ARTICLE IV
Des Evéques, considérés comme les premiers wpérieurs
des S4minaires^
fc Le véritable et unique supérieur du sémim naire dans chaque diocèse, à proprement parler,
» c'est l'évéquc. Lui seul renferme la plénitude de » l'esprit et de la grâce qui doit se répandre dans 11 le dergé ; Ini seul pent donc lui donner son es- » prit et sa vie. Il est, a Pégard des membres » de son clergé, qui ne forme avec lui qu'un » même corps en Jésus* Christ , ce qu'est la téte 1» k l'égard du corps naturel. C'est lui qui com- » munique à chacun le mouvement et la vertu >» propre du ministère qu'il est chargé de remplir » pour la gloire de Dieu et le service de son Eglise. 1» Que voyonsHaous cependant? Les prêtres vivre » sans dépendance de leurs ckeis, bans obéissance M à leur autorité, et sans aucun respect pour leur I» sacrée direction. Ceux-ci n'ont rien plus à coour n que de servir l'Eglise; etréduits à eux seuls, ils «
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n sont incapal]jes. Pendant loDg-temps les clercs^ » et les préires ont été unis inlimement à leurs >i chtby sdkm l'ordre natnrel divinemcNoit établi
)) par Je'sus-Ciirisl. Dès que cette union a été rom- » pue^ on a vu beaucoup de schismes désoler i'E- » gUsc^ et à la place des grands biens qu'elle opén roit^ des maux infinis et sans nombre naître de » toutes parts, llien ne seroit plus nécessaire, que » de rétablir cette divine harmonie, de laquelle » dépend tout le bien des diocèses. Si l'ordre sacré M des prélats ne peut user comme il lui plaît, » Je Tordre des prêtres et des autres ministres » inférieurs ^ si ceux-ci ne sont liés par&itement T» avec eux, Jésus-Christ , tout pressé qu'il est du » désir de répandre ses grâces dans l'Eglise,* et » tout puissant qu'il est^ se voit privé des moyens •)! d'y réussir »•
M* Olier considère ici les évéques , 1.0 comme les pères, 2.*^ comme les cheis, 3*^ comme les
rois de leur clergé. ^
$. I. VEi^tfuc , pèn du Ciewgé.
tt De même que Dieu engendre sou Fik en D qualité de père^ et le porte dans son sein.,
)) comme s'il étoit sa mère, le nourrissant de la »> même substance dont il Ta engendré * ainsi les » prélats j comme pères divins dans l'Eglise , en- » gendreni en leur sein des enikns, et, comme » des mères tendres, les nourrissent de la iéeon- » dite de leur vie divine ; tan(fuam si niUri^ Jb- « veut filios suos. Celte ardeur d^cngendrer des a ames à Dieu, qui surpasse ordinairement^ dans
IIVRE VII, CHAI', xir.
i> le cœur des prélats , celle des prêtres H dea » aalres membres du clergé^ est une participation » de la vie ardente et féconde de Dieu le Père » qui les anime, pour loriuer tout le corps du » clergé et enijendrer des enfans à sa gloire. Or, » comme Dieu ne communique cette fécondité à » personne aussi pleinement qu'aux prelals, c\ st » à eux seuls aussi qu'il comnainiquc la pléuilude » de raliment divin et de la substance néeeasaire » pour nourrir leurs enfans.
» II a mis dans le sein des prélats la sacrée » nourriture des peuples et Tabondaiice du lait n de sa grâce ^ à proportion de la^ multitude de » leur famille , qui ne peut y dans son indigence , )) recourir à d'autre qu'à celui qui est pour tous » la première source de la vie. Et.comme la divine n provideûce a attaché à la puissance de produire » et de porter des enfans, la vertu et la grâce de les nourrir ; comme il en donne un grand dé- » sir, ce qui se voit dans les mères selon la cliaii^ 1) et selon l'ordre de la nature , qui prennent plai- » sir à allaiter leurs enfans; comme ou remarque )) enfin que cet instinct n'a été mis dans les mères^ j) qu'afin de prévenir les besoins des enfiins et la » négligence à les nourrir; Dieu a rempli les pré- M lats d'une telle abondance d'alimeiis spirituels , » quïls se sentent souvent fort pressés de la dis- D tribuer à leurs peuples. Et comme Dieu a mis » dans le cœur des enfans des bommes on instinct » naturel et un ardent désir de sucer les mamelles » de leur mère ou de leur nourrice, ne voulant » point d'autre lait; ainsi dans Tordre de la- grâce, Jibien^plus parfait que celui de la nature, Dieu
5$o VIS H. OLism.
