‹ Vie de M. de CoursonChapitre 122 sur 336 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

violés. Près do quatre cents jeunes gens ou enfants, dont plusieurs de l'âge de neuf ans, ont été comme dispersés dans les rues de cette grande ville, sans pouvoir communiquer avec l'intérieur de ces trois établissements ; et pendant les trois jours que ces odieuses visites se sont prolongées pour insulter aux sentiments religieux de nos provinces, nos enfants n'ont pu être recueillis çà et là que par la commisération publique K »

On comprend quelle prudence était nécessaire aux supérieurs de ces établissements pour calmer l'esprit de leurs élèves, les empêcher de rien faire et de rien dire qui pût être interprété en mauvaise part; donner prétexte à de nouvelles vexations, ou à quelque chose de pire encore. M. de Courson en particulier avait de grandes préoccupations à ce sujet , et plus d'une fois il s'en exprima devant ses élèves dans des termes qui firent sur eux la plus vive impression : « Un jour, dit l'un d'eux , il nous rassembla tous pour nous recommander d'être bien prudents et nous demanda en répandant d'abondantes larmes de ne rien nous permettre qui pût donner à l'autorité civile la pensée de fermer la maison de philosophie, ce qui priverait le diocèse d'un établissement destiné à procurer de si grands biens. » Ces sages avis furent ponctuellement suivis, et, malgré l'agitation qui continua à régner en Bretagne, le séminaire de philosophie ne fut plus inquiété.

1 VAmi de la religion, t. LXXIV, p. 487.

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