‹ Vie de M. de CoursonChapitre 218 sur 336 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

sagesse, toute notre force, toute notre joie dans la dévotion au très saint Sacrement ; que notre vie doit ressembler à celle de Jésus-Christ, dans l'Eucharistie; vie d'anéantissement apparent et pourtant d'action douce et puissante. Nous répandrons celte dévotion dans l'âme des élèves du sanctuaire ; c'est la première fin de la Compagnie.

« M. Olier nous apprendra encore la profonde et vraie dévotion à la très sainte Vierge, par laquelle nous irons à Jésus, et par laquelle Jésus, souverain prêtre, formera sa vie en nous. »

Parlant ensuite de l'union très étroite qui doit régner entre tous les membres de la Compagnie, il disait : « Nous sommes plus que des frères, nous serons étroitement unis de pensées et de sentiments. Nous vivrons dans une humble dépendance les uns des autres, selon l'ordre établi par nos constitutions. Nous qui sommes au centre, nous nous efforcerons de répondre à tous vos besoins. Nos jours les plus heureux seront ceux où nous aurons le bonheur de vous voir, soit quand le désir de vous rapprocher de nous vous amènera à Paris, ou quand nous irons nous-mêmes vous visiter dans les séminaires où vous travaillez. »

Le bon et zélé supérieur prenait ensuite un engagement auquel il ne fut , hélas 1 que trop fidèle : « Nous donnerons à notre correspondance le plus d'activité qu'il nous sera possible, et nous vous demandons, au nom de Marie, de ne jamais craindre de nous être à charge par vos lettres. Vous serez indulgents pour moi si , contre mon intention , mes réponses ne vous satisfaisaient pas toujours ; vous penserez

que je suis bien faible et entouré de mille entraves et difficultés. »

Immédiatement après l'envoi de sa circulaire, M. de Gourson se relira à Issy afin d'y puiser dans les exercices de la retraite le calme , la force et les lumières dont il avait besoin. Sa grande occupation, pendant ces quelques jours de récollection, fut de s'offrir et de s'abandonner à Dieu , les yeux fermés et sans aucun retour particulier sur lui-même, sans préoccupation pour l'avenir. « Je n'ai aucune prévision, écrivait-il; je ne sors que par courts instants de l'étourdissement du premier jour, et toute mon activité se borne à me mettre et à vous mettre tous avec moi dans les bras de la sainte Vierge. »

Son esprit ne resta pas cependant aussi inactif que sembleraient l'indiquer ces dernières lignes; nous en avons pour témoignage un écrit qu'il rédigea pendant cette première retraite, et qui renferme les règles qu'il se proposait de suivre dans l'accomplissement des devoirs de sa charge. C'est d'abord un extrait des maximes de M. Olier sur les devoirs du supérieur général deSaint-Sulpice. Cet extrait, dû à M. Émery, a été publié en grande partie dans la Vie de ce vénérable supérieur. Nous n'en donnerons ici que deux ou trois maximes :

« Il faut que le supérieur, comme règle vivante de la maison, soit homme de toute vertu, pour être un exemple à tous. De plus, il faut qu'il soit homme d'oraison continuelle, car l'oraison c'est la vie des vertus.

« Le supérieur tâchera de vivre toujours anéanti en soi et perdu en Jésus- Christ, pour ne vivre que sous la direction de son esprit.

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