‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 199 sur 205 · SES LUMIÈUES £T SES GRACES PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

SES LUMIÈUES £T SES GRACES PARTICULIÈRES

Dieu sellait à récompenser dés cette vie la vertu de ses fidèles serviteurs, en leur communiquant des lumières intérieures qui sont comme un gaii^c de c lies qu'd répandra sur eux par torrens dans la gloire. La vie de M. Olii^ en iburnit Un grand nombre d'exemples. Ou verra, par les différens traits qui vont terminer son histoire, que Dieu le faisoit entrer non-seulement dans le secret des consciences, mais même dans ses propres secrets.

En 16^2, le juillet^ fcle de saint Jacques son patron , il faisoit en chaire i'éloi;e de cet 'apôtre, lorsqu'il vit entrer dans Téglise une de 6e8 parentes, qui étoit parée d'une manière trèsmondaine, avec deux de ses enfaus qu'elle venait

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lui présenter. Son désir étoit qu'il se chargeât de leur éducation , comme elle Ten pria lorsqu'il fut descendu de chaire , et' qu'il les prit avec loi (ce sont les termes de l'homme de Dieu) pour leur frayer un chemin à la fortune; car elle fil cette démarche dans le même esprit que la mère des deux apôtres Jacques et Jean^ lorsqu'elle demanda pour eux à notre Seigneur les premières places dans son royaume. Mais elle fut bien surprise d entendre son vertueux parent, sur la protection de qui elle avoit toujours compté, et qui ignoroit entièrement le dessein qui là conduisoit chez lui, déclamer avec force, un momeul après qu'elle se fut placée dans l'auditoire , et contre rintérét grossier qui inspire tous les projets des gens du monde, et contre les demandes criminelles qu'ils font tous les jours à Dieu et aux hommes. « Car » n'est-il pas vrai, disoit*il, dans ce même dis- N cours , que sans les prétentions de l'orgueil, de » l'amour propre , de l'ambition et de la vanité, » les aute|^ j4^ Jésus-Christ scroient déserts,^ et D ses J|;lises abandonnées ? On n'y va que pt>1ir » demander la santé ^ Phonnenr, les richesses; M demandes si éloignées de celles que faisoit notre u Seigneur, uniquement occupé de la gloire de » son Père. Tout ce qui ressent le monde et lè^ » vanités du monde, me miet hors de moi-même, » reprend le serviteur de Dieu. C'est pourquoi, M après le sermon, cette personne étant venue me » visiter avec son mari, je lui dis si han^tement » ses vérités, et lui représentai avec tant de véhé- » mence le scandale qu'elle avoit causé ii ses ,^UT

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» fans, depuis quVlle leur donnoit rexemplc de » la mondanité du siècle, qu'elle en versa des » larmes devant moi. Je ne me bornai pas à ces » représentations et à ces reproches; car le refus » que fil notre Seigneur à la mère des enfans de » Zébe'dée, en condamnant Tesprit d'ambition » qui la conduisoit , je le fis de même , et sans » respect humain, à cette mère si remplie d'elle- » même et si vaine. Je me souviens qu'auparavant )» d'avoir entendu sa demande, par un mouve- )) ment particulier, je m'étois senti poussé en ^) chaire à insister sur Tindignation avec laquelle » Dieu et notre Seigneur Jésus-Ghrisl réprouvent )) des prières semblables à celle des deux apôtres. )) J'ajoutai qu'au reste saint Jacques, s'il eût été )î en ma place, et s'il fût monté dans la chaire )) où je préchois, auroit prêché contre sa propre )) mère. 11 se fut condamné lui-même, d'avoir » suggéré à celle qui lui avoit donné le jour, la » demande qu'elle avoit eu la témérité de faire » à notre Seigneur en leur présence. Ces dernières » pensées, notre Seigneur me les mit lui-même » dans l'esprit avant que je montasse en chaire. » Il me dit de sa bouche : Parlez de cette ma^ » nièrc. Ce bon maître voulut alors que je fisse » une leçon dont je ne savois pas quel éloit le' » dessein, et qui éloit un mystère pour moi. Nos » Messieurs m'entendant parler avec tant de zèle » contre la vanité des mères , qui , à l'exemple » de celle de l'Evangile, cherchoient à élever leurs )) enfans dans la grandeur; à cette parole surtout, » que son fils prêcheroit contre elle-même, cru-

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» rent que je Toulois parler de uia mére^ qui ne » pouvoit souffrir mon éloignement des grandes ji places ».

Un des prêtres de la communauté Tajant prié une fois de lui faire coanoître ses dé&uts. Dieu Téclaira tout aussitôt si par&itement , qu'il voyoit Pintérienr de celui qui le consultoit et toutes ses peines^ mieux que si elles avoient été écrites devant ses yeux : c'est son expression. Se sentant ^ porté au même instant à lui &ire part de ce qu'il ^ découvroit dans son ame, il le fit avec tant de justesse, que celui-ci, tout hors de lui-même, le quitta aussi étonné de ses profondes lumières, que soulagéetoonsolé par ses bons conseils. A l'exemple de cette femme , qui , après son entretien avec notre Seigneur, alla dire à ceux de la ville de Samarié qu'elle conno^issoh : J'ai troupe un homme ifui nfa dii tout ce que f ai fait (i), il fut si ému de ce qu'il venoit d'entendre, qu'il ne put s'empécher d'en faire part aux autres prêtres àvec qùi il vivoit; U leur annonça ce qui lui étoit arrivé^ avouant que jamais il n'avoit été si surpris que . dans sa conversation avec M. Olier ^ qu'il lui avoit dit ses vérités les plus cachées; et qu'il fitUoit que Dieu l'eût favorisé du don de pénétrer les secretsdes consciences.

Ce ne fut pas la seule fois que M. Olier sut lire dans l'intérieur de k même personne. Elle ne s'accordoit point avec lui dans un dessein qui inléressoit la communauté et la paroisse; opposition dans laquelle Tentretenoient plusieurs personnes de grande considération. Le serviteur de Dieu dé'* r

CO Joaa. lY. ïg.

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couvrit tout ce qui se passoit dans son esprit; et

•voici comme il s'en exprime. « Notre Seigneur, » dit-il, qui me lit connoitce que cet ecciésias-* » tique étoit fort souvent en tentation contre nous » et notre projet, me montra dernièrement (lu- M mière qui m'e'toit aussi claire que le jour cl plus » encore) que malgré toutes les suggestions cou*» ji ^traires, il le tenoit lié à nous, en sorte qu'il se » Irouvoit forcé, malgré lui-même, d'abancjQnaer H » ceux qui le conseiUoient

La même chose lui arriva encore a vec un autre de ses prêtres, n H me eonsuItoit.( c'est ainsi qu'it » raconte l'événement) sur une chose très-diffi* » cile : j'admirpis sou humilité ^ car il est iