X. BUR9ET. 1775. 22g
Robert. Ramsat.
Du 29 Juin 1775. ( Une seule lettre. )
Sir Robert Ramsay, professeur d'histoire naturelle à Edimbourg , fit parvenir à Linné,, pour avoir uno place dans la prochcdne édition du Systema naturœ, le mâle et la femelle d*une nouvelle espèce de perdrix qui se plait dans les bruyères montueuses d'Ecosse,, et qui semble diflférente du Teirao lagopus ^ il ac-^ eompagna cet envol d'une lettre écrite le 20 Juia
J. BuRiYET , Lord Monboddov
Une seule lettre, de l'année 1775.
Dans une lettre sans date,, mais qui a été certainement écrite en 1773 ,.!• Burnet donne quelques renseignemens peu connus sur l'orang-outang , et propose des doutes relatifs à Fhistoire de ce quadrumane. li prie Linné de les éclaireir. J. Burnet critique Buffon et le blâme de ne pas avoir adopté les idées réf(»rmatrices du légblateur suédois y dont on peut dire , avec bien plus de raison que Lucrèce ne le disait d'Épictète : que le flambeau de son génie fait disparaître toutes les obscurités dans lesquelles la nature se^ plaît quelquefois à s'entourer.
Rtr Tulbagh^ Une seule lettre , écrite en 1773.
Ryk Tulbagh était un Hcdlandais , gouverneur du Cap de Bonne-Espérance ^ qui s'occupait avec un égal
sSo GOEBS8FOIIDAHGB DB LIlTiri.
raccès des intérêts de la colonie et de ceux des sciences* Il favorisa de tout son pooroir les recherches des naturalistes , ainsi que les travaux des astronomes et des gëc^aphes qui arriyaient au Gap* La quantité d'objets curieux dont il enrichit les cabinets dlûstCHre naturdle de la métropole est yraiment prodigieuse* lioné lui dédia une monocotylédone du Gap (la Tutbo" ghia) , yobine du nardsêus et du pwnereMwm, et lui adressa en outre plusieurs de ses ouvrages^ conune une marque de gratitude pour l'envoi de plus de deux cents plantes du cap. Uune des lettres de Linné, et qui est tans date , se termine ainsi : « Continuez à favoriser les études qui ont pour but de mieux faire connaître la nature; vous habitez le lieu de la terre où elle a répandu ses merveilles avec le plus de profîmon. J'envie votre sort. Certes , s'il était en mon pouvoir de choisir du destin de Salomon , d'Alexandre, de Grésus eu de Tulbagh 9 mon choix ne serait pas douteux, y*
Bemardin-de-St-Pierre parle en fort bons termes de ce gouvemeur,qu'il vit au Cap de Bonne-Espérance en revenant de l'Ile de France : il l'appelle à tort Tolbadc* Voici ce qu'il en dit : « M. de Tolback m'a conté -qu'il avait envoyé en Suède à M. Linnsaus quelques plantes du Cap , si différentes des plantes connues^ que ce fameux naturaliste lui écrivit : «Vous m'avez fait le plus grand plaisir; mais vous avez dérangé tout mon système. » {Voyage à File de France.)
L'abbé Duverhois.
6 Mai 1774*
On doit à ce naturaliste zélé la découverte, dans les environs de Montpellier ,' de Vi$oetes , plante curieuie
l/XBJiÈ DUYSKIfOISU 1774* 25r
de la famille des r^i2Xfôperaie&; ce genre ne figurait pas* dans les Flores anciennes du midi de la France avant Pabbé Duvernois, qui, ayant adressé à Upsal des individus desséchés et un dessin de cette cryptogame ,. reçut peu après une lettre de Linné'. On doit la conservation de ce fragment de correspondance à M. Soulier^ archiviste à Montpellier; elle a été imprimée dans le tome xiv des Mémoires dumtuéum ePhistairê naturelle, page m. Nous croyons qu'on en lira une^ traduction avec plaisir..
Lettre de Linné à Pahhe Duvemoià»
« II y a trois jours seulement que j'ai reçu votre lettreen date du 5 Mars dernier; je regrette vivement que vous vous y plaigniez de mon silence envers plusieurs ^ personnes. Dix mains ne pourraient suffire pour répondre aux lettres que je reçois , et si je vous avais à mes côtés 9 vous croiriez que je ne fais autre chose que d'écrire des lettres, occupation dans laquelle je dilapide mon temps et néglige mes propres affaires.
y>VJsoetes Icuntstris cxoit très-abondamment en Suède*. Je ne savais pas, avant de le recevoir de vous, qu'il existât aux environs de Montpellier. J'en ai donné la description et les caractères distinctifs , ainsi qu'une figure, dans mon Voyage en Scanie^. Je n'sd pas vu, dans les individus qui vivent en Suède, une racine pareille à celle dont vous me donnez le dessin, ce qui est tout-à-fait re.marqu«J)le; du reste les autres caractères sont semblables.
