MORISON
« Morison ëtait bouffi d'orgueil comme '*'^'**\ mais il mérite des éloges pour avoiriait revivre l'esprit méthodique qui était à moitié éteint en Europe. Examinez les genres [de Tournefort et vous verrez ce qu'il doit à Morison^ qui lui-même devait tant à Césalpin ; cependant Tournefort fiit un observateur conscientieux. Tout ce qu'il 7 a de bon dans Morison est pris , je le répète y à Césalpin; malheureusement ce botaniste s'égarait à la recherche des affinités naturelles , au tien d'étiidkr les caractères dès plantes. Je ne doute pas cpie vous ne profitiez de cet exemple pour suivre un meiUeur chemin. » ( QuatriènM lettre à Haller écrite €n 1757. )
MuRTiirGius.
« Je puis vous procurer l'ouvrage de Muntingius, mais qu'en pourriez-vous faire? Je pense que jamais il n'a existé de botaniste plus ignevant. Ses fgures, trèsélégammeot gravées , sont faites uniquement pour les jeux : je n'sû rien vu de pis ; je regrette le papier perdu à împrinftef un pareil ouvrage. Sî pourtant vous vouliez l'avoir , dites-le moi plus positivement. Il est cher et n'est bon qu'à jeter au feu. » (Quatrième lettre écrite à Haller en 1737. )
Poutedera.
« Gel auteur, peu jaloux de suivre !« marche de \m
246 OPINIONS DE LINNi;
nature, se brisa sur des écueils que Toumefort sut éyi* ter. On peut lui reprocher d'ayoîr jeté beaucoup de confusion dans l'ëtude des composées ; pourtant (pielques-uns de ses travaux lui ont suryëcu; il est loin d'avoir fait autant que Vaillant. Pontedera est peut-être le seul botaniste vraiment philosophe , mais je n'adopte pas entièrement sa thëorie. )> ( Quatrième lettre à Haller écrite en 1737.)
Ray.
« Qu'était ce botaniste ? un homme infatigable pour récolter- et décrire ; mais moins que rien dans la connaissance des genres et dans l'art de l'analyse. Comparez, je vous prie , la première édition de sa méthode avec la seconde et la troisième , où il s'est avisé de mettre Tournefort à contribution. Je ne sais comment il a pu se faire qu'on ait si fort négligé de tenir compte à Césalpin de ses découvertes, tandis qu'on les a stun pidement attribuées à Ray.» (Lettre citée plus haut.)
Sauvages.
Linné le qualifiait toujours de prince des médecins. Il le désignait aussi par l'épithète de grande et disait qu'à Upsal on faisait encore plus de cas de Sauvages, que de Boerhaave. (Correspondance avec Gouan. )
Tournefort.
« Vous élevez des objections contre la méthode de Tournefort. Je conviens qu'elle renferme des erreurs, et en grand nombre, pourtant aucun système aussi naturel n'avait paru avant, et n'a paru depuis lui. On y
vaillant; Î2r47'
trouve, je le^ais^des classes tout-à-fait arbitraires, mais jie doute que vous-même puissiez créer un système où toutes lès classes soient naturelles. Les làbiëes, lés cruciformesj les liliacées, les ombellifères et les papiliôna** cëe^ont dès classes excellentes, et qui n'auraient besoin que^de bien légères modifications pour être parfaites. »^ ( Quateième lettre à Heller écrite en 1737. )
Vaillant..
« Je suis l'ami de Jussieu et celui de DiUeniùs; jamais je n'ai connu Vaillant. C'était, dit-on, unbomme plein de vanité , qui s'efforça d'établir sa réputation . 9ur les débris de celle de son maître, lé digne «t respectable Tournefort. Vaillant. était démonstrateur au jardin du Roi, peu lettré et fort pauvre^ il critiqua* Jussieu et même Dillenius, je le sais , mais tout cela, n'estricnà me^yeux. La justice et l^mpartiaUté m'ordonnent de déclarer que jusqu'ici je n'ai rien lu en bo-* tanique qui me parût plus soigné que les ouvrages de^ Vaillant, et que je ne ooimais aucun auteur qui, ayant fait d'aussi grandes découvertes en botanique , en ait recueilli moins de fruit. Pourquoi faire à un homme la réputation d'un imbécille ou d'un furieux y parce qu'iln^a eu qu'un but unique, celui de traVailler> aux progrès de la botanique ?^
» Jussieu, assure-t-on, a juré de poursuivre tant qu'il^ vivra, la mémoire de Vaillant, et Dillenius vient d'insulter à ses mânes dans VHortuê eUkctmensis y mais tes invectives dont il l'aocable^et qui semblent lui pa^ vaitre encore insu&antes , ne prouvent absolument rien. Je veux, croire, avec ces critiques, que Vaillant a^ commis des erreurs de synonymie, et même des fautjss.
248 opiirioirs DK UHirt.
pim grades encore ^ mais quel est le botaniste exempt de commettre des erreurs? C'est le propre d?ua homme sage de discerner le bien du mal , et tel général fut estimé habile qui , pour défaire entièrement ses ennemis, ne perdit que la moitié de son monde. Personne ne connut mieux les plantes exotiques que Plukenet , et nul autre ne se montra plus dédaigneux des méthodes, ni plus dispose à braver toutes les convenances; Vaillant fit de même. Si j'eusse ajouté foi à VHor~ tus eUhcmiensis j]dxa9S&]e n'eusse dû m'occuper de ce grand botaniste , ni en bien ni en mal; mab un bon- • néte homme doit ji^er chacun suivant son mérite. Si je rends à Vaillant ce qui est dû à sa mémoire , la postérité sera équitable envers moi, et je ne dois nullenaent m'occuper de ce qu'en pourront penser les DiUenias ou les Jussieu. » (Quatrième lettre à Haller écrite en
» Vaillant , ce grand observateur , voulut combattra et espéra vaincre Tournefort; on le blâma sévàrement , et il méritait de l'être. Il aurait été bien plus grand s'il n'eût attaqué son illustre maître. » (Lettre i Haller^ 5 Avril 1737.)
« Personne n'est plus habile que Vaillant dans rétablissement des genres, et chaque jour j'en acquiers l'assurance. Peut-être a-t-il donné quelquefois eomBM réels des caractères que vous vous êtes assuré ne pas exister ; peut-être aussi n'a-t-il pas toujours entendu les phrases caractéristiques de Bauhin; mais étaît-i) possible qu'il en fût autrement , si l'on songe à l'im* p^fection des descriptions , au manque de figures et de renaeignemens précis» Si je donne des définitions absurdes, dois-je m'étonner de n'être pas compris? >^ (Quatrième lettre à Haller écrite en 1737. )
opinions DE LiNiiÉ. 249