VUE RÉTROSPECTIVE DE LA VIE DU PAPE
Ians la longue existence de l'illustre pontife, le pape Léon XIII, il ne se rencontre aucune période indifférente aux regards de ceux qui aiment à rapprocher une individualité des divers mouvements qui contribuent au progrès du monde, et c'est la dernière partie de sa carrière, depuis son élévation au poste suprême de l'Église catholique, qui suscite le plus profond intérêt. Dans ce quart de siècle, il s'est comprimé autant d'action historique que durant tout un siècle d'autrefois.
Qui ne s'émerveillerait en voyant le lustre répandu sur ces fructueuses années par son intelligence, son zèle et sa sagesse? Il n'y a pas une seule branche des arts, de la littérature ou de la science qu'il n'ait de nouveau incitée au travail par son encouragement, avancée par sa générosité, enrichie par sa libéralité. Sous ce rapport, il a exercé une force presque assez grande pour créer une nouvelle Renaissance. Si la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie fut une catastrophe universelle, le libre accès donné à la bibliothèque et aux archives du Vatican vint réparer cette perte et, à l'avantage qui en résultait dans le domaine des lettres, se joignit, comme action corrélative, du côté des arts,
viii INTRODUC'lION.
la restauration et l'ouverture des incomparables galeries des Borgia.
L'ordre du jour que le pape adresse aux gens d'étude a presque la valeur d'un nouveau Cornmandement : "Cherchez la vérité, dit-il, vous y trouverez tous les secours possibles. Soyez sans peur dans vos recherches et aussi lorsque vous publiez : censurez quand le blâme est mérité ; louez ce qui est digne de récompense." Dans cette vue, il nous a ouvert le trésor sans prix de la littérature vaticane et il invite l'étudiant, avec le savant, à ne se lasser jamais peur atteindre la vérité, "dut-elle être cachée au centre de la masse." Ses encycliques, relatives à l'étude des Ecritures et des idées scientifiques modernes comparées sont des modèles d' exhortations superbes et de style littéraire limpide. 11 a fait revivre la tradition d'un idéal noble dans la forme classique et, par là, il projette une lumière fraîche et radieuse sur la marche de la littérature.
Concurremment avec ses projets pour l'avancement des sciences, il y a toujours eu de sa part une action directe et pratique, en vue d'abattre ou restreindre les mauvaises tendances qui menacent la stabilité et la sûreté de l'édifice social. L'effroyable débordement du divorce est, parmi celles-ci, la plus formidable. En 1880 il consacrait une encyclique à ce sujet, où, en termes brûlants, il dépeignait la sainteté du mariage chrétien et pressait les fidèles sur la nécessité d'adhérer fermement au sublime idéal de la vie conjugale compris dans les enseignements du Sauveur, et que l'Eglise a toujours maintenu depuis qu'elle existe.
IN TROD UCTION.
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D'une manière toute aussi impressionnante, Sa Sainteté a appuyé sur l'importance de l'éducation chrétienne comme sauvegarde de la société mise en danger par la diffusion de certaines doctrines sur l'Etat dans ses relations avec les personnes, comme le nihilisme, l'anarchisme, qui sont fausses en théorie et d'application impossible. Sa voix s'est élevée encore et sans cesse, contre ces terribles ennemis, non seulement pour les dénoncer mais aussi en donnant de sages conseils aux hommes d'Etat et gouvernants, à propos des mesures à prendre pour contrecarrer leur propagation et réduire à un résultat négatif les efforts tentés en faveur de ces épouvantables hérésies.
Telle est la bataille qui se livre. La puissante intelligence du Saint Père était en même temps occupée activement, dans les hautes sphères de la pensée, à raffermir la paix du monde par l'ajustement des grandes difficultés internationales, en proposant une meilleure méthode que le grossier et cruel arbitrage du sabre. De graves crises entre nations, survenues ces années dernières, auraient fait appel au verdict du canon sans l'influence du Prince de la Paix déshérité. Il appaisa de sérieux différends entre deux Etats européens qui menaçaient la tranquillité de tout le continent et, de cette façon, donna naissance à l'idée de l'emploi permanent de l'arbitrage dans la vie ordinaire des peuples, afin que la guerre disparaisse à jamais entre les gouvernements établis ; que l'affreux sacrifice de vies humaines et de ressources matérielles qu'elle entraîne puisse être épargné à l'avenir, et que l'ère du