» J'ai composé la Philosophie botanique il y a déjà long-temps , j'étais retenu au lit par une maladie. Si
* Iter scanicum , p. 4i7 T. 3 19.
1^39 G0RBX8P05DÂirGC DE lllIlfÂ.
je n^ëtaîs dëjà accable de vieillesse^ j'en donnerais^ tme autre édition. Je tiendrai i grand honneur que vous disiez] quelque chose de mon Systema , en votre langue ; dans ce cas , je vous prie d'examiner ce qui a rapport au règne végétal , dans la treizième édition imprimée récenmient à Gottingue , et ce qui concerne le règne animal dans la douzième , qui a paru i Stockholm.
y> Pai lu avec une vive satisfaction vos dbservations microscopiques.
» Puisse le Dieu tout-puissant vous conserver longues années^y ainsi que Gouan, Gusson et mes autres* frères en Flore^ de Montpellier.
2» tJpsal» le 6 Mai 1774. ^
CiiROUNE Louise de BADFr
Du 4 Août 1776. ( Une seule lettre. )
Cette princesse, Margravine de Bade, écrivit de Carlsruhe une lettre latine , en date du 4 Août 1775 , pour remercier Linné de lui avoir dédié une plante de Surinam et de Mexico , nommée Carolînea princeps (Linn. , supp. 5 14). Cette faveur inespérée qu'elle reçoit d'un grand homme la comble de joie ; elle obtient ainsi , dit-elle , une bien plus sûre immortalité que celle qu'elle devrait au rang où l'a placée la fortune. La botanique est sa science de prédilection; elle se propose de faire graver les plantes rares qu'elle a dans ses serres , etc. On sait qu'elle a tenu parole..
!• F, HASSOÏT, 1775 — 177Gr 255
J. Frakgis Masson.
Du 26 Décembre 1776 — 6 Août 1776.
Ce jeune botaniste ftit envoyé au Cap^par le roi d'Angleterre, pour y récolter des plantes vivantes destinées au jardin de Kew. A son retour à Londres, F. Masson écrivit une lettre à Linné (36 Décembre 1776) , et lui adressa des plantes sèches provenant des lieux qu'U avait visités. Il annonce avoir vu au Cap le docteux Thunberg, avec lequel il a fait, accompagné de Spaiv mann, une excursion dans l'intérieur des terres. Thunberg a voulu lui dédier un genre fondé sur une plante nouvelle du Cap , mais il a refusé cet honneur , qu'il veut mériter par plus de travaux , et que surtout il ne veut devoir qu'à linné. Dans une seconde lettre, datée de Madère (6 Août 1776), F, Masson remercie, dans les meilleurs termes, Linné, d'avoir adopté le genre JI!fa#*onia, que Thunberg a voulu lui dédier sans qu'il lui fût possible de s'en défendre. Il reçoit ainsi , avant d'avoir fini sa journée, le prix de son labeur, mais il n'en trar vaillera qu'avec plus d'ardeur. Madère lui a déjà offert une foule de choses nouvelles , surtout des soncKtts et autres syngénèses arborescentes. F. Masson promettait de tenir Linné au courant de ses découvertes ; mais^ il apprit bientôt la perte que venait de faire le monde savant^ il écrivit à ce sujet une lettre de condoléance à Linné fils^ elle porte la date du 12 Décembre 1778* Il y est question de la végétation des Açores^ cestlefl^ abondent surtout en mousses et en fougères.
Ici se termine la correspondance de linné avec lef personnes. Les lettres qu'il adressa aux compagnies vantes qui l'admirent dans leur sein ne sont pas eon
d34 GOBHBSPÛimANCB DE UimÈm
nues 9 & Pexception néanmoins de celle que ce grand homme ëcriyitjà PAcadëmie des sciences, lors de sa réception en qusdité d'associé étrai^er. linné apprécia Tivement cette haute distinction, et pour remercier en termes dignes du corps savant qui lui faisait cet honneur, il emprunta la plume de B. Frondin , biblio» ihécaire d'Upsal. Ce savant composa donc une lettre latine dont les expressions ont de la noblesse , mais où Pon trouve çà et là des phrases obscures et prétendlieuses. Nous en avons &it la traduction suivante :
Lettre de Linné à V Académie des sciences , lors de
sa réception, en 1762.
