CHAPITRE XII
jusqu'à ce qu'il eût enfin la consolation de les mettre en paix ; d'autres indiquent comment il les tira du monde et les décida à s'enrôler dans le clergé ; tous enfin rendent hommage à la profondeur et à la sûreté de son coup d'œil dans les difficiles questions de la vocation , et s'estiment heureux d'avoir été déterminés par lui à embrasser l'état ecclésiastique. Nous laisserons d'abord parler au nom des autres le vénérable évêque dont les communications nous ont déjà été et nous seront encore d'un si grand secours dans cette histoire.
« En 1834, dit M^ Sebaux, mon frère entrait à la maison de philosophie, dont M. de Gourson était supérieur. Mon cher frère avait un excellent cœur, mais un caractère bouillant et par là même difficile à régler. Il ne tarda pas à être entièrement gagné par M. de Gourson et à se donner au bien, sous sa direction , avec toute l'activité de sa nature. Aussi , lorsqu'il venait me voir au petit séminaire, me parlait-il toujours du bon père que la Providence lui avait donné, de son affection pour lui, de sa reconnaissance, quoiqu'il vît souvent ses goûts réprimés et ses habitudes de caractère combattues. Je ne me rappelle pas lui avoir jamais entendu exprimer une plainte, tant était vive l'impression de sagesse et de vertu que M. de Gourson produisait en lui. »
M^ l'évêque d'Angoulême fait connaître ensuite le zèle , la sollicitude et le dévouement avec lesquels M. de Gourson continua à diriger son frère, après sa sortie du séminaire de philosophie, comment il l'aida à connaître qu'il était appelé à Tétat ecclésiastique et le fortifia contre les difficultés que sa résolution
rencontra d'abord. « Ce fut sous sa direction , ajoutet-il , qu'il arrêta le plan d'une vie toute de dévouement, mais Dieu s'est contenté de ses désirs, il l'a appelé à lui au moment où il allait contracter les engagements éternels du sous-diaconat. »
Le pieux prélat, par reconnaissance envers celui qu'il aime à appeler son père, a bien voulu nous faire connaître aussi la manière dont il fut dirigé à son tour par M. de Gourson. « Avant la mort de mon frère, dit-il, j'entrai moi-même au séminaire de philosophie. Toujours, je l'espère, je bénirai Notre- Seigneur de m'y avoir conduit , de m'y avoir donné un guide si sûr et en même temps un père si tendre. Tout me frappait en lui : sa bonté et sa simplicité qui le rendaient accessible à tous et nous faisaient désirer de voir revenir le jour de la direction spirituelle pour lui ouvrir notre cœur; son extrême patience pour nous écouter et nous supporter. Souvent, hélas ! (je parle surtout de moi-même) nous étions bien embarrassés et bien maladroits dans ces rapports d'intime confiance. A peine trouvions - nous quelques paroles à lui adresser. Mais il ne se rebutait pas , il nous attendait , nous suggérait quelques réflexions , se faisait tout à notre faiblesse, nous parlait avec une onction admirable, et mettait fin, quand il était temps, à l'entretien avec autant de douceur que de ménagement, sans jamais froisser.
« Animé d'une tendre dévotion pour saint François de Sales , il nous conseillait souvent la lecture de ses écrits; il voulait que la piété fût pleine d'amour et de confiance , selon l'esprit de ce grand saint. Une de ses maximes était que la paix et la confiance en Dieu