NONCIATURE EN BELGIQUE
jusqu'alors, en Belgique, réservé aux seuls séminaires ecclésiastiques et à l'université de Louvain pour les laïques. Les catholiques belges se divisèrent sur ce sujet si important. Les évoques et une grande partie du clergé se déclarèrent en faveur de l'université; les jésuites avaient pour eux des laïques haut
Fij. 21. — Vue de Louvain.
placés et d'une grande influence, même à Rome. Le nonce fit tout ce qu'il put pour calmer l'effervescence des esprits, et il amena les deux partis à soumettre leurs prétentions au jugement suprême du saint-siège. Le pape, de son côté, demanda l'avis de l'épiscopat belge, et adopta un compromis qui contenta tout le monde (i). »
(1) Mss.
86 LEON XIIT.
M^"" Pecci, dans son zèle pour la haute éducation, voulait voirie clergé à la tête du mouvement intellectuel. Comme il était persuadé que les aspirants au sacerdoce ne trouvent nulle part l'enseignement des sciences sacrées aussi complet et aussi facile que dans la ville de Rome, il désirait que la nation belge eût là aussi son collège, à l'exemple de la plupart des autres peuples catholiques. L'occasion d'obtenir la réalisation de ce désir s'offrit dans l'assemblée annuelle de l'épiscopat belge tenue à Malines, au mois d'août 1844, sous la présidence du cardinal-archevêque de cette ville.
M^"" Pecci n'eut pas plus tôt proposé son dessein qu'il fut adopté par tous avec enthousiasme. On ne perdit pas un instant pour donner suite à cette heureuse résolution. Le saintsiège seconda volontiers les vœux du nonce et de l'épiscopat belge. On choisit, sur le sommet du Quirinal , un local salubre. C'était un ancien couvent de carmélites déchaussées fondé au dix-septième siècle, puis abandonné par elles et donné , sous Pie VII , aux sœurs de l'Adoration perpétuelle , ou sacraçientines. Celles-ci, à leur tour, avaient quitté le couvent pour occuper une maison mieux située et plus commode, près du Quirinal. Grégoire XVI sanctionna l'acquisition de leur ancien établissement pour le nouveau collège belge, qui devint par là l'une des institutions catholiques de la ville éternelle.
Ce collège florissant subsiste comme un témoignage du zèle éclairé de M-"^ Pecci pour les intérêts du pays qui est, avec rirlande, l'un des plus catholiques et des plus dévoués au saint-siège dans toute l'Europe. Mais la Belgique diffère de la malheureuse Irlande par la prospérité dont Dieu favorise rindustrie de ses enfants.
L'automne de 1843 approchait déjà de sa fm, quand le souverain pontife résolut de relever l'archevêque de Damiette d'un poste qu'il avait rempli avec tant d'honneur pour le saint-siège et tant d'avantage pour les Belges. Nous indiquerons, dans le chapitre suivant, les raisons si honorables pour le nonce lui-même qui déterminèrent ce rappel inattendu.
On vit avec regret s'interrompre une carrière diplomatique commencée sous de si heureux auspices et couronnée déjà par