« J'ai appris par M. le comte de Saint-Florentin que l'auguste monarque des Français avait daigné confirmer ma nomination en qualité de membre étranger de l'Académie des sciences de Paris ^ personne n'est plus disposé que moi à se montrer reconnaissant de la faveur inespérée que je dois à vos honorables suffrages. L'artiste se contente des récompenses qui lui sont offertes , l'homme sans illustration met son bonheur unique à accroître sa fortune ; mais le savant^ dont les sentimens sont plus élevés, ambitionne d'honorables distinctions et de glorieux succès. Son siècle hA refuse souvent ce qui seul peut le rendre heureux ; mais la postérité , plus équitable, sait toujours le dédommager de l'injustice de ses contemporains.
» La gloire se plaît surtout à couronner ces génies dont lesconstans eflforts ont pour but d'assurer le bienêtre du genre humain et d'ajouter à l'illustration de leur patïie -, plus les travaux sont difficiles , plus ils
LETTBB ▲ L'AGADillIE BBS SCIBBCES. 955
méritent de louanges; c'est donc avec justice qu'cm estime moins la victoire ensanglantée du bëros que le triomphe du savaùt.
» Les progrès queTAcadëmie royale a faits dans la carrière des sciences utiles ont été au-^elà de ce qu'oo attendait 9 et ses espérances même ont été dépassées* C'est elle qui a répandu dans l'Europe entière les coi^ naissances qui nous avaient été transmises par no$ pères, lorsque la barbarie, conservant son antique emr pire , couvrait de ses ténèbres la plus grande partie de l'univers; ces connaissances ont pris aujourd'hui un tel développement, surtout les sciences exactes , que la vie de l'hoDomtie le plus laborieux suffit à peine pour endbrasser complètement l'étude d'une seule, lors m^éme qu'il arrive à la vieillesse la plus reculée ; il faut être doué d'un génie supérieur pour s'élever à la hauteur des connsdssances de notrt; siècle, et discerner claîre<^ ment , dans ce qui est neuf, ce qui eet vraim«at grand,
» Le concours des savans est donc devenu indispen**sable ; c'est pourquoi les grande rois ont fondé des uni-> versités , des sociétés et des académies; dans les unes, les élèves marchent lentement dans un cercle born^ d'études; dans les autres, les sciences s'élèvent d'um vol hardi vers les plus hautes régions de l'intelligence. Non-seulement la France conserve son empire sur le» lettres, mais elle l'agrandit encore, et chaque jour ajoute de nouveaux titres i tous ceux qui la rendaient si justement célèbre. Aussi voit*on les savans de tous les pays ambitionner par dessus tout, l'honneur d'être admis dans le sein d'une société que la magnificence de Louis et la grandeur du nom finançais ont rendue à jar mais célèbre. Quoique votre dioix soit brigué par tous les hommies distingués par ieuc savoir, il n'ikitf
2l56 GOBAESPONDAITGE DE hmutt.
ni prodigue ni dirigé au hasard , et moi seul peuirétre ^ parmi tous , je dois me louer de votre indulgence.
» Personne n'est mieux que moi à même de juger da peu d'étendue des connaissances que j'ai acquises dans les travaux auxquels je me suis livré avec assiduité dès ma plus tendre enfance. La nature a caché ses se-^ crets dans une si prodigieuse variété de choses, que des siècles s'écouleront avant qu'on ait pu étudier ces êtres dédaigné» que le vulgaire imbécille foule aux pieds avec indifférence.
» Arrivé à un âge où ma vie va bientôt finir , il ne me sera plus possible d'en découvrir un grand nombre; je m'efforcerai néanmoins, aussi longtemps que je viyrai , de chercher à les connaître avec une persévérance éigale, afin' que vous puissiez comprendre par là combien j'apprécie l'insigne honneur que vous venez de me faire , et je ne croirai avoir assez vécu que quand j'aurai pu prouver au monde , ainsi qu'à vous^, que j'étais digne de faire partie de votre société.
»Puisse,sous les auspices de Louis, l'Académie royale des sciences atteindre au plus haut point de gloire et de célébrité, et se montrer toujours semblable à ellemême.
