‹ Vie de M. Frayssinous, évêque d'HermopolisChapitre 60 sur 75 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Relour de M. FrayssiKOiis en France. — inciiUtit arrive :i Fère-Chanipcnoise, et leltre de M. de Prilly au préLlt. — Lettre de Mailaiite à M. d'Hermopolis. — Félicitations de M. de Donald et de iM. l'.:bbé Gratacap. — Lettre de M. Frayssinous à M, le niarqixis de Clermont-Tonnerrc. — Mot remarquable du prélat sur M. le diie de Kordcanx.

M. Frayssinois avoit terminé sa noble lâche, et couronné une si belle carrière par un dernier service rendu à la religion et à la patrie, et plus éclatant encore, s'il se pouvoit, que tous ceux qui avoient précédé. Désormais son âge, et les infirmités dont il avoit plu à Dieu de l'affliger, parce qu'il éprouve ceux qu'il aime, réclamoient un établissement plus fixe et une position plus tranquille. Il falloit à une vie sanctifiée jusque là par de longues années d'activité et de travail, des années de repos, où, librede tous lessoinsde la terre, M. Frayssinous n'eût plus qu'à achever de se sanctifier encore davantage jusqu'à l'arrivée du Prince des pasteurs. Ces vœux, les seuls que ses amis pussent former pour un grand et saint évéque, le ciel leur accorda la consolalion de les voir accomplis.

Lorsque le prélat se présenta aux frontières, et qu'il se nomma aux préposés de la douane, ceux-ci dirent, sans vouloir même ouvrir et examiner ses malles : a Monseigneur, vous ptmvez passer ; nous n'avons rien à voir avec les évoques. »

Le 9 octobre, il célébra la saint Denis à Nanci.

Comme M. d'Hermopolis iraversoit le diocèse de Châlons, il désira dire la messe dans la petite

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ville de Fère- Champenoise. Faute d'être muni du Celebret ordinairement exigé des ecclésiastiques étrangers au diocèse, il ne put en obtenir la permission du curé du lieu, dont il n'étoit pas connu. M. de Prilly, évêque de Chàlons, instruit de ce refus, s'empressa d'écrire au prélat une lettre pleine de bienveillance, et dans laquelle il lui exprimoit son vif regret qu'un curé de son diocèse l'eût traité si rigoureusement.

« Faut-il, lui dit M. de PilUy, faut-il que ce soit nous, Monseigneur, nous qui faisons profession de tant de respect et d'attachement pour votre personne; nous qui sommes pénétrés d'admiration pour tous les actes de votre noble vie, faut-il que ce soit nous qui, à votre retour dans notre malheureuse patrie, vous ayons fait un si mauvais accueil ! J'en suis confus, et je regrette mille fois que la sévérité de nos règles ait reçu cette fois une telle application. Oui, sans doute, Monseigneur, c'est bien ici le cas d'appliquer la maxime, Summum jus, summa injuria. Qui a plus que vous droit à tous iros hommages, et, quand vous vous nommez, est-il besoin d'autre passeport? »

M. Frayssinous arriva à Paris le 12 octobre 1838, accompagné de M. 1 abbé Trébuquet. Il y avoit précisément cinq ans qu'il avoit quitté la capitale, pour répondre à la haute confiance de Charles X.

Sous la date du 14, Madame, duchesse de Berri, lui transmit de Gratz, dans une lettre autographe, le témoignage de sa satisfaction. La princesse daignoit lui dire :

« Lorsque vous fûtes appelé près de mon fils, je vous témoignai ma satisfaction; car vous arriviez précédé d'une réputation de haute sagesse, joignant à un grand savoir des vertus éminentes, le don de la persuasion et le charme de

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l'éloquence. Je prévoyois alors la solide instruction qui devoit en résulter, instruction basée sur une religion éclairée. Aujourd'hui, mon cher et bon évèque, vous avez réalisé toutes mes espérances. Au moment où vous êtes de quitter votre élève, dont l'éducation, en ce qui vous regarde, est terminée, je m'empresse de vous adresser mes remerciemens. Soyez certain que je conserverai toujours le souvenir des soins et du zèle infatigable dont vous n'avez cessé de donner des preuves...

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