» doune aux peuples un grand empressement de D recevoir la parole de vie de la bouche des saints n prélats; nourritarâ qui les remplit d'une telle » abondance d'onction et de grâce , qu'ils sont )) contraints d'avouer que rien ne les nourrit plus » doucement^ ne les édifie tant, ne fait plus de n fruit dans leur ame^ qu^ votre parole rendue i) par la bouche de leur saint pasteur.
» Au désir que Dieu donne aux prélats de re-» » paître les peuples^ il joint tous les autres senti* » mens que la nature a gravés dans le cœur des. » pères. Il leur en donne la tendresse pour chérir » et caresser leurs enfans dans l'ordre du salut ; la » douceur pour les souffrir dans leurs imperfec-» » tions; la force pour les porter dans leurs foi- » blesses; la sagesse pour reprendre et corriger }) leurs défauts ; la lumière pour les conduire dans » les ténèbres ; mp^.p^ les conso|iBr dans leurs » afflidio&êi En un mot ^ DiettâlÀ ^richit de » tous les dons nécessaires pour gouverner leur • troupeau y et pour élever les ames à la perfecnjàlùiii*XeÔie» les principales qualités du pre- » miersbpé^ienr du séminaire^ qui, après avoir M engendré avec amour des enfans à Dieu, les » doit encore nourrir de sa propre substance et * n les former à la vie divine.
» Le saint prélat est encore bien plas étroite- » ment obligé de nourrir et de former les sujets SI du clergé, ses premiers en&ns, qu'il engendre , n non comme ses peuples, par le mitiistère des » prêtres ses coopéra teurs, mais par lui-même et » en personne 9 en leur donnant les ordres sacrés^ I» et en leur ^primant le sacré caractère. C'est à
tiYms VII, cwAP. XII. 58i
M lui seul à les soutenir, à les fortifier, à les faire ^1 croître^ et à les établir dans la perfection de la »'yie à laquelle ils sont appelés; puisque dans » l'ordre de la grâce, comme dans celui de la » nature ^ c'est la même substance qui nous a for« T» mes dans le sein de nos mères ^ qui nous a con- » serves et nourris^ tant que nous sommes de- » meures entre leurs- bras , et que nous avons » reposé sur leur sein. Aussi le prélat^ dans l'A- » pocalypse^ est-il représenté en la personne de >} Jésus-Christ , au milieu de ^sept cbanddiers , » figure de TEglise universelle, avec des mamelles » qui fournissent Taliment et la vie à tous les .en.- >} &ns de la sainte famille du Sauveur^ en leur » donnant un lait bien plus agréable^ et qui a » bien plus de vertu que tous les vins les plus » forts et les plus délicieux, selon ;cette parole du n Cantique des CsaLtiquesi Meliorasunt ubera tua » vino (ï). C'est ce lait qui forme des enfans si >» robustes et si forts en charité , qu'après s'être Td nourris eux-mêmes et engraissés de la substance » divine^ ils vivifient^ nourrissent et soutienn'ent » tout le corps de l'Eglise. C'est pour oAd qu(î le » Fils de Dieu , au même endroit^ porte encore » sur ses mamelles une ceinture d'or, qui^ selon* » l'explication qu'en donne l'Eglise elle-même » dans son Pontifical, exprime particulièrement » les membres du clergé^ qui^ remplis des vertus » de notre Seigneur^ devenus tout amour^ et trans- » formés en charité y servent tout à la fois d'orne* » ment à Jésus-Christ, et de modèle ou de rcgl*
<») Cant, I. K
582 VIE DE M. OtlEB.
» à tous les fidèles. Cest donc surtout à cextt qui
» vivent au séminaire, de soupirer vers le sein » du prélat , de s'y attacher^ et de recevoir avec » respect^ avec amour ^ avec joie^ les moindres >> paroles qui sortiront de «a bouche sacrée ; de » recueillir , avec enipressornent et avidité, la D nioindrc goutte du lait spirituel que sa grande » charité viendra distiller dans leur cœur n. '