‹ Vie de Léon XIIIChapitre 148 sur 148 · CORPUS LEONIS P. M · texte numérisé non relu

CORPUS LEONIS P. M

Vixit An. XCIII M. IV D. XVIII. Ecoles. Univ. Prsefuit. An. XXV M.V. Obiit Die XX Julii. An. MCMIII. (Le corps de Léon XIII, âgé 93 ans, 4 mois, 18 jours. Pape 25 ans, 5 mois. Mort, 20 juillet, 1903.)

Après les dernières prières le corps fut porté de nouveau en dehors de la chapelle, précédé par les bedeaux et les chantres, et suivi par tous les cardinaux. Le cercueil fut alors soulevé et déposé temporairement dans le sarcophage en pierre au-dessus de la porte de la chapelle. Il y restera jusqu'à ce qu'il soit transporté dans le tombeau définitif préparé à cet effet dans la basilique de S- Jean Latéran, selon le vœu exprimé par Sa Sainteté.

Ainsi se termina la dernière cérémonie relative aux funérailles de Léon XIII.

Ce qu'on pouvait voir sur la côté qui s'éloignait.

Et quels furent pour 1 ' Eglise de Dieu sur la terre les derniers augures formés par son vicaire, lorsque, pour la dernière fois, les yeux de Léon XIII, mesurèrent l'horizon ? Avant que la main glacée de la mort se fut posée sur ces yeux si vigilants, il n'arriva pas un seul moment de défaillance pour le pasteur si infatigable. Ses forces vitales répondaient toujours

Là lumière s'éteint. 751

à sa volonté qui voulait noter les choses étranges qui survenaient de tous côtés.

Les événements n'étaient pas toujours de nature à consoler ou à rassurer ; la ligne blanchissante d'écume, qui s'étendait au loin des deux côtés, montrait les brisants terribles vers lesquels la Barque de Pierre avançait rapidement.

La tempête persécutrice, dans toute sa fureur, avait sévi depuis longtemps sur les terres renommées comme les citadelles de la foi antique. Dans ces places fortes de la foi catholique, l'ennemi avait conquis les territoires et les habitants. Au lieu de la religion du moyen âge, ce sont aujourd' hui les forces perfides de la franc-maçonnerie qui dictent la loi . Et quelle tristesse n'a pas dû causer cette seule pensée à l'âme du pontife expirant! Les bannières des ennemis de notre Dieu triomphaient sur les lignes que la trahison avait gagnées.

Mais la perspective n'était pas aussi triste qu'on la croyait. Les bannières de la trahison ne triomphaient pas partout. Les étendards de l'Église s'avançaient victorieux sur des régions bien au-delà des scènes de nos premières luttes religieuses. Ils s'avançaient dans les champs de l'intelligence, et dans les conquêtes morales, qui sont infiniment plus importantes dans leurs sens, que mille défaites là oii il n'est question que de choses purement matérielles.

Si Léon XIII avait vu l'Église persécutée et injuriée dans les pays catholiques, il la vit aussi croître et fleurir comme les cèdres de Liban, là où elle n'avait jamais été accueillie avant son temps. Au delà de l'arche formée au-dessus de sa tête par les nuées de l'orage, ses yeux virent le clair saphir du firmament, et l'étendue illimitée du ciel serein, oTJi règne la paix du Très- Haut. Ainsi, à la perturbation de l'esprit succéda une joie profonde, lorsque la pensée et la dernière vue de cette scène terrestre flottaient devant sa couche funèbre, et les prières des cœurs dévoués à son côté mêlaient doucement leurs murmures, à ses sens défaillants, avec les mélodies des anges qui attendaient là. La mort du juste peut s'appeler comme celle des premiers chrétiens une

euthanasie, "une belle mort." Et telle fut la mort de celui qui sera connu dans tous les siècles à venir comme la himïère du inonde au vingtihn^ siècle.

Cette lumière est maintenant, comme nous pouvons le croire, brillante au milieu des saints; selon l'ancienne prédiction, une veritable lumen in cœlo, pour guider l'Eglise au travers des tempêtes et des orages jusqu'à la fin des siècles.

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