Des Direeteurs dm Séminaire, et de f excellence de
leur vocation*
a Gomme les foactious capitales du clergé ne I» permettent pas toujours aux évéques de résiji der continuellement dans leur maison , et qu'ila » sont obligés souvent de s'éloigner de leur église, N il est nécessaire que chaque prélat ait dans n sa main quelques sujets à qui il laisse son es- )) prit et son ame pour agir en sa grâce , et rem- 1) plir en son nom, pendant son absence ^ les en- » gagemens qu'il a contractés envers Jésus-Christ » et envers son troupeau.
)) C'est à ce dessein que la souveraine sagesse » de l'Esprit saint, qui dispose tout avec ordre » et suavité , a créé tant d'offices et de dignités » ecclésiastiques , qui , étant comme les carac- » tères et les semeiu es de la vertu secrète qui u réside dans les prélats , leur servent à exécuter » par d'autres mains ce qu'i)s ne peuvent &iré » en personne. Tels sont ks vicâires généraux » et les ofliciaux^ chargés de la discipline et de » la police du diocèse; les théologaux, qui pre*» » chent en leur nom et dans leur église ; les » archidiacres, qui, comme l*œil de l'cvéque, » sont obUgés de visiter et d'inspecter tout le » troupeau; les chanoines, qui, revêtus de sa }} religion, offirent tous l<e$ jours le saint sacri-
LIVRE VII, cakP* XII. 091 » fice avec solennité , et chantent les louanges » de Diea a^ec la pompe et la magnificence due » à la souveraine majesté; les doyens^ qui pré» » sidentaux chapitres^ et les grand-chantres, qui » modèrent le chœur des églises avec une dé- » cence et une dignité proportionnée,- autant M qu'il est possible , à rexcellence du culte divin.
)) Les prélats, qui ne peuvent encore vaquer n assidûment en p^soime à Tinstruction de leurs 11 prêtres et de leurs dercs , ont besoin d'avoir » entre leurs mains des prêtres qu'ils puisseut » mettre en leur place dans leur séminaire, et » à qui ils communiquent deur esprit , comme » Moïse répandit le sien sar les soixante - dix » vieillards , pour vivifier et nourrir leur clergé. » Par-là ils satisfont à robhgation capitale et » la plus importante de l'épisoopati qui est de » jeter la semence de la vie sacerdotale et di** » vine dans le cœur des principaux membres » de leur église, destinés à remplir les chapi« » très de leur religion , les autels de leur sain- » teté, les chaires de leur doctrine et de leur » piété , les sacrés tribunaux de leur justice et des Il grâces dont ils sont les dispensateurs , tous les ' » cœurs des peuples du feu sacré de leur amour.
Rien déplus saint que cette fonction, puis- » quelle iait entrer ces prêtres en communion » de k grâce qui est donnée aux saints pré» )» lats , et qu'ils possèdent seuls en chef pour k » sanctification de tout leur clergé ; car les mi- » nistres sacrés , qu'ils distribuent dans toute Té* » tendue du diocèse, ne penvent recevoir k don » et l'esprit de leur ministère que par odv^ à»
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M,r^véque , élabli immédiatein^nt et préposé sur
» son éf^lise, pour répandre de la plénitude de » Tonctioa divine^ qu'il a reçue par sa. consécra- N tion , sur tous les ministres de son église.
