CHAPITRE XXX
Oraison funèbre de M, Frajssinous, par M. l'abbé Noël. — Eloge du prélat devant l'Académie Française, par BI. le baron Pasquicr. — Publication de ses Conférences et Discours inédits.
Il ne fut pas donné à M. Boyer de lire l'Oraison funèbre de M. Frayssinous, prononcée le 13 avril 1842, dans la cathédrale de Rodez, par M. l'abbé Noël, que M. Giraud avoit chargé de célébrer, au nom du clergé du Rouergue, le pontife qui en sera l'éternel honneur. Il ne lui fut pas donné d'entendre M. le baron Pasquicr, successeur de l'illustre apologiste à l'Académie Française, exposer, le 7 décembre, dans un discours noble et chrétien, à la première tribune où puissent se manifester les iulolligenccs d'élite , les titres de
[l843] LIVRE m. CHAPITRE XXX. 8G7
M. Frayssinous à l'admiration comme au respect d'un auditoire, résumé de toutes les gloires et expression de toutes les puissances morales de la France. Enfin il ne lui fut pas donné de voir perpétués par la voie de l'impression, ces Conférences et Discours inédits qn il avoit supplié le prélat de ne pas refuser plus long-temps h la légitime attente des amis des lettres, et qu'il avoit offert de publier lui-même. M. Boyer étoit depuis long-temps descendu dans la tombe, lorsque M. l'abbé Dassance, après avoir concouru à l'édition de ses Discours pour les Retraites ecclésiastiques, fit paroître, au mois de novembre 1843, en un volume in-8°, les trois Discours de M. Frayssinous sur la Révolution française, quatre Sermons qui prouvent que le prédicateur étoit digne du conférencier, les Panégyriques de saint Louis et de saint Vincent de Paul, l'Eloge de Jeanne d'Arc, les Oraisons funèbres du prince de Condé, du cardinal de Périgord et de Louis XVIII, auxquels sont heureusement associés plusieurs Discours sur des sujets divers. La mort, en triomphant de l'humilité de M. d'Hermopolis, nous a ainsi livré ses chefs-d'œuvre.
Nous avons parlé successivement avec trop d'étendue des principaux discours qui composent ce volume, pour en présenter ici l'analyse. Nous nous bornerons à dire que, si l'immense succès de la Défense du Christianisme témoigne de son mérite, cependant, comme orateur, M. Frayssinous est bien au-dessus de l'idée qu'elle donne de lui ; et ce n'est qu'en parcourant les Conférennces et Discours inédits , que l'on connoît à quelle hauteur le prélat s'est élevé. Il faudroit que le bon goût eût péri en France, que l'amour de hi bonne littérature se fût éteint parmi nous, que toute sympa-
868 VIE DE 31. FRAYSSINOUS. [l843]
thie pour les grandes pensées et les généreux sentimens eût disparu , il faudroit que les saines traditions lussent répudiées par le peuple le plus spirituel de l'Europe, pour que ce volume ne plaçât pas M. Fraysbinous, dans l'opinion, au premier rang des maîtres de la chaire chrétienne.
Tf^^ T
Nî^
iJ^
^*ftj^