‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 192 sur 205 · LITRE VIT, CIIAV. XII · texte numérisé non relu

LITRE VIT, CIIAV. XII

» sauroit en attendre celte plénitiKle de vie pro- » pre à vivifier toat le corps ecdësiastique , qui » appartient à Pëpiscopat. Car le clergé du secoad » ordre a besoin de cette vertu abondante^ qui » de la téte^ selon la doctrine.de saint Paul^ doit n descendre dans les membres par les {ointores , » les veines et les nerfs prépares pour la distri- » bution des esprits vivifians. Toute grâce qui » n'aura pas cette origine^ n'animera jamais qu'à » demi les membres sacrës de ce corps. La diffa- » sion et la communication naturelle de la vie ne » se fait que par dos canaux bien adaptés et bien >i joints à la bonche de la première source ; et c^ » canaux^ ce sont les prêtres unis au saint prélat, » selon le dessein de Jésus-Cbrist dans la for- 1) mation du dergé, où les oi^anes se trouvent » placés et proportionnés an chef avec une {us- » lesse digne de la sagesse et de la providcuce » d'un si babile maître.

D Aux uns il a donné de recevoir la vie^ aux » autres de la distribuer par un ordre et une liai- » son de parties qui se correspondent admirable- » ment. Or cette correspondance ne peut être » remplacée par aucune invention ; et partout ou » elle ne subsiste plus , il est nécessaire de la réta^ » blir selon le premier dessein de notre Seigneur. )) Saqs cela il faudroit que lui-même changeât toute » la structure et toute l'économie de son Eglise^ » qu'il formât de nouveaux chefs avec de nouveaux » membres, pour faire un autre corps tout nou- » veau, qui fut assorti de toutes ses pièces. Or c'est » ce qui ne se fera jamais sans un renversement » universel, sans des prodiges et des miracles iaeuis^

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» sàns h pf?rte et la ruioe générale de l'Ëglise ^ de » cette Eglise toatefois que notre Seigneur a promis » de oonserver aussi invariable dans sa constitution » et sa conduite, qu'immobile dans sa foi et ira- » mortelle dans sa vie^ eu l'assurant qu'il seroit T» avec elle jusqu'à la consommation des siècle»^ » pour la vivifier et la conduire, et toujours par D les ordres sacrés de sa divine hiérarchie. Tout » esprit qui viendroit d'ailleurs, et qui agiroit » d'une autre manière, feroit dans le clergé ce » que feroit une chaleur étrangère qu'on vou- V droit introduire dans un corps languissant , n faute du cours de la chaleur naturelle, qui » de la téte se communique à tous les membres. 1» Cette chaleur empruntée demeureroit sans ?i force, sans énergie, sans consistance. ËUe n'au* ji roit donc rien de la vartu première, sans laaï quelle il faut que le corps périsse. Il en sera de » même du corps du clergé, si on veut Tanimer » autrement que par l'influence du chef, qui porte * D en soi la vie pour la &ire passer par la voie du » saint prélat dans tous les membres. Non , sans » cette dépendance et cette union réciproque, » jamais il n'y aura ni plénitude de vie dans le I» corps ecclésiastique, ni ferveur permanente dans w les chrétiens, ni grâce dans l'Eglise, ni écoule- ' » ment et distribution des dons de Jésus-Christ » dans tous les membre» de son corps mystique. . » Et pourquoi cbangeroit>on ce bel ordre » blipar Jésus-Clirist, puisque les chefs sacrés de » l'Eglise sont, parleur caractère, comme regor- » geans >de l'abondance de son esprit et de la » plénitude de aa vie, pour , la sancU^cation du

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n clergé? N'est-ce pas une prophétie anthentique » de David sur la personne sacrée des p relata^