» O commission admirable^ et si je l'ose dire, » adorable , que celle des prêtres qui entrcift en >i partage de cet esprit l On doit> estimer et ho* n norer beaucoup sans doute celle des grand* » \'icaires et des ofliciaux, dont les fonctions sont » si saintes et si relevées: mais de partager la 1) grâce de ce divin emploi qui porte l'esprit » de saint^ë dans le cœur des clercs et des pré- » très , c'est ce qui mérite une vénération toute » singulière , car est-il rien au-dessus., dans . la 11. dignité biérarchiqne ? Le don de oommuni- » quer cette vertu secrète et divine qui vivifie » les ames, don propre de l évéque, surpasse » toutes les fonctions de l'épiscopat. C'est l'i- >i mage .de- la fécondit^^t de la plénitude de » la vie même de Dieu ; et non-seul* ment la » vicf pénible y mais encore la vie glorieuse de ^ Jésus-Christ sur la terre a eu cette merTi^lle j) pour fin. On remarque en effet que notre » gneur, après avoir donné pouvoir à ses apôtres » sur son cojrps et sur son sang dans le cénaj» de; après même leur avoir communiqué sa » puissance sur son corps mystique dans une des » apparitions qui suivirent sa résurrection, se 9 rémsrva le jour de la Pentecôte pour les remplir » de son esprit de sainteté et de sanctificatioBi » en faveur de toute son Eglise j car ce fut en » ce . grand jour que la plénitude de l'onction » divîfie se déborda sur la sainte assemblée qui
>i formoit
LITAfi TU, CHAF. XII. 5cj3
n formoit l'Eglise naissante^ pour se répandre u entité 9 par la succession des évéques , sur les » ministres de -cette Eglise, et sur ses en&ns^ » d'âge en â*;c, jusqu'à la dernière génération. » Les évé.ques^ en efTet^ ont reçu cette divine » onction, source de sainteté et de yie, de la )> bouche et de la main des apôtres , dont ils » sont, selon le langage de saint Grégoire-le- » Grand et la doctrine du saint concile deTrente^ » les ..véritables successeurs* Or les prêtres que n Févéque appelle a la direction de son sémi» .'[-^ » naire, il les fait de'positaires de l'esprit et derN'^>^^ » la grâce qui doit sanctifier le clergé de son n diocèse : esprit et grâce ajpostolique , dont le » prix et la vertu surpassent tout ee qu'on en )) peut dire.
» Oh 1 quelle source immense de sainteté ! et » quel océan, quel trésor de biens spirituels, que » Famé du prélat qui représente Jésus -GhnsL » à la té te de son troupeau î Est-il croyable qu'un i> simple prêtre puisse avoir accès dans son in-» « térieur, et entrer en société de l'esprit de » sanctification qui lui est propre? Sera -t -il » possible, sera- 1 -il permis à un prêtre, de se » plonger dans ce sein admirable de l'évéquey » dans cette fournaise ardente de sainteté et w de zèle, représentée autrefois par le Ratio- » naldii grand-prêtre, que les noms des douze trin btts d'Israël rempUssoient de lumière et de » flammes! Cette figure nous annonçoit que Ton » puiseroit un jour dans la poitrine et dans le cœur des prélats , la plénitude de l'amour de » l'Eglise, et une sainteté abondante. . .
(( Bienheureux les prêtres que Dieu daigne » élire poar en fiedre les disciples du grand juiaitre » qni goiiTerae font le diocèse, et qui puisent » dans la grâce dont il est plein , afin de la I» distribuer aux ministres de Jësus-Gbrist qui 3» se forment par leurs soins , et d'en arroser n la portion la fdns prédensede son EgUse! Quand - » plaira-t-il à Jésus-Christ, l'instituteur de son N clergé^ de renouveler cet ordre apostolique des » ministres de Pépiseopat, animés de sa grâce n et vivifiés par son esprit ? Oh 1 qu'il y en a I» peu qui voulussent entrer dans la sainteté de n vie nécessaire pour y avoir part et s'en rendre » dignes!»
Après avoir fait connottre Fexcellcnce de la va* cation des directeurs du séminaire , et de la Jonction qu'ils exercent^ M. Olier parle aussi des qualités qu'ils deivent avoir.
La première , qui est le fondement de toutes les autres, et sur laquelle il croyoit ne pouvoir trop insister , t»>mme on l'a déjà vu ^ c'est l'es** prit d'anâinttssement et de renoncement à leur propre intérêt. Il vouloit qu'un directeur du séminaire fût comme un bassin très - vaste et très -profond^ eapaUe de recevoir la plénitude ët l'abondance dé k grâce dont il « besoin pour remplir son ministère, et par conséquent vide de tout ce qui appartient à l'esprit du monde. <c U fiiuty disoit-Â, qu'il ait par Ter« « tu, ce qui est donné «au saint prélat par la » grandeur et la sainteté de son caractère j et )i que, rempli de son même esprit, de sa grâce » et de sa lumière^ il la puisse répandre sur tous