‹ Vie de M. de CoursonChapitre 334 sur 336 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

chemin de la croix et à se prosterner devant l'image de Marie; au milieu de cette intéressante communauté de philosophie, qu'il fonda, où son souvenir est toujours vivant et où les règlements qu'il donna, il y a cinquante-trois ans, s'observent encore avec fidélité.

Là ville de Nantes , que M. de Courson aimait tant et où il était si tendrement aimé, est bien choisie aussi pour posséder son cœur. Il est là au milieu de ce clergé nantais qui le chérissait comme un père et le vénérait comme un saint. Son départ pour Paris avait, comme on l'a vu , plongé tous les prêtres de ce vaste diocèse dans une grande affliction ; sa mort acheva de les désoler. « Je serais inconsolable, disait l'un d'eux, si je ne pensais que nous avons un protecteur dans le ciel, et qu'il y est comme l'ange tatélaire des séminaires de France et du clergé de Nantes en particulier. »

Ces sentiments d'estime et d'affection que nous retrouvons dans toutes les lettres adressées à M. Féret, après la mort du bon supérieur, n'étaient pas particuliers aux ecclésiastiques. Les laïques de Nantes, sur ce point, ne parlaient pas autrement que les prêtres. On peut en juger par les éloges que les journaux de cette ville donnèrent au pieux défunt. L'une de ces feuilles, l'Hermine, termine le récit qu'elle avait fait de la cérémonie du 18 avril par cette réflexion que nous sommes heureux de pouvoir nous approprier, en mettant fin nous-même à notre travail : « Qui a gagné tous les cœurs à M. de Courson?... Est-ce son nom, sa fortune, ses dignités? L'accident de la naissance a pu sans doute donner du relief à ses

vertus ; mais ce qui a rendu notre aimable et saint prêtre si recommandable, c'est sa bonté d'âme, son inaltérable douceur, sa profonde humilité. C'est par là qu'il s'est montré à nos yeux la vivante image de saint François de Sales. »

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