» que la grâce et la vie est comme l'onguent sacré, » qui de sa téte, où il est versé ^ va se répandre » sur son visage et sur le reste de son corps; ce »^u'il faut entendre de la grâce, qui de la per- » sonne du pontife descend sur son vénérable D clergé^ figuré par la du grand-prétre, et » parvient jusqu'aux extrémités, de cette robe » mysle'rieuse qui l'environne, en se communi- » quant de Févéque, par la voie de ses prêtres » )i jusqu'aux dernières brebis de son troupeau. » Sicut unguenium in capite, tfuod descendit in ' )) barham j harham Aaron; (juod descendit in » orain vesUmenti ejus Celle répétition ^ in » harbam^ barham Aaron, pourquoi se trouvet-rlle là ? Ce n'est pas sans mystère ; car selon le » génie de la langue des Hébreux, qui doublent ' » ainsi les expressions d'une cbose^ quand ils veu« 'n lent en marquer la perfection, elle signifie le M double esprit qui est sur le saint prélat, pour » qu'il en verse d'abord les prémices et Taboun dance sur son clergé, comme fit Jésus-Christ » sur ses apôtres et ses disciples ; et qu'il le ré- » pandc ensuite sur les peuples. Cet extérieur vé- D nérable et plein de majesté, que donne par » avance le prophète aux saints pasteurs de l'Ë* » glise, est confirmé encore par saint Jean, lors* » que, dans son Apocalypse, il dépeint Jésus- » Christ, la souveraine sagesse^ avec des cheveux » blancs comme la neige, image de Fétemité de )) son être, et de la maturité; de la prudence avec

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» laquelle il dirige les saints ponti£es qui gauverw- » peat r£glise n.

$. m. L'Evéque^ roi de son Ciergé^

« Notre Seigneur étant monté aux cieux après » sa résurrection , fut déclaré par la bouche de n Dieu son père , le soudain pontife de toute son » Eglise^ le chef des hommes et des anges, roi de » toutes les créatures, comme il le dit lui-même

' » parla bouche de son prophèteCO. La royauté sè » trouvant jointe en sa personne au divin sacer- » doce, il veut que les prélats de l'Eglise , qui sont » les héritiers de sa grandeur et les images de sa » gloire y paroissent sur la terre , revêtus des mémos » titres qu'il a reçus dans le ciel. Il veut qu'ils en

- » jouissent dés à présent dans son royaume, qui » est l'Eglise; et surtout dans son clergé, qui, en » étant la portion la plus éclairée , doit être aussi » mieux instruite de son pouvoir et de sa préémi- ^» ncnce. C'est ainsi que saint Pierre, comme le » prince des princes de l'Eglise, en parle, lorsqu'il » fait le dénombrement 'des trois ordres de son » royaume; Regale sacerdotiuui ^ gens sancta^ » populus acquis itionis W. Dans le royaume de » TEglise , le sacerdoce royal qui réside éminem- » ment dans la personne des evéques, occupe le » premier rang , regale sacerdoUum. Au second » rang , il place le saint clergé , gens sancta; c'est- 1) à-dire, tous les membres sacrés de TEglise qui )) sont aLLachés au culte de Dieu, et dévoués au

0 Psal. ax. 4. C») I. Petr. 11. 9.

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LlVllE VIT, CHAP. XII. Ob^

0 service des autels. Enfio le troisième rang est >i occupé par le corps entier des fidèles , popubês » ac(fuisilLotiis , peuple acquis par Jésus-Christ, » et délivré de la l)'rauuie du péché et du monde> » bien plus cruelle que celle de Pharaon^ par D les mains du saint prélat à qui Dieu a coi^é, )) avec le gouvernemenl des peuples, le tatou » pastoral, instrument bien plus puissant en Je- » sus-Christ, que la verge de Mo'ise. 11 est la ter- » reur des ennemis dé Dieu, et bien plus capable » do soumettre les esprits et les cœurs au joug » de TEvangile, que le sceptre des rois ne Test » de contenir leurs sujets dans l'obéissance, puis«- I) que c'est le sceptre de Jésus-Christ lui-même.

» C'est aux évéques , en -cette qualité de rois » dans l'ordre spirituel , qu'il appartient non-»fleii- » lement de diriger les peuples par leur sagesse , » et de gouverner le royaume de Jésus -Christ » par l'autorité qu'ils out en main ^ mais encore H de créer les ministres et les oQîciers dont ils ont » besoin. Ils en ont reçu le pouvoir de Jésus- » Christ et c'est en son nom qu'ils appellent » les uns pour conduire en sa sagesse , le$ autres » pour réprimer en sa puissance ; ceux^câ poor » publier ses saintes lois , ceux«>la pour en ven- » ger la transgression , et le tout avec un mer- » veilleux tempérament de douceur et de sé- » vérité , de charité et de force.

