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LES OBSÈ(^UES DE LÉON XIII

Le vénérable Pontife est mort et le monde a assisté à son départ avec une émotion profonde. La fin est venue, et la lumière brillante est éteinte à tout jamais.

Mais notre tâche à nous n'est pas encore accomplie. L'histoire est écrite, et le tribut d'amour et d'admiration est payé. Mais un peu reste encore à faire. Il nous est agréable de consacrer les dernières pages de notre livre aux belles et solennelles cérémonies déployées pour l'enterrement de la partie mortelle de Léon XIII.

Le glas lugubre des cloches des sept collines de Rome annonça que Léon XIII avait enfin atteint son dernier repos. Les carillons de quatre cents clochers le proclamaient à tout le monde et les adorateurs, par milliers, s'agenouillaient en prières silencieuses dans toutes les églises et chapelles.

Les cérémonies commencèrent, comme nous l'avons dit, avec l'annonce officielle faite, en présence des cardinaux assemblés par le Cardinal Oreglia, doyen du sacré collège et chambellan de la Sainte Église Romaine. Cet événement eut lieu mardi, le jour qui suivit la mort, dans la chambre oil était couché le corps, le visage recouvert d'un voile blanc, sur le lit entouré des Pénitentiaires Franciscains, pendant que la Garde-Noble veillait au -dehors dans une attitude solennelle et vigilante. Dans cette chambre silencieuse s'avança la procession des cardinaux qui s'agenouillèrent, en priant autour du lit. Au pied du lit se dressait un autel avec un

crucifix et six cierges allumés. Le Cardinal Oreglia, s'approchant du lit et prenant l'aspersoir, aspergea le corps d'eau bénite, disant d'une voix ferme: '' Dio Gioacchijw" (" Béni Joachim," nom chrétien du Saint Père). N'obtenant pas de réponse, il répéta les mots trois fois à plus haute voix, et, se tournant vers les cardinaux, dit: " Papa vcre viortiius est " (le Pape est vraiment mort). Pour cette cérémonie, de même que pour d'autres concernant les obsèques, on fit quelques changements légers.

Les grandes cérémonies proprement dites commencèrent le mercredi matin, 22 juillet, quand le corps du Pontife fut exposé dans la salle du trône, au Vatican, à partir de neuf heures du matin jusqu'à une heure de l'après midi.

La nobilité romaine et les grands dignitaires de l'Église avec le corps diplomatique accrédité au Vatican, passèrent en procession solennelle devant les restes mortels du Pontife. Le corps, vêtu de blanc, avec le rochet et le capuchon camérier, reposait sur la couverture de damas rouge jetée sur le lit, et sous le baldaquin de soie rouge, otj, assis sur le trône papal, le défunt avait si souvent tenu ses réceptions. Un petit crucifix d'ivoire était tenu étroitement serré par les mains maigres croisées sur la poitrine. Autour de la croix s'enlaçait un rosaire de nacre, monté en or.

À cinq heures du soir, les Pénitentiaires Franciscains et leur entourage commencèrent à habiller le corps avec tous les vêtements pontificaux, et à huit heures on le transporta en procession solennelle à l'Église de S. Pierre où il fut exposé pieusement dans la chapelle du Saint Sacrement, sur un haut catafalque éclairé de milliers de cierges. Quatre membres de la Garde-Noble et un dignitaire de l'Église veillaient sur l'estrade près de la bière. Le corps était couché dans une position inclinée, mais les pieds n'étaient pas en dehors de la grille comme de coutume en telles occasions.

Pendant trois jours, la foule recueillie passa en bon ordre devant le corps de son Pontïfe bien aimé. Tout avait été règle pour qu'en aussi grand nombre que possible, les fidèles

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LE CARDINAL SARTO A present le Pape Pie X

pussent rendre leur dernier hommage au Saint Père qui avait gagné leur amour et leur obéissance.

L,e jour des funérailles approchait. Samedi à midi les portes de la cathédrale furent fermées, et le défilé devant le corps cessa. On procéda rapidement aux derniers préparatifs. Au coucher du soleil les cérémonies commencèrent.

Dans la vaste cathédrale étaient assemblés les cardinaux, le clergé, et les personnages, au nombre d'un mille, qui avaient reçu des invitations pour assister aux cérémonies, lya bière qui était dans la chapelle du Saint Sacrement fut portée par huit porteurs du Pape, vêtus de leur brillant uniforme de brocart rouge.

A l'extérieur de la chapelle, le cardinal dans sa robe violette, entouré du chapitre de la cathédrale, reçut le corps en sa qualité d'x'Vrchi-prêtre de la basilique. Puis, aux accents du Miserere remplissant l'église, la procession quitta solennellement la chapelle, précédée d'une croix éclatante, de cierges et de torches allumés; et, passant devant la statue de bronze et le reliquaire de S. Pierre, elle s'écoula lentement autour de l'église. L,e funèbre cortège regagna la chapelle. Selon le cérémonial de l'Eglise, le corps était porté de manière que la tête entra la première. Dans le chœur la Garde-Suisse, dans son brillant uniforme jaune noire et rouge, armée de hallebardes, formait la double haie pour retenir en arrière la foule des invités, le clergé excepté. En entrant dans la chapelle, la musique se changea en notes de joie et de triomphe, et " In Paradisum " éclata.

Ea scène dans la chapelle était des plus impressionnantes. La bière portant le corps fut reçue par le Cardinal Oreglia, et placée au centre devant l'autel orné d'une belle statue de la Vierge, aux pieds de laquelle brûlaient quatre cierges dans des candélabres d'argent. Les trente six cardinaux étaient assis à chaque côté du chœur. Tous portaient leurs robes violettes de deuil, excepté les Cardinaux Gotti et Pierroti, qui portaient la robe blanche de l'ordre de Carmélites ; le Cardinal Vannutelli la robe noire des Augustiniens, et le Cardinal Vives y Tuto la robe brune des

Franciscains. I,' absolution fut donnée. Alors le Majordome recouvrit les vénérables traits d'un voile de soie blanche bordé d'or, par-dessus lequel fut placé un manteau de soie recouvrant toute la personne. Les dignitaires de S. Pierre, aidés de la Garde- Noble couchèrent alors la dépouille mortelle de Léon XIII dans le cercueil de C3'près, garni de satin rouge et surmonté d'une croix émaillée. Une bourse contenant des pièces d'argent et de bronze frappées pendant le Pontificat de Léon XIII, fut placée dans le cercueil ainsi qu'un parchemin sur lequel étaient inscrits les grands événements de la vie et du règne du Pape. Ce premier cerceuil fut placé dans un second en plomb, hermétiquement fermé portant cette inscription :

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