CHAPITRE XXI
jeunes prêtres ne les connaissaient presque pas; on se demandait même s'ils étaient encore en vigueur et obligatoires , puisqu'il devenait si difficile de les lire et de les étudier. En plusieurs points, du moins, ils paraissaient tombés en désuétude; en d'autres, ils ne pouvaient être appliqués. Mais si le changement des circonstances demandait la suppression de quelques articles, il ne réclamait pas moins impérieusement l'insertion d'un certain nombre de règlements nouveaux. Ces divers motifs engagèrent M°'' de Guérines à s'occuper d'une œuvre si importante, et il s'y appliqua avec le zèle et la sagesse qui caractérisèrent tous les actes de son administration. Déjà quelques évêques de France avaient doté leurs diocèses de semblables règlements ; il s'aida de leur travail, mais il s'inspira surtout des anciens statuts du diocèse de Nantes, afin de rattacher les nouvelles générations sacerdotales aux anciennes, en faisant revivre la discipline sous laquelle militèrent les prêtres vénérables qui eurent l'honneur de souffrir pour la foi, pendant la révolution.
L'évêque de Nantes se fit aider, dans un travail si long et qui demandait tant de recherches, par tous les membres de son conseil; mais, ainsi qu'il arrive en pareille circonstance, le poids de la rédaction retomba sur un seul. M. de Courson , quoique chargé de tant d'autres affaires , accepta encore cellelà et s'en acquitta à la satisfaction de tout le monde. Son projet, comme le prouve son manuscrit autographe, que nous avons retrouvé dans ses papiers , n'eut besoin que de très légères modifications pour obtenir la complète approbation de M-'' de
Guérines, de son coadjuleur et des notables du clergé auxquels il fut communiqué avant d'être livré à l'impression.
« Nous écarter à la fois d'un rigorisme qui rend le joug insupportable et d'une mollesse qui ouvre la porte à la licence et aux abus ; être court et précis sans omettre les explications ou les développements nécessaires, nous attacher au choix plus qu'au nombre des règlements ; n'admettre aucun article sans l'avoir pesé, aucune disposition importante sans l'avoir soumise à un long et mûr examen : tels sont les principes qui nous ont guidé, telle est la loi que nous nous sommes imposée. » Ces paroles, tirées du mandement placé en tête des statuts, sont un exposé fidèle des sages vues qui dirigèrent constamment M. de Gourson dans son travail préparatoire. Elles ne lui étaient pas moins imposées par la trempe de son esprit que par la volonté de son évoque.
Le 29 août 1837 , M»'" de Hercé , au nom de l'évêque de Nantes, publia pendant la retraite pastorale les nouveaux statuts. « Il les présenta au clergé nantais, dit l'auteur de sa Vie, comme un testament paternel où ils trouveraient de salutaires avis pour assurer leur pcrfeclioa ^ » C'était bien, en effet, le testament de mort du saint vieillard. A dater de ce moment, il alla s'affaiblissant d'une manière assez rapide. Il lui prenait parfois des défaillances telles que son coadjuteur jugea prudent de lui administrer les derniers sacrements. La cérémonie eut lieu le 31 janvier 1838.
1 Vie de Mt/r de //ercé, p. 192.