CHAPITRE XXIX
faire lui-même la dépense de cette statue et il veilla avec soin à ce qu'elle fût d'un beau modèle, bien exécutée et propre à inspirer de la dévotion.
Ce zèle pour le développement de la piété parmi ses élèves ne faisait pas perdre de vue à M. de Courson les améliorations que le séminaire d'Issy réclamait sous d'autres rapports. Cette maison, si respectable par son ancienneté et les souvenirs qui s'y rattachent, était dans un état de délabrement regrettable , et les séminaristes avaient beaucoup à y souffrir. L'ameublement des chambres en particulier laissait à désirer : un grand nombre de lits consistaient en de simples pliants dont quelques-uns même étaient en très mauvais état. C'est ce que ne put voir le bon supérieur sans en être péniblement afïccté. La santé de ses élèves lui était trop à cœur pour qu'il ne tentât pas quelque démarche, en vue d'améliorer leur situation. Il savait que M. Gosselin avait déjà fait à cet égard des demandes que les circonstances n'avaient pas permis de prendre en considération ; il se détermina à les réitérer et dressa à cet effet un mémoire qu'il remit à celui qui gouvernait la compagnie de Saint -Sulpice au nom de M. Garnier. « Il paraîtra peut-être étrange et indiscret, lui disait-il en commençant, qu'étant depuis si peu de temps dans cette maison et ne m'y trouvant qu'en passant, je fasse ces représentations. J'ai éprouvé une véritable répugnance à m'en occuper et je ne m'y suis déterminé qu'après avoir parlé à MM. les direcîeurs qui ont été pour moi les interprètes des désirs et des intentions de M. Gosselin. »
Le mémoire de M. de Courson eut un plein succès;
on fit immédiatement au séminaire d'Issy les améliorations demandées, et de plus on permit qu'un petit orgue d'accompagnement fût installé dans la chapelle, afin de faciliter la célébration des offices. C'est un point que le zélé supérieur avait encore fait entrer dans son mémoire et sur lequel il s'était même un peu étendu. « Nos messieurs, disait- il, souffrent beaucoup de voir les difficultés que nous avons à célébrer convenablement les offices. Nos jeunes gens ne savent pas le chant, il en résulte que le chœur n'est ni nourri ni soutenu. Quel remède à ce mal? Un petit orgue d'accompagnement, m'a-t-on répondu. C'était le grand désir de M. Gosselin. Je prends la liberté de vous faire remarquer que nous sommes dans une position bien différente de celle des autres séminaires et en particulier de celui de Paris, puisque nous n'avons que des enfants qui n'ont aucune habitude et aucun exercice du chant '. »
Cet harmonium, le même qui se voit encore aujourd'hui dans la chapelle du séminaire d'Issy, fut donné par un des directeurs de la maison , et on l'installa pour le 21 novembre, fête de la Présentation de Marie. Ce jour-là, M. de Gourson se sentit heureux, en présentant à la très sainte Vierge sa fervente et nombreuse communauté. « Au 21 novembre, disait-il à un des directeurs du séminaire des philosophes de Nantes , nous aurons plus de quatre-vingts séminaristes en soutane. » Et comme le bon supérieur
1 Aujourd'hui qu'il y a des harmoniums partout, il faut, pour comprendre les difflcultés que prévoyait M. de Gourson, se souvenir qu'en 1844 cet instrument n'était encore admis que dans un petit nombre de paroisses et dans presque ".ucun séminaire.