‹ Vie de Linné, rédigée sur les documens autographes, et suivie de l'analyse de sa correspondanceChapitre 24 sur 50 · P. CUS · texte numérisé non relu

P. CUS

Quoique nous n'ayons sous les yeux qu'une lettre de Linné à Cusson , le ton amical qui y règne prouve que

». GU9SDN* 177^» ^^7

ce n'Aait point là le début de leur correspondanee^ Cusson professait la médecine à Montpellier. Linné lui a dédié un genre fondé sur deux plantes ligneuses du Cap. Il projetait un travail sur les ombellifères, et pria Linné de lui envoyer toutes les plantes appartenant i cette classe , pour qu'U pût les examiner à loisir } cette demande était indiscrète , et ne pouvait être accueillie. Aussi Linné refusa-t-il, et il motiva son refus sur l'éloignement et la crainte de laisser trop longtemps une lacune dans son herbier. On lit daïis cette lettre, plusieurs choses intéressantes. Le grand homme s'y plaint amèrement des approches de la caducité. Il est devenu paralytique et l'hiver le fait cruellement soufiûrir. Depuis quelques jours il se sent pourtant un peu mieux , mais il est faible et chancelant. Si la mort répargne encore quelque temps, il ira visiter son musée de Hanunarby, qu'il n'a pas vu depuis près de sixmois, afin de faire ouvrir les croisées et renouveler l'air. Ses plantes sont collées sur le papier avec de TichtyocoUe mais de telle sorte pourtant qu'on peut facilement les enlever quand cela est nécessaire. Tous les échantillons d'ombellifères ont été récoltés en pleine floraison , quelques-uns n'ont point de semences , et il le regrette. Il pourrait en envoyer plusieurs en communication 9 mais il n'ose exposer une classe entière aux chances d'un voyage lointain, de peur de rendre son herbier incomplet, ce qui, vu son gr^wd âge, serait

* Cette leUre sans date, que Von croit écrite en i777 > V'* pu l'être qu'en 177a ou 177^.. Ce qu'on y lit de relatif à Commerson permet de fixer cette date. Il faut donc modifier ce que nous ayons dit page 84; oii, d'après l'opinion reçue , nous présentons cette lettre comme la dernière que Liimé ait écrite.

!r2S GO&EBSPOimAirGE DE LIITiré.

irréparable. Il se réjouit d'apprendre que M» Commerson soit arrivé en France^ en bonne santé; il serait lieureux de le connaître; mais il ne peut se flatter de vivre assez pour voir publier les.plantes qu'il a découvertes dans ses voyages. La botanique , ainsi que les autres branches de l'histoire naturelle j s'enrichissent Rapidement. Solander lui seul a trouvé plus de cinq cents planta nouvelles; ce qui, ajouté à tout ce que M. Commersoti a récolté, et à ce qu'on trouve d'inédit dans les collections particulières , forme une masse déjà fort considérable. L'ichtyologie reste seule en arrière, sans doute à cause de la difficulté d'explorer 4e sein des mers.

Marmàdure Tukstai.l«

Du x3 Août 1772 , au 21 Novembre 1775.

Cette correspondance est uniquement composée de deux lettres adressées à Londres,par Linné, les iS Août 1772 et 21 Novembre 1773. ÊUes ont pour but principal de remercier Tunstall de divers envois d'oiseaux , de coquillages et d'insectes, et donnent le nom des espèces douteuses. Ce TUnstall était un zoologiste anglais qui s'occupa spécialement d'oiseaux. On lui doit un ouvrage intitulé Omiihologia hrUàfmica, seu uvium hrùannicorum catalojtis , êermone latine ^ an-glico et gaUico redditus, London, 1771. Linné a dédié à ce naturaliste une coquille du genre trochus, le T. Tunstalli; on peut en lire la description dans le premier volimie du Syétema. La correspondance fait mention de cette politesse.

* Lintié a voulu saus doute écrire que Commerson venait d'arriver â V Ile-de-France 5 ce naturaliste n'a point reyu la mère-patrie.

Page 1