‹ Vie de M. de CoursonChapitre 217 sur 336 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

qu'on ne pouvait éprouver qu'une crainte avec lui, la crainte de l'afniger.

On n'a pas de peine à s'expliquer ces favorables dispositions quand on lit les lettres si affectueuses, si cordiales que le bon supérieur écrivait à ceux qui lui avaient offert l'hommage de leur filiale soumission. Plus on lui témoignait de respect et de confiance, plus il s'humiliait en vue de son indignité. « S'il se fait quelque bien parmi nous, disait-il à un supérieur de séminaire, il appartiendra tout entier à la sainte Vierge d'abord , et puis à mes confrères qui me prouvent d'une manière si touchante qu'ils sont animés de l'esprit de Notre-Seigneur, en me donnant des encouragements dont le principe est une charité bien pure.» A ces lettres particulières, succéda bientôt une lettre circulaire destinée à mettre le nouveau supérieur en rapport immédiat avec tous les membres de sa Compagnie; le cœur de M. de Courson s'y montre à découvert, car elle est surtout empreinte d'humilité, de confiance en Dieu et de cordialité : « Dieu, dit- il en commençant, vient de me confier le soin de la Compagnie ; mon indignité, mon insufflance me remplissent de frayeur. Cependant, je dois me soumettre, adorer les desseins de la Providence et me confier en elle. Je suis couvert de confusion en considérant quels ont été les hommes suscités avant moi pour remplir les devoirs qui me sont imposés. Ce sont des modèles auxquels je dois ressembler; leur piété, leur vertu, les ont conduits au ciel; ils seront nos protecteurs, car ils nous aiment comme des pères aiment leurs enfants; je réclame instamment le secours de leurs prières ; elles suppléeront à ce qui me manque.

« Voire attachement à la Compagnie vous a excités à prier beaucoup depuis la mort de notre très honoré père, qui nous était si cher à tous , et qui a attiré tant de grâces sur nous par ses longues et cruelles souffrances; priez encore, je vous en conjure; nous en avons plus besoin que jamais. Vos prières, votre amour pour nos règles, pour nos usages, seront ma consolation et mon soutien. La très sainte Vierge a conservé parmi nous l'esprit de M. Olier, notre pieux fondateur ; j'en ai des preuves bien touchantes. Elle ne nous abandonnera pas, elle sera toujours notre supérieure et notre mère. »

Après ce préambule et quelques mots de reconnaissance pour MM. Carbon et Carrière, dont, plus que personne, il appréciait les services, M. de Gourson parlait à ses chers confrères de l'excellence de leur vocation. « Dévouons-nous exclusivement, leur disaitil, à l'œuvre que la très sainte Vierge a mise entre les mains de M. Olier; notre vie ne peut être mieux employée. Tenons-nous en dehors des autres bonnes œuvres qui peuvent se faire dans l'Église, quelque excellentes qu'elles soient, puisque Dieu ne nous y appelle pas. Toutes nos forces, tout notre temps appartiennent au saint clergé : soyons à lui sans réserve. M. Olier, qui nous parle par ses écrits et que nous voyons revivre dans cette précieuse histoire de sa vie, dont la publication est un des plus grands services que M. Garnier ait rendus à la Compagnie, M. Olier se présentera à nous à toute heure, en toute circonstance. Quel plus beau modèle, quel guide plus sûr ! Ne nous lassons pas de le voir, de l'entendre.

« Il nous répétera que nous trouverons toute notre

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