‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 189 sur 205 · LIVRE VIÎ, CHAP. Xlf · texte numérisé non relu

LIVRE VIÎ, CHAP. Xlf

a voit dans l'impuissance d'être utile à TEglise ; » et il ne loi reste plus qu'à gémir incessamméiit » devant le Seigneur^ /jusqu'à ce qu'il suscîle de » saints prêtres capables de le soulager , en le dqn .chargeant d'une partie du £surdeau qui lui est » imposé; et qu'il ne peut porter seul. Qc, bien » loin de se voir ainsi seomdés, nosseigiaears les » prélats se trouvent environnés de gens grossiers ,j» et d'hommes mercenaires , plus capables d'auga meiiterle poids.de leur sollicîtade, que de le » diminuer. Ils viennent lui demander, une por* » tipn de son troupeau à garder ; mais beaucoup n mieux vaudroit-il jeter les brebis à la gueule jr des loups , que de les mettre en -de telles mains.

» C'est là la grande calamité de l'Eglise. Aussi » les peuples ne soupirent pas moins que les pré* » làts après une génération de prêtres remj^is » de l'esprit de Jésus-Christ ; afid de trouver en » eux le Dieu visible qui détruise leurs péchés, qui » les console dans leurs, peines, qui les fortihe Il dans leur j^^Wiwpttiiwife^ soit; en vtû mot, » tout k eux, et leuctouldsiis leurs besoins, comme >) sont tous les vrais pasteurs dans l'Eglise. Mais il » s'en trouve si peu, 4e^s;>ipéritabies^ >paeteui»> » que les cœurs des peuples dméumit abrutis » dans l'ignorance et dans le vice. Cependant qui' M les relèvera, sinon la main de leurs pasteurs, n qui sont leurs pères selon Dieu , et leurs anges » consokteurs? Sans Cesse fls crient devant le Sei« » gneur; ils appellent les prêtres à leur secours, » ^ans que ceux-ci fassent attention à leurs cris » et tiennent compte de leurs plaintes : Parvuii

peiierwU parwm ; et non qui frangerH

5^6 VIE DE M. OLIEn.

)) eis (0. Us demandent qu'on les retire de leurs » erreurs, qu'on guérisse leurs maux, qu'on les » rappelle de leurs égaremens, qu'on les relève de » leurs chutes; ce qui arriveroit, si on les repais- » soit de la divine parole; car c'est elle qui opère » tout cela dans les cœurs. Et presque partout » l'Eglise a la douleur de voir ses enfans en man- » quer; car rien n'est si rare, que le zèle à dis- » tribuer la parole sainte , ou le don de la distri- » buer avec ibrce et prudence. On voit assez quo )) la moisson est mûre : Regiones albœ sunt ad » messem C'^); les peuples n atte ndent que des » hommes qui viennent y travailler. Les prélats » ont la faux à la main ; ils cherchent des ouvriers » qui les aident; ils en appellent tle toutes parts; » chacun crie avec eux, et gémit auprès du maitre » de la moisson : Rogate dominum messis ^ ut » miUat operarios in messem (3). Avec cela, tout » languit. Les saints prélats voient avec larmes » périr autour d'eux le fruit qu'ils ne peuvent » recueillir tout seuls. Et comment un seul homme » feroit-il la récolte entière? Elle est trop grande, » et les bras sont en trop petit nombre : Mes- Yï.sis quidem mulla; operarii aulem pauci. Si » quelquefois il se trouve des sujets de bonne vo- -» lonlé, (ce qui est assez rare) et que la divine » charité, poui^ récompenser les prières ferventes » des prélats, les envoie auprès d'eux, comme » auprès du père de famille; souvent- ces sujets » sont si neufs dans leurs fonctions , et si peu M capables du saint ministère, que s'ils ne com-. » raencent par consacrer un temps considérable à

•JPtO Thren. iv. 4. W Matlh, ix. 38. Joan. iv. 35.

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LITRE TUy CRAP. XIT. $77

M s'y exercer dans quelque sainte école , otk^ avec » rinsiruction , ils puisant l'esprit et la vertu d» » leur état, les Toilà inhabiles pour toute leur vie » au service de Dieu et de son Eglise. Ce sont , » par conséquent^ des hommes inutiles, plus pro-» i».pres à détruire qu'à édifier. Quelle surcharge n pour !e prélat qui s'en étoit promis de grands » secours ! C'est dans les séminaires qu'on prend » toutes les instructions et qu on lait tous les ezer- » dces qui rendent habiles aux saintes fonctions »•

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