvelles écoles, à moins qu'il ne veuille se séparer de l'Église. . . . Nous voulons (i) contrôler nos écoles ; (2) avoir des districts scolaires catholiques partout ; (3) des histoires catholiques, et des livres de lecteur catholiques; (4) des inspecteurs catholiques; (5) des maîtres et maîtresses catholiques élevés par nous-mêmes ; (6) nos taxes à nous, et d'être exemptés de taxes pour des écoles qui ne nous appartiennent pas."

Le Western Churchman (appartenant à l'Église anglicane), dit: "Il y a des gens, qui ne savent pas mieux, parlent comme si la minorité catholique romaine a obtenu plus qu'elle n'avait droit d'attendre. La chose en elle même, comme Sa Grandeur de Saint Boniface l'a exprimé, est une misérable farce

" Nous ne blâmons point Sa Grandeur s'il annonce publiquement que la lutte entre les religions ne fait que commencer. Nul catholique sérieux ne saurait accepter un tel arrangement. Ce n'est pas la permission d'enseigner à leurs enfants les vérités de leur religion pendant une demie -heure chaque jour, ou même pendant une heure, qui pourra contenter la minorité catholique romaine. KUe veut, et elle fait bien de vouloir ainsi, d'environner les enfants toute la journée, et tous les jours, avec une atmosphère toute religieuse.

" Les catholiques désirent non seulement d'imprimer aux cœurs de leurs jeunes gens certains dogmes importants, mais de les remplir tellement de la conviction profonde qu'il existe une intime relation entre ces mêmes dogmes et leur vie de chaque jour et de chaque heure, si bien qu'ils grandiront et deviendront ainsi de véritables chrétiens, hommes et femmes . ' '

Les circonstances devinrent si peu satisfaisantes dans ces conditions de l'opinion publique que le Saint Père fut poussé à prendre fait et cause pour le bon droit. Il nomma Monseigneur Merry del Val comme délégué apostolique, et

il lui ordonna de se rendre au Canada, afin d'examiner la question sur le champ même où elle naquit. Ce prélat fut bien reçu en Canada, si nous exceptons une petite portion de la Presse publique extrémiste. Parlant parfaitement anglais et français, ainsi que l'espagnol de ses ancêtres, et ayant été élevé en Angleterre où son père représentait l'Espagne, l'ambassadeur du Pape pouvait parfaitement manier la matière qu'il devait traiter, et tout le monde eut confiance dans sa bonne volonté, sa prudence, et sa sympathie. Sa mission calma les esprits ; — sur les résultats de sa mission et de son examen des difficultés qui l'attendaient, dépendraient la décision du Souverain Pontife et son action finale. Le Pape publia une encyclique là-dessus, le 18 décembre 1897, dont les paragraphes suivants contiennent tout ce qui est de plus important :

" Quant à l'éducation de la jeunesse sur laquelle reposent les plus chères espérances de la société religieuse et civile, le Siège Apostolique n'a jamais cessé de travailler avec zèle de concert avec vous et vos prédécesseurs. Ainsi de nombreuses institutions pour l'éducation morale et scientifique de vos enfants ont été fondées sous la faveur et la protection de l'Ég lise. Parmi elles, la grande université de Québec, ornée et fortifiée par toute la dignité et tous les droits que l'autorité apostolique a coutume de conférer, occupe assurément la place d'honneur et se présente comme témoin suffissant que le Siège Apostolique n'a pas eu de plus cher désir ou de plus grand soin que la formation d'une race de citoyens aussi distinguée par sa culture intellectuelle, qu'elle est recommandable par ses vertus.

"Ainsi c'est avec une très grande sollicitude, comme vous pouvez facilement le comprendre, que Nous avons dû suivre le cours des malheurs qui ont dernièrement marqué l'histoire de l'éducation catholique au Manitoba. Car c'est Notre désir et c'est Notre devoir de faire Notre possible de procurer par Notre zèle qu'aucun tort ne soit fait à la foi et à la religion de tant de millions d'âmes, dont le salut Nous a été confié spécialement, et dans un pays chrétien qui a

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reçu les premiers rudiments de la foi chrétienne et de la civilisation de l'Église catholique.

" Et puisque des multitudes attendent de Notre autorité une sentence sur cette aflfaire, Nous avons déterminé de ne rien conclure sur cette question, jusqu'à ce que le délégué apostolique eût tout examiné sur le lieu même. Chargé d'examiner soigneusement la situation, et de Nous en faire un rapport fidèle, il a accompli sa tâche avec une égale fidélité et habilité.

' ' L,a question que Nous devons résoudre est de la plus haute et plus sérieuse importance. Les décisions prises, il y a déjà sept ans, sur la question des écoles doivent n'être pas oubliées.

" L'acte de l'union de la confédération avait garanti aux catholiques le droit d'être élevés dans les écoles publiques selon que leurs consciences dictaient ; et ce droit a été révoqué par un acte du parlement de Manitoba.

