VIE DTÎ M. OLIEH
monde , il disoil « qu'il ne tarderoit pas à quitter » la terre , et qu'il ne s'en iroit pas seul ».
M. Baudrand , son quatrième successeur dans la cure de Saint-Sulpice, qui l'avoit vu et connu dans sa jeunesse, nous a laiî^sé son portrait à peu
, près dans ces termes. Il étoit d'une taille me'diocre, avoit le port libre, les manières nobles et aisées. Il étoit né sanguin, fort et robuste^ mais
^ sa complcxion fut alToiblie par les jeûnes , les veilles et les autres rigueurs de la pénitence. Son teint net et blanc étoit relevé par un mélange de vermeil qui rendoit sa figure agréable , et ajoutoit à la bonne giace qui lui étoit naturelle. Il la devoit encore aux tinits de son visage. Il l'avoit plein, le nez aquilin , le front large et découvert, les }^eux vifs, la bouche d'une grandeur médiocre et bien proportionnée, la voix belle, la prononciation facile et insinuante, le geste na-
• turel , le ton mâle , et parfaitement d'accord avec le génie fort et élevé qu'il montroit dans ses discours. Ilavoitledon de parler avec intérêt, quoique
\ sans étude et sur-le-champ. Ses prônes et ses sermons plaisoient a l'esprit , et louchoient les cœurs les plus insensibles. Orné d'une douce modestie, son maintien avoit quelque chose de si imposant et do si attrayant tout à la fois , qu'on ne pouvoit l'approcher, l'entendre, converser avec lui, sans éprouver un sentiment extraordinaire de vénération et d'attachement pour lui. On a toujours remarqué en lui un esprit vif et pénétrant , prompt à concevoir , et d'une grande étendue. Avec 'beaucoup d'inclination naturelle pour les sciences,
ricu