» Cette diversité de ministère fait voir com- » bien a d'étendue l'esprit de leur royauté ; quelle » est la dignité de leur couronne , la splendeur » de la maison sainte qu'ils habitent , et la -gran* « deur toute auguste du divin royaume qu'ils

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» gouvernent. Us ne sont pas forcës^ comme les » rois da monde, à prendre des ministres tels

» qu'ils les trouvent dans leurs Etals. Ils ont reçu » cette prérogative des mains de Jésus -Christ ^ D de pouvoir les créer et les former eux-mémès> » en leur donnant l'esprit et les talens qui les rén«> » dent habiles à leurs fonctions. Telle est la vertu » des grâces dont ils sont les dispensateurs^ et » qui accompagnent le caractère sacré qu'ils leut j » impriment, de les rendre propres à glorifier ' » Dieu par des louanges conlinuclles , et à sanc- » tificr le prochain par la prédication de la pa-^ » rôle divine et l'administralion des sacremens : » idoneos fecit ministros nos^i testamenti i^h » » C'est pour cela que les évêques, sous leurs habits » pontificaux, portent tous les saints vétemens » de leurs ministres inférieurs. L'Eglise Fa br^ » donné ainsi, pour faire comprendre qu'ils pos- » sèdent éminemment l'esprit et la vertu de leurs » mini^^éSyrik '^'âif^^oii^revétiis de la gràoè » qu% leur communiquent.

• » Les saints prélats ayant en eux, comme rois^ ou » comme premiers ministres de Jésus-Christ , sa » sagesse pour régler, sa puissance pour comman- » der, sa vertu pour vivifier et sanctifier les prêtres » qu'ils emploient; c'est encore à eux seuls qu'il » appartient de conduire le séminaire et de le » vivifier de leur esprit. Ilb sémimiire se trott-« » vera toujours fort heureux d'être éclairé d'une » telle lumière, conduit par une telle sagesse, » fortifié par une telle rertu. £nfin , il vivra » avet joie sous une obéissance qui le rempli»:

y <0 n. Cor. m. 6. ■

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iiiVfts ritf cnÀP. XII* 589

j) de grâce y pour satisfaire à tous les comman- II démens de celui qui leur représente la per- » sonne de Jésus -Christ. Quand il honorera le » séminaire de sa présence, tous pénétrés en sa » présence de respect et de soumission , adoreront >> intérieurement Jésus-Cbri^l q^ui les visite en lui » et par lui ^ pour opérer en leur ame la grâce de » la paix qu'ils doivent espérer de sa sainte bé- » nédiclion. Cest ce qu'opéroit notre Seigneur^ >i quand il honoroit de sa visite les apôtres et y» les disciples» Il les remplissoit de sa paix par - » sa sainte présence. Je vous donne ma paix , n disoit-il ; pacem meam do vobis (0. C'est le » privilège de ma royauté, qui surpasse de beau- » coup le pouvoir de Salomon. Bcce plus (juàm » Salomon hic i:^). Il ne faisoit régner la paix » qu'au dehors ^ et moi je donne ma paix toutti » intérieure aux hommes de bonne volonté »i.

AETICLE V.

Des sujets qui cloivenL composer le Séminaire,

Le séminaire^ dans le plan de M. Olier y teom ferme trois sortes de sujets^ dont les premiers

dirigent la maison; les seconds^ déjà élevés au sacerdoce y et destinés à servir le diocèse^ s'j tiennent prêts k se rendre partout où les appellent les besoins des peuples , et où les prélats les envoient. Les troisièmes s'y préparent aux saints ordres et aux chai^ qu'ils auront à remplir^.

lorsqu'ils seront parvenus à la prêtrise. CVst par où rhomme de Dieu achève de traiter la ma« iiére da sacerdoce; sur quoi j'observerai la mâme méthode que dans Fartide précédeat.

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