‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 108 sur 205 · LIVRE VI. ' 3l · texte numérisé non relu

LIVRE VI. ' 3l

assoupissement il s'occupoit encore des moyens de faire honorer la très-sainlc Vierge. Ne pouvant plus rendre ses de'sirs par ses paroles , il fit signe à une personne qui ëtoit auprès de lui de faire achever au plus tôt les décorations qui dévoient représenter, dans la chapelle du séminaire, les principaux mystères de Marie.

Dans la nuit du samedi au dimanche de Paque, les fréquentes absences ^'esprit qu'il éprouva , donnèrent de nouvelles alarmes. Il revint cependant à lui; et voyant près de son lit un de ceux avec qui il avoit toujours été lié étroitement , il Tembrassa avec une affection toute particulière, en lui disant adieu. Le bruit du danger extrême où on le voyoit s'étant répandu dès le matin dans la paroisse, il fut visité de plusieurs personnes qu'il salua par signes, avec des regards de douceur et d'honnêteté, qui annonçoient tout à la fois et la plus vive reconuoissance pour les marques de charité qu'on lui donnoit^ et le calme parfait qui régnoit dans son ame,

A trois heures après midi, il perdit toute connoissance, en sorte qu'il ne put répondre en aucune manière à l'honneur qu'il reçut, peu de moniens après, du prince de Conti, de M. l'archevêque de Bourges , et de quelques autres personnes de qualité qui le visitèrent successivement. • Jusqu'au lendemain il parut de temps en temps avoir recouvré l'usage de la raison , mais toujours sans pouvoir rien articuler. Saint Vincent de Paul, qui l'avoit déjà visité pendant sa maladie, et qu'il avoit désiré de voir avant de quitter la terre, y . ■ . .

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ayant appris lexlreme défaillance où il étoit^ vint le visiter de nouveau le lundi de Pâque, qui devoit être son dernier jour; et ce fut sous les yeux de cet ange tutëlaire, auquel iFavoit eu recours tant de fois durant sa vie, qu'il rendit son ame à son Créateur vers cinq heures du soir, le second jour d'avril , féte de saint François de Paule , auquel il avoit eu une dévotion particulière. 11 avoit vécu quarante-huit ans six mois et douze jours. - « 11 a plu à Dieu , » écmoil le six du même mois , à M. Joly qui étoit à Rome , le saint instituteur de la Congrégation de Saint-Lazare, « il a plu à » Dieu de disposer de M. l'abbé OUer, qui a établi » le séminaire de Saint-Sulpice , et de qui notre » Seigneur s'est servi pour beaucoup de bonnes » œuvres. J'ai eu, ajoutoil-il, le bonheur de me » trouver auprès de lui lorsqu'il a rendu l'esprit ».

Sa mort fut à peine connue dans Paris, qu'on montra un grand désir de le voir : il fut exposé dans la chapelle du séminaire, où il demeura trois jours revêtu des habits sacerdotaux. Chacun s'empressoit de témoigner la plus grande vénération . pour sa personne. L'opiuiou qu'on avoit de sa sainteté inspiroit aux uns de se recommander humblement a lui , en priant à ses pieds , aux autres de solliciter et de se procurer quelque chose qui lui eut appartenu ; à plusieurs de faire toucher à son corps des médailles et des chapelets. Tant qu'il fut exposé , son visage parut si beau et si serein , qu'on l'eut pris pour un homme qui sommeilloit : aussi personne en le considérant u'é' prouvoit rien de celte horreur secrète qu'on rcs-

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