IVEE YII» en AV. XII
n II en faut d'aàtres qui soient toujours prêts à
» laire la mission ^ surtouL dans les cures vacantes » par la mort du pasteur : d'où il résulte plusieurs ^ » avantages.
» Le premier^ c'est de suppléer aux fautes et » aux négligences souvent très-considérables du » curé décédé 5 le second , c'est de secourir les » peuples dans leur délaissement^ et de consoler » l'épouse de la porte de son époux ; le troisième^, )) c'est de préparer au successeur un troupeau ca- » pabledeprofiterdesesinstructionsetdesesbons i> exemples^ en jetant à propos dans- le cœur des » brebis une semence de salut;, qui, bien cultivée » ensuite^ portera du fruit en son temps. Gom- .» bien d'aiUeurs évitô^t-on par-là de difficultés qui » se rencontrent dans les missions faites en la pré* » scnce du curé ? > .
» Ces prêtres peuvent servir encore au saint » prélat y soit pour l'accompagner dans ses visites , )) soit pouf le précéder et aller préparer les voies , )) à l'exemple des disciples du Fils de Dieu, qu'il » envoyoit deux à deux au-devant de lui, par- » tout où il devoit passer : ce qui produit ordiï) nairemcnt un grand bien ; car en faisant con- • » noître aux ames , par la prédication et les » catéchismes^ le prix de la grâce que Dieu leur » prépare par la visite du premier pasteur , et » enleui inspirant les dispositions qu'elles doi^fent » y apporter, on les rend dignes de recevoir avec » fruit les sacremens de la sainte Eucharistie et 1» dé la Confirmation , les deux plus nches pi'é- » sens que Dieu ait faitsà son Eglise, puisque dans » Tun ou rcfjoit le corps adorable de sop Fils,
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» dans l'autre les dons et la personne adorable
» de son divin Esprit.
» Ils pourront encore soulager le saint prélat^ » s^il yént les employer à reeonnoître la capacité » des prêtres j talent si rare dans plusieurs cam- » pagnes; leur vigilance sur les besoins spirituels » des peuples ; leur charité et leur zèle à prêcher^ yt h exLorter, à catéchiser, à administrer les sa«* » cremens, à visiter leur troupeau^ pour recon- » ciiier les familles divisées , aider de leurs au- » mânes celles qui sont indigentes^ consoler les » malades , etc.
» Les mêmes sujets peuvent enfin aller prési- » der par ordre et au nom deMs*^ l'évéque, aux m conférences de MM. les curés, qui se font tous 9) les mois dans les divers cantons du diocèse, » comme il se pratique en plusieurs évêchés j M moyen excellent de faire connoître au prélat , 7i la modestie, la piété, la capacité, l'assiduité des » pasteurs à qui son troupeau «st confié, et l'état » de son clergé.
» Les prêtres de cette seconde classe n'ont pas j) besoin, comme les premiers, de renoncer aux y bénéfices et aux dignités ecclésiastiques : mais V ils doivent être abandonnés entre les mains de » révéqne, pour être placés, soit par commisn sion, soit en titre, ou il jugera à propos de les » envoyer, sans avoir d'autre ambition que de )) servir r£glise sous ses ordres ». -
.$,ïll. Des EUyes du Séminaire,
» Il ne reste plus à parler que de la troisième » classe des sujets du séminaire^ qui est la plus
tt nombreuse, puisqu'elle comprend toas ceux qui » viennent se former à Télot ecclésiastique, et » eu prendre lesprit. Tous ne sont pas de même » âge, ni de même condition; uns n'étant pas » encore clercs , mais touchés du de'sir de se » donner à Dieu, et de se consacrer à ^on service^ . » peuvent venir au séibinaîre pour étudier leur » vocation , et examiner s'ils sont dignes d'être » promus a la cléricalure. On peut en consé- » quence les recevoir en habit séculier. Les autres^ » qui étant clercs ne portent aucnne marque de » leur état, viendront s'y instruire de leur yoca* )) tion, et y prendront Thabit ecclésiastique, s'ils » en sont jugés digues. Ils le prendront avec esprit }i de pénitence, et avee un grand regret d'avoir I» négligé jusqu'alors de porter les marques de la
M clérical ure.
» Il s'en trouvera qui, sans prétendre à aucun y» bénéfice, se saitant appelés à servir Dien et son » Eglise, viendront étudier les devoirs de leur » sainte vocation, et se former à l'esprit du sacer- >i doce, pour se mettre dans la main de leur prélat^ N et reinplir dans son diocèse tel ou tel ministère' » qu'il lui plaira. De tels ouvriers se présentant » avec le seul intérêt de la gloire de Dieu^ leur » grâce en sera bien plus excellente.