» Upsal^ 1763. »
COWDORCET A LiNNÉ FiLS.
15 Août 1778.
Condorcet , secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, écrivit à Linné fils la lettre suivante, pour lut faire des complimens de condoléance sur la mort de son père , membre associé étranger de l'Académie-
nOIfDORGET A Llimé FILS. 20f
Paris, 1 5 Août 1778.
« Recevez, Monisîeur, l'assurance de la part que je prends avec toute l'Europe savante à la perte qu'elle a faite par la mort de votre illustre père. Je tâcherai de rendre à ses talens et à ses travaux la justice qu'ils méritent dans le tribut que j'ai A rendre à sa mémoire. Nous connaissons ici ses ouvrages, mais nous n'avons connu sa personne que pendant un voyage fort court; s'il y a dans sa vie quelques anecdotes dignes d'entrer dans la vie d'un homme célèbre, j'ose vous supplier de les remettre écrites en latin à M. Wargentin , qui aura la bonté de me les faire passer par M. le comte de Creutz , ambassadeur de Suède en France. L'Académie m'a chargé de vous présenter ses remercîmens et ses regrets.
» Agréez, je vous prie, Monsieur, l'assurance de mon sincère et respectueux dévouement ,
» Le marquis de Coicdorget. »
Nous bornons ici cette longue analyse de la correspondance de Linné. Ce qui nous est parvenu de «es lettres est la moindre partie de toutes celles que ce grand naturaliste a écrites. Afzelius dit en avoir eu entra ses mains quatre cent quatre-vingt-quatorze, toutes inédites; parmi elles, quatre cent cinquantehuit sont des originaux et le reste des copies. Il n'en est aucune qui ne respire l'enthousiasnie le plus pur pour les sciences naturelles, ou la reconnaissance la mieux sentie pour ses bienfaiteurs. A&elius ne dit point si , parmi ces lettres de Linné, dont plusieurs traitent d'affaires personnelles, il en est qui datent de •a première jeunesse ; celles-li seraient plus précieuses que les autres, et feraient connaître des par-
s38 commispotiBÀifcx
ticularitës encore ioconnues et qui mettraient dans le secret des premiers essais j de Linné. Peut-être Âf-* zelius liyrera-t-il plus tard à l'impression ces lettres inédites, ou du moins un choix des plus intéressantes* Nous attendrons avec impatience qu'il satisfasse le vœu du monde sayant.
En attendait cette publication^ nous sommes assez heureux pour pouvoir dire quelque chose de ces lettres.
Plusieurs d'entre elles sont adressées à son ami Baëk, â Wargentin , qui fut entièrement dévoué aux intérêts de Linné; à Ekeberg, ce même officier de marine qui lui rapporta le thé vivant de la Chine ; au docteur Murray, et celles-là traitent de médecine ou de matière médicale; à Bergius , i Hagstrom , à J. Hollsten^ à Qerc, à Lehmann et à Gerengius, qui forent d'abord ses élèves et bientôt après ses amis* Un assez grand nombre d'entre elles sont adressées au comte de Tessin et à Walhbaum , qui lui avaient dit à tort que les collections de Tournefort étaient à Berlin , ce dont il cherche à les dissuader*
Une lettre adressée au prédicateur Osbeck porte la date du lo Septembre 1760, et fot écrite au moment •du départ de ce naturaliste pour la Chine. Linné l'entourage i s'occuper d'histoire naturelle : « A votre retour, lui dit-il poétiquement , nous ferons des couronnes avec les fleurs que vous nous aurez envoyées, pour en parer la tête du prêtre de Flore et les aut^ de la déesse* Votre nom sera inscrit sur des matines aussi durables et aussi indestructibles que le diamant , et nous vous consacrerons quelque rarissima Osieekia, qui sera reçue dans l'armée de Flore. Allez donc,vojrft<^ gez, déployez vos voiles et fûtes force de rames; mais jgardeifr-YOïis de revenir sans dépouilles opines, car
DB LINNÉ. 259
:alors nom ferions un vœu à Neptune pour qu^ tous prëcijMtÂt , TOUS et toute votre suite , dans les profon<^ deurs du Ténare. » Osbeck fit éclater son cèle y revint avec de belles collections , et reçut la récompense pro^ mise : un genre de plantes de la famille des mâastofilées lui fut dédié.
Une lettre sans suscription et saffiis date , mab érih demment écrite dans les dernières années dé la vie dd Linné ^ fait voir que si l'amour des plantes commença chez lui avec la vie , il ne s'éteignit aussi qu'avec elle. Voici quelques passages de cette lettre : «( Les graines de la Nouvelle-Zélande que vous m'avez envoyé^ m'ont fait le plus grand plaisir. Quel serait mon boi^ heur si je pouvais en voir germer qudques-imes 1 K ettes coitiservent encore qudque fiiculté germiiia* trice, je dois l'eatpérer, tant je veux y a]^oiter Ah soins et de soUicitade. Il serait vreÉme^t<curieux que tes plantes du pôle antarctique ttouva^fseiOFt ^oit 4e cité v^rs le pôle nord. Des milliers de rel3aerck»ens poiir chaque précieuse semence* » dette elialeur d'és-^ pression se retrouve dans une autre letfare adressée à M. Dalman , major de l'amirauté , pour le remercier de ce qu'il en avait reçu (5 Décembre i749)« ^< Les trésors d'Ophir dont vous venez de me gratifier sont les objets les plus précieux que j'aie vu entrer jusqu'ici dans nos ports. Tout ce qui vient de cette île de Pulo- Landa, nouvellement découverte, et de Macao, est curieux et très-intéressant. Le simple aspect de ces merveilles a fait circuler mon sang avec une nouvelle rapidité.. • Quand je pense à toutes les curiosités naturelles que renferme l'Inde, j'éprouve un véritable chagrin de savoir qu'i> 7 en a si peu de connues, et de songer pourtant combien il serait facile de les étu-.
940 GO&RSSPONDAITGE DE LIHKÉ*
dier-^ si quelque voyageur zëlé prenait la peine de récolter les diiORSrentes espèces d'insectes et les mousses, les j^antes et les grands arbres avec leurs fleurs et leurs fruits. Ne négligez pas Poccasion qui TOUS est offerte d'immortaliser votre nom 9 et si votre position privée ne vous permet pas de voyager vousmême , au nom du Dieu puissant , au nom de la patrie et de la vertu, faites faire quelque autre voyage* » Linné a écrit aussi plusieurs lettres au baron Gyllengrup* On lit dans Tune d'entre elles , qui porte la date du 1®' Octobre lySS , le passage suivant : « Pendant mon séjour comme élève à l'Académie , ma conduite a été constamment tranquille, chrétienne et modérée, et personne ne peut me reprocher la moindre faute grave. Jamais le juge n'a reçu de plaintes dirigée» contre moi , et je n'ai fait de peine à qui que ce fût. » Quiconque aura vu combien la vie de Linné a été rem-» {Aie le croira sans difficulté. Il fut trop laborieux pour être un élève turbulent. Quand on aime l'étude , on est ami de l'ordre , et l'on a plus de démêlés avec les livret qu'avec les hommes.
OPINIONS DE LINNE
SUR QUELQUES BOTArCISTES GÉLÈBEES , EXTRAITES DE SA. CORR£9PONl>ANCE ET DE SES OUl^RAGES.
Adanson *.
« Je vieDs de recevoir le Voyage JPAdaman au Sénégal; c'est ua bel ia-4**> ^^it en français et publie A Paris \ il est enrichi de planches. » ( Lettre à Ellis, 8 Février 1758.)
Artédi.
«J'imprime en ce moment les ouvrages posthmnes de feu mon excellent ami Artëdi 9 sur Pichtyologie j dans lesquels vous trouverez, si je ne me trompe, plus de perfection qu'on ne peut en attendre de la botani^ que, d'ici à cent ans. Il a établi des ordres et des genres naturels , des caractères tranchés^ il donne un pinaa universel, d'incomparables descriptions et des noms spécifiques irréprochables.» (Lettre à Haller.... 1737.)
Banks.
<x On ne saurait dooner trop d'éloges à M. Banks ^ qui s'est exposé volontairement à tant de dangers , et qui a dépensé de si grosses sommes d'argent au j^ ofit des sciences naturelles. Personne n'avait encore fait autant pour la sciencer Les Anglais seuls sont c^ables de pareilles choses; vous êtes certainement le peuple
* Yojf^s la correspondance avec AdansoD; page aai.
242 OPIiriOirS DE LINIf^.
le plus gënëreux de la terre; et lord Baltimore m'en a appris quelque chose.... » (Lettre à Ellis y 8 Août 1771.)
