CHAPITRE XXIX
exciter un appétit désordonné dans ces enfants, qui n'ont pas toujours des intentions très pures, ou qui manquent de discernement ; 3" je craindrais de partager la communauté en deux catégories trop distinctes ; 4° il me semble qu'il y a progrès raisonnable à admettre nos philosophes de seconde année une fois (de plus) par semaine, pour qu'à la première de théologie ils y aillent deux fois, et puis trois fois et enfin plus souvent, à mesure qu'ils approchent du sacerdoce ; 5"» nous n'avons affaire qu'à des écoliers ; il est rare que nous ayons des jeunes gens qui, par leur âge et leurs antécédents, se distinguent des autres. Dans ce cas, je ne ferais aucune difficulté d'admettre l'exception, et je l'ai admise. La sainte communion est sans doute notre grande et principale ressource ; c'est sur elle que nous devons nous reposer dans l'impuissance de nos paroles et de nos exemples, dans la stérilité de nos efforts, où il entre tant d'imperfection ; mais la question reste : qu'entendre par fréquente communion? Il me paraît certain que cette fréquence est relative à l'âge et aux circonstances. Les jésuites , si enclins à rendre fréquentes les communions, ont maintenu leur usage de n'admettre leurs novices (seraient -ils aussi fervents que saint Louis de Gonzague) à la table sainte que le dimanche et aux jours de fête. »
Ce que M. de Gourson avait fait exceptionnellement à Nantes, en faveur de quelques sujets à qui la communion plus fréquente pouvait être accordée sans inconvénient, il eut fréquemment occasion de le faire à Issy, où, comme on l'a dit, la communauté a un caractère particulier. Il n'avait pas oublié d'ail-
leurs les favorables impressions que produisirent sur lui, à sa sortie du monde, les saintes pratiques en usage dans ce séminaire, et son plus vif désir était de voir tous ceux que la Providence venait d'y réunir sous sa conduite, touchés et transformés comme il le fut lui-même en y entrant.
Après la fréquente communion, rien ne l'avait édifié à Issy, au temps de sa jeunesse, comme la dévotion qu'on y pratique envers la très sainte Vierge. C'est aux pieds de Notre-Dame de Lorette qu'il aimait à prier, ainsi qu'on l'a déjà fait remarquer. C'est là qu'il expérimenta mille fois que pour aller à Jésus il n'y a pas de voie plus douce et plus assurée que la dévotion à Marie, que tous les biens viennent avec elle et que sa pratique est un précieux trésor. Devenu supérieur, il ne négligea rien pour inspirer les mêmes sentiments à ses élèves, et il y réussit. La dévotion à Notre-Dame de Lorette prit de nouveaux accroissements parmi ces fervents séminaristes qui, non contents de la visiter souvent, formèrent le projet d'acheter une belle robe pour la statue placée derrière l'autel. Leur dessein fut proposé à M. de Courson, qui l'approuva de grand cœur et se chargea d'en procurer promptement l'exécution.
La dévotion envers la divine enfance de Notre- Seigneur, que le pieux supérieur aimait à inspirer aux philosophes de Nantes, reçut aussi ses encouragements au séminaire d'Issy. Pour en favoriser la pratique, il fit placer une statue de l'enfant Jésus dans la chapelle de Toutes -Grâces, qui est située à un angle du parterre et où chacun peut se rendre aisément. Malgré l'état fâcheux de ses finances, il voulut