» D'autres enfin seront dés bénéficiers , comme » doyens, cLaulres, aichidiacreç , clianoinrs, ab- » bés, prieurs, qui voudront connoitre ce qu'ils » sont dans l'Eglise, ce qu'ils lui doivent , quelle » est la grâce de leur état, quelles en sont les j> vertus et les obligations.
. » Cette diversité de sujets compose la beauj^é N admirable de l'Eglise de Dieu^ et forme un
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» ordre AierveOIeux aux yeux de Jésus * Chirist
» notre Seigneur, qui s'en sert pour mettre au n grand jour Tétendue de ses vertus secrètes et la » multiplicité de ses dons cachés.
» Mais de cette même diversité nait nnedifficulté » qu'il faut aplanir. Le séminaire est ouvert aux » riches et aux pauvres. Comment ne pas exposer , » ceux-ci à aimer leurs aises^ si on les traite , pour » la nourriture et le vêtement , au-dessus de leur » condition ? Et si les premiers , qui ont été' e'ievés » délicatement^ ne sont pas nourris avec plus de » soin que les personnes d'un état médiocre^ n'est- • » il pas à craindre qu'on ne les dégoûte et qu'on ne » les rebute ? Le premier remède à tout inconvé- Ti nient y c'est de régler tellement la nourriture et* y» le vêtement ; c'est d'y mettre un si juste milieu ^ » que It'S sujets d'une condition commune , ne » puissent ni excéder ni flatter leurs sens , et que D fi^^sujets d'une condition plus relevée^ n'aient » poinli^lïétt«tè^îre de plainte ensemble sur ce qui w touche les nécessités de la vie.
yk. Mais un autre remède bien plus efficace , et il^^K^|^<>li!Îdars été le plus solide fondement de la paix et de la concorde dans les Sociétés chré- » tiennes, c'est l'exercice de la mortification. Sans » cette vertu, rien d'assuré dans la religion du )î"clergé et dans la perfection du sacerdoce^ non plus que dans le christianisme. Sans cette inort » à soi-même 5 ce n'est que trouble avec soi et » avec ses frères. Dans elle, au contraire^ trouve la pftix avec Dieu , avec soi-même et avec le procbainvLa grande étude des directeurs sera » donc de former les sujets du séminaire à la mor« » tiiication de toutes les inclinations de la chair^
livue vit, chap. xii. Gi\ )i et de les établir dans la pratique de cette kçoa » fondamentale de la déricatare : Regardez-^vous » comme des hommes morts au péché ; existimate y) vos mortuos (luidem essepeccato (0. Saint Paul » représente les chrétiens, à plus forte raison les )> élèves du sanctuàire, comme des hontes qui » portent dans leur corps la mortification de » Jésus-Christ C*^), comme des hommes ensevelis » avec Jésus-Christ 5 par oonséqnent tellement sé- ' » parés en esprit des choses de la terre ^ que rien » de ce qui est le sujet ordinaire de nos inquictu* » des et de nos troubles , n^interrompe en noua » la paix nécessaire au service de Dieu et à l'accrois*- D sèment dans la piété.
» Je'sus-Glirist notre Seigneur a donné le pre- » mier coup de mort à la vie du péché par la » grâce du baptême, nous laissant à continuer » Fœuvre qu'il a commencée^ en nous appliquant )> sans cesse à retrancher les germes di^éché, qui » est bien mort en soi, mais non dans ses suites, i> C'estaquoiTondoit beaucoup exhorter les élèves » du séminaire, en leur faisant toujours ouvrir les » yeux à la malignité de leurs désirs, pour les répri- » mer et les t^nir ensevelis dans un esprit de mort^ » comme ils y sont obligés par leur profession , et » comme ils en iioiiL avertis parleur habit. Car la )) soutane, qui est un habit de mort et de péni« » tence , et que nous devons prendre avant da » nous revêtir du surplis, nous apprend que la » mort à uous-racmes doit précéder la sainteté de i) la vie cléricale , représentée par la blancheur. » de ce vêtement. Avec cet esprit^ q u i es t celui dea
(•) Mqiii. yi. 1 1. . («; Cor. iv. lo.
apôtres^ les clercs aspirant au sacerdoce nepen- 1» seront ni- à leurs habits ni à leor nourriture. » Ils n'en feront non plus de cas , que ces princes » auxquels on vient en grande cérémonie pré- » senter des mets après leur mort, et qui y sont » aussilpeu sensibles qu'aux suaires et aux déco-* » rations funcljrcs qui les environnent ; et pleins » delà grâce de leur vocation en Jésus -Christ, i> ils parviendront à n'avoir plus que du dëgout » de la vie présente, ot de désirs que pour la vie » future, à laquelle tendent tous les exercices du » séminaire, n