M. DE COURSON PENDANT LES VACANCES DE
Sa retraite terminée, M. de Courson rentra au séminaire de Saint-Sulpice et continua à y remplir ses fonctions de supérieur jusqu'au 15 août, époque de la clôture des exercices. Les vacances le ramenèrent à Issy; mais ce temps, destiné au délassement, fut pour lui un temps de travail et ne lui procura pas le repos dont il avait cependant grand besoin. Trente à quarante prêtres de Saint-Sulpice, directeurs dans les séminaires de province, firent leur retraite à la Solitude, où ils se succédèrent sans interruption du 15 août au 20 septembre, et eurent, pendant ce temps, de fréquents rapports avec leur nouveau supérieur. Cette affluence extraordinaire, qui était, en grande partie, l'effet de la cordialité avec laquelle M. de Courson avait invité ses confrères à venir faire connaissance avec lui, ne l'importunait pas, quoiqu'elle prît tous ses moments; elle lui était au contraire un grand sujet de joie : « Nos confrères sont
venus en grand nombre, écrivait -il à M. Paillon, ils m'ont consolé et édifié. »
De son côté , il charmait tout le monde par l'excellent accueil qu'il faisait à chacun, par la douceur de sa conversation et de ses manières, par la sagesse de ses conseils et surtout par la bonté avec laquelle il encourageait ceux qui étaient dans la peine ou dans l'embarras. On n'avait aucune répugnance à lui ouvrir son âme et à verser dans le cœur d'un si bon père l'aveu de ses inquiétudes, de ses désirs et même de ses répugnances. « Il n'y a qu'une voix ici sur les qualités paternelles de notre très honoré père, écrivait l'un de ceux qui le visitèrent pendant ces premières vacances ; tout le monde est enchanté de l'accueil qu'il en a reçu et bénit la Providence de l'avoir donné pour supérieur a la Compagnie. C'est une faveur du Ciel. A Domino factum est istud. »
Les peines de l'esprit n'étaient pas les seules que M. de Courson eût à cœur d'adoucir; la tendresse qu'il témoignait aux confrères malades avait même quelque chose de particulièrement touchant. « Que Dieu vous rende la santé, disait -il le 3 juillet à M. Helly, ancien supérieur du séminaire d'Avignon; ce sera une des grandes consolations du pauvre supérieur. Il demandera cette grâce pour vous ; demandez pour lui force et sagesse, charité, patience, etc. etc., car je ferais des litanies sans fin. Priez donc ; les prières d'un homme qui souffre sont si puissantes! Vous semblez ne rien faire dans la Compagnie et vous ferez plus que personne, si vous adoptez le supérieur comme la vénérable mère Agnès adopta M. Olier. Elle était l'âme de Saint-Sulpice, et on ne la