« La nouvelle contrée (rAustralasie)porte-t-elle le nom de Banksia^ du nom de celui qui l'a découverte 9 comme l'Amérique porte le nom d'AméricVespuce? » (Lettre à Ellis , 20 Décembre 1771. )
GÉSA.LPIK.
« Césalpin me sendble grand surtout parce qu'il est le fondateur d'une no uvelle école.
» Les ouvrages de Césalpin me plaisent beaucoup; ^es courtes descriptions , si différentes de celles donnée» par les autres auteurs, renferment toujours quelque chose d'intéressant. » (Lettre à Haller, 8 Juin 1757. )
DiLLENItJS.
Linné le regardait comme le premier botaniste de l'époque; il lui reproche , dans plusieurs passages de sa correspondance, d'avoir attaqué injustement ses adversaires. 11 le|blâme surtout de ses critiques peu mesurées contre Vaillant , et s'exprime ainsi : « Vous prétendez que la méthode de Knaut a été renversée par Dillenius; pourquoi cela? Personne n'est plus injuste que cet auteur dans le jugement qu'il porte des diverses méthodes. Je m'étonne qu'on ne lui ait pas répondu et certainement il le méritait. Quoiqu'il écrivît en habile homme , on pouvait cependant lui répondre victorieusement. » (Lettre à Haller.4.. 1737.)
Il dit autre part : « Je ne connaissais certainement ni vos genres {ceux de Haller) ni ceux de Dillenius; il est curieux d'observer néanmoins que nous avoua ex-
LB8 DBUX JU8SIB17. Û^S
ptimë des opinions pareilles dans plusieurs endroits de nos ouvrages , tëmoin ce que je dis à Fëgard de la fleur de Vunifolium, et cependant la page qui renferme ce passage 9 dans la Flora lappaniea, a été imprimée en Avril de l'année passée. (Même lettre.) Il n'existe en Angleterre que le seul DlUenius qui sache ce que c'est qu'un genre. » (Lettre à Haller, i" Mai 1737.) «Un seul botaniste , Dlllenius , peut vous être comparé. » (Au même, lettre sans date écrite en 1757. )
FORSKHALL.
« C'est un de mes meilleurs disciples , récemment nommé professeur à Copenhague •, il vient d'être envoyé , aux dépens du roi de Danemarck , au Cap (Afrique) , et dans l'Arabie heureuse. Si Dieu nous le conserve, nous devons en attendre une foule de découvertes intéressantes. Il excelle plus particulièrement dans la connaissance des insectes , quoique de bien peu inférieur dans les autres branches de l'histoire naturelle. » (Lettre à Ellis, 6 Novembre 1769.)
Heisteb.
«Tous les botanistes, à l'exception peut-être du seul Heister, reconnabsent l'importance fondamentale de la fructification dans l'établissement des genres. » {Sys^ têfnaiù prœmium. )
Les Jussieu.
« Jussieu (Bernard ) est un assez bon botaniste qui commence à observer avec attention; il m'a dit vous distinguer de tous les autres botanistes... •• »
« Jussieu (l'ainé) se livre à la pratique de la méde-
244 opinions DE Linirs.
cine y il ne dé?ie pas d'une seule ligne du chemin traeé parTournefort; il connaît bien les espèces , mais il les multiplie trop. » (Lettre àHaller, 2a Juin i^SS*)
LlNlfÉ sua LUI-MÂHB.
Il dit j en parlant de son livre intitule CriHea heicu niea : « On a droit d'être étonné que l'on ait osé écrire un pareil ouvrage , et plus encore qu'il n'ait pas été généralement censuré ; mais les botanistes ont reconnu la vérité des préceptes qui y sont enseignés , et tout le monde s'y est conformé.
» Je vous envoie le Muia eUffbrUana que je crojais TOUS avoir déjà adressé; j'y joins la CriUea bakutiea. Étant malheureusement étranger ici, je suis forcé de composer mes ouvrages en grande hâte, et d'en confier l'impression à d'autres personnes. Ne vous étonaei dcmc pas d'y rencontrer des erreurs; vous prendres garde seulement aux matières traitées, et non aux &utes de langage. Conversant depuis quelques aimées' avec des Lapons , des Finlandais et des Norwégkns, je suis devenu plus barbare que Micheli. J'ai composé ma Criiica hotanica secrètement, et avec tant de promptitude , que cet ouvrage , ainsi que la Flora lapponica et YHvrtus cliffbrtianiis , ont été terminés en neuf mois. » (Quatrième lettre à Haller écrite en 1737. )