CHAPITRE XX
M^r Flaget, qui n'avait accepté l'épiscopat qu'en se faisant la plus grande violence et uniquement pour obéir au vicaire de Jésus- Christ, reçut de M. Émery l'assurance qu'il continuerait d'appartenir à la compagnie de Saint-Sulpice. Aussi quand il était dans un séminaire dirigé par des sulpiciens demandait-il de la meilleure grâce du monde à être traité comme confrère. On peut bien dire qu'il l'obtenait en partie, tant sa grande bonté inspirait d'affection pour sa personne. C'est ce qu'on vit particulièrement à Nantes, où M"'' Flaget demeura plus longtemps. Il s'établit surtout entre lui et M. de Courson, dont l'humilité, la charité et les autres vertus répondaient si bien aux siennes, une intimité qui fut remarquée par les jeunes élèves du séminaire de philosophie. Plusieurs fois le pieux évêque officia dans la chapelle de cette maison et adressa la parole aux séminaristes.
Ils admiraient l'air de sainteté empreint sur son visage ; mais ils n'admiraient pas moins la vénération profonde avec laquelle leur bon supérieur traitait l'évêque missionnaire et se tenait auprès de lui. « C'est un saint, disaient-ils entre eux, qui accueille et honore un autre saint. »