CHAPITRE XXVIII
vaient pas le quitter, M. de Courson eut encore la satisfaction de rencontrer en route plusieurs Français qui faisaient le même trajet que lui et avec lesquels il voyagea quelque temps. Parmi eux se trouvait M. l'abbé Dalmières, curé du Pont-Saint-Esprit, qui, dans son Itinéraire du voyageur catholique à Rome , parle de cette rencontre. « Pendant notre séjour à Florence, dit -il, nous avons fait connaissance avec M. de Courson, aujourd'hui supérieur de Saint-Sulpice, et avec deux excellents jeunes gens qui l'accompagnaient. Ils avaient fait avec nous une partie de leurs courses dans la ville des arts, et, comme ils se proposaient d'aller à Lorelte, il fut décidé que nous marcherions ensemble. Ces messieurs étaient venus de Rome dans la carroza d'un voiturier nommé Piétro, qui avait toute la figure d'un bon enfant et qui devait les conduire encore à Lorette avec un Français, de Bordeaux. Nous retrouvions le supérieur du séminaire et les trois autres voyageurs quand venait une halte ou une longue montée. M. de Courson se montrait un homme grave et fort instruit. Les deux jeunes gens étaient pieux, et nous étions charmés de leur gaieté comme de leur enthousiasme ^ »
Les pieux sentiments qu'éprouva M. de Courson en visitant, à Assise, les lieux embaumés par le souvenir des vertus du séraphique saint François , nous semblent rappelés dans une lettre adressée, en 1848, à M. l'abbé Léopold Sebaux, aujourd'hui évêque d'Angoulême, à l'occasion d'un intéressant opuscule sur la sainte Vierge composé par lui. « J'ai reçu, disait-il,
1 Itinéraire, t. I, p. 7!5.
le premier volume de vos œuvres à compléter. J'en ai été bien consolé. Pieux et modeste sujet, modeste format, doux, simple et cordial hommage à Marie. Tout cela, vous le savez, est fort de mon goût. Cette lecture m'a fait d'autant plus de plaisir que j'ai eu le bonheur de visiter tous les lieux que vous décrivez. J'ai suivi les traces des pieds nus de saint François. J'ai recueilli, à la lettre, des fleurs de son rosier. Ah! si comme lui je m'étais bien marié à la sainte humilité et à la sainte pauvreté ! C'était le moyen de m'assurer les faveurs de Notre -Dame -des -Anges. Marie aime tant les petites gens I »
Mais de tous les sanctuaires de la haute Italie, aucun n'est comparable à la Sainte-Maison de Lorette; aussi est-ce particulièrement dans ce lieu vénérable qu'il se livra à tous les transports de sa piété et que son âme fut inondée de consolations plus douces et plus abondantes. Il n'en parlait plus tard que dans les termes de la plus vive reconnaissance. « En vous lisant, disait-il, en 1847, à un de ses chers disciples qui avait fait aussi ce pèlerinage, je me suis reporté par mes souvenirs dans ces saints lieux que j'ai visités aussi, moi. Mon cœur s'y trouvait bien! Cher enfant, s'il y a quelque repos ici-bas, on ne le trouve qu'aux pieds de Notre- Seigneur, de la sainte Vierge et des saints. La terre n'est digne que de mépris. Sordet, sordet terra/// » Malgré l'intérêt qui s'attache à tout ce qui concerne un sanctuaire consacré par la demeure de la sainte Famille, le dévot serviteur de Marie était si heureux de s'y voir qu'il n'y remarqua rien. Ayant à résoudre une question de détail sur la Santa Casa à laquelle il ne trouvait pas