" Cette loi contraire est une loi malfaisante. Et puisque de très-grandes multitudes de personnes attendent Notre jugement sur cette si grave affaire, Nous disons que la loi fédérale du Canada accorda aux catholiques du Canada un droit sacré et perpétuel, et cependant la loi provinciale du Manitoba a proclamé une loi contraire. Nos enfants ne peuvent plus aller qu'à des écoles qui ont pour objet de combattre la religion catholique et qui se font un devoir de mépriser les dogmes catholiques et de répudier ses principes fondamentaux les plus chéris.

' ' Partout où 1 ' Egl ise a toléré que cela se fît , ce n ' a été qu ' avec de pénibles souffrances et par une extrême nécessité, environnant toujours ses enfants de toutes les sauvegardes qui ont été reconnues bien souvent comme tout à fait insuffisantes pour les sauver du danger qui les menaçait incessamment.

" De même il a été trouvé souvent nécessaire, à tout prix, d'éviter ces écoles, qui ouvrent leurs portes à toutes les croyances, qui y sont bienvenues et traitées comme égales, comme si dans la sphère des choses divines, il est indifférent, ou c'est égal, que l'on croie l'erreur ou la vérité révélée,

qu'on épouse l'erreur ou s'attache à ce que Dieu nous ordonne de croire.

*' Vous savez bien, vénérables frères, que toutes les écoles de cette sorte ont été condamnées par l'Église, parceque rien ne saurait. être plus nuisible ou mieux calculé pour détourner les esprits tendres de la jeunesse de la voie de la vérité.

" Quand la législation nouvelle vint à frapper l'éducation catholique dans la province de Manitoba, c'était votre devoir, vénérables frères, de protester publiquement contre l'injustice, et contre le coup porté contre votre peuple ; et la manière avec laquelle vous avez rempli ce devoir a fourni une preuve éclatante de votre vigilance individuelle et de votre véritable zèle episcopal. Bien que sur ce sujet chacun de vous trouve dans sa propre conscience un témoignage plus que suffisant, sachez néanmoins que Nous ajoutons à ce témoignage Notre assentiment et Notre approbation. Car les choses que vous a\'ez chercliées et que vous cherchez encore à préserver et à défendre, sont des plus sacrées.

" De plus, les difficultés pratiques créées par cette loi de Manitoba, offraient une preuve palpable, qu'il y avait besoin d'union complète des intelligences et des volontés si l'on voulait trouver un remède opportun et suffisant au mal dont on se plaignait. L,a cause catholique était si bonne en soi, que tous les citoyens honnêtes sans distinction de parti politique, aurait dû se concerter pour la défendre. Malheureusement et au grand détriment de la cause on fit tout le contraire. Et ce qui est plus déplorable encore, — les canadiens catholiques eux-mêmes ne surent point s'unir pour la défense d'intérêts qui touchent de si près le bien commun, et l'importance desquels aurait dû imposer silence aux avocats des intérêts de parties politiques, qui appartiennent à un niveau bien inférieur.

" Nous ne doutons pas que l'on a pris des mesures pour amender la loi de Manitoba. L,es hommes qui sont à la tête du gouvernement fédéral et de la province de Manitoba ont déjà adopté certaines mesures pour diminuer les graves injustices dont les catholiques du Manitoba ne cessent point de

S '5^ plaindre. Nous ne doutons nullement que ces mesures n'aient été inspirées par l'amour de l'équité et les meilleures intentions. Mais il faut que nous disions la vérité. La loi passée pour remédier à une grande injustice infligée à des concitoyens, est defective, imparfaite, insuffisante.

" Les catholiques demandent, et ont le droit de demander bien plus que cela. Disons de plus, les arraugi))icnts faits peuvent manquer d'avoir l'effet désiré, à cause du changement dans les circonstances. On n'a pas fait assez à Manitoba pour l'éducation des enfants catholiques. La justice demande que cette grave question soit considérée de tous les points de vue, que ces principes sacrés et immuables que nous avons déclarés plus haut, soient sauvegardés et mis en sûreté. Voilà à quoi il faut viser. C'est le hw\. sacré et nécessaire auquel nos efforts doivent se diriger avec un zèle infatigable et prudent à la fois. Mais il faut éviter la discorde. Il faut que les esprits s'unissent et que l'on agisse ensemble.

"Quant à ce qui regarde principalement les catholiques du Manitoba; Nous avons confiance que, Dieu aidant, le jour viendra qu'on leur donnera pleine satisfaction. Cette confiance est fondée, surtout sur la bonté de leur cause ; ensuite sur la justice et la Sagesse de ceux qui gouvernent ; et, enfin, sur la bonne volonté de tous les canadiens consciencieux.

" En attendant le jour du succès de leur cause, qu'ils ne refusent pas une satisfaction partielle. C'est pourquoi, là où la loi, ou l'administration, ou la bonne volonté du peuple, ofifre un moyen de diminuer le mal, et d'éviter le mal, et d'éloigner les dangers qui menacent nos enfants, il est absolument prudent et expédient que l'on tire tout profit de ces adoucissements. Là oii, au contraire, il ne s'offre aucun adoucissement, Nous exhortons les Nôtres et Nous les conjurons d'user d'une généreuse libéralité. Ils ne sauraient faire rien pour eux-mêmes de plus salutaire ou expédient, rien de mieux calculé à tourner à l'avantage de leur pays, que de contribuer, autant que leur moyens pécuniaires leur permettront, à maintenir leurs propres écoles.

' ' Il est une aiitre chose qui réclame votre attention à tous.

Sous votre autorité, et avec l'aide de ceux qui dirigent vos écoles, il faudraient soigneusement déviser un cours complet d'études. Il faut spécialement voir que ceux qui ont la direction de vos études, les maîtres et maîtresses en particulier, soient doués abondamment de toutes les qualités naturelles et acquises que leur profession demande. Ce n'est que juste que les écoles catholiques, tant dans les méthodes employées dans l'éducation donnée à leurs élèves que dans la haute qualité de leur enseignement, devraient pouvoir rivaliser avec ce qu'il y a de plus distingué dans le pays.

" Partout du niveau de la culture intellectuelle qui fut le point de départ du gouvernement fédéral canadien lorsqu'il conçut le plan de la haute éducation qu'il dévisait pour les provinces confédérées, — et de faire de cette culture générale quelque chose de plus parfait de jour en jour, cela doit assurément être régardé comme honorable et noble. Et il n'y a point de niveau d'études si haut qu'il soit, aucun genre de progrès dans la science humaine qui ne puisse parfaitement harmoniser avec la doctrine de l'Eglise catholique."

Malgré les efforts si zélés de Monseigneur Merry del Val, ainsi que de I^Ionseigneur Falconio, qui lui a succédé comme délégué apostolique, la question des écoles à Manitoba, est bien loin d'être une question finie, ainsi que Monseigneur Langevin l'avait déjà déclaré. En d'autres provinces du Canada les justes droits des catholiques sont considérés plus raisonnablement. Une ville qui se distingue par des décisions de cette nature, est celle de Toronto, oil règne une considérable majorité protestante. L,à, tout dernièrement le juge Falconbridge fut piié par le gouvernement de préparer un rapport (compte rendu) sur le sujet d'une division des propriétés scolaires, entre les écoles publiques et les écoles séparées (catholiques) de la cité de Windsor.

Le rapport que le savant juge présenta au gouvernement, recommanda de nommer un bureau d' arbitration qui déterminerait quelle portion de ces propriétés scolaires devait justement être accordée aux catholiques, et il donne en ces

termes remarquables les raisons de cette recommendation :

" La propriété réelle (real estate p7Vperty') et aucre propriété scolaire appartenant au bureau d'éducation, pour y élever des écoles, ayant été acquise, aux dépens de nos citoyens qui paient des taxes, et leurs concitoyens catlioliques romains aj'ant contribué comme eux une portion très substantielle de l'argent avec lequel ces propriétés scolaires ont été acquises, il ne paraîtrait que tout simplement juste qu'une part proportionelle de ces propriétés scolaires devraient maintenant leur être adjugée.

' ' Depuis rétablissement de leurs écoles séparées, les citoyens taxables catholiques romains, sont eux-mêmes taxés pour leur maintien, mais ils sont obligés néanmoins de porter l'obligation de payer chacun sa part de la dette publique {debentîcre debt) contractée pour le maintien des écoles publiques, et ce fait me parait donner une raison additionnelle pour qu'une portion de la propriété publique existante devrait, en simple justice, leur être assignée.

" En traitant de cette affaire, il faut aussi ne pas oublier que la propriété scolaire sur la Rue Goyeau qui a été transférée comme chose placée en commission pour être emploj^ée aux fins d'une école catholique romaine, vient tout dernièrement d'être donnée par le bureau d'éducation, pour servir aux fins générales de ce bureau, et que l'école S. Alfonse, sa location et ses bâtisses, est encore dans les mains de ce même bureau en vertu d'une transaction qui les lui assigne en confiance pour les mêmes fins d'une école catholique romaine commune.

' ' Les circonstances qui regardent cette affaire paraissent démontrer l'existence d'un grief ou une injustice substantielle qui ne peut être redressée que par l'action de la législature dirigée à cette fin."

Il est clair que, lorsque le Pontife avait récommendé aux catholiques de Manitoba d'avoir patience, c' était un bon conseil, puisque l'esprit de justice et de tolérance, qui prévalait en d'autres provinces du Canada, est plus disposé à pénétrer le paj'S tout entier à la fin, que d'être neutralisé par le principe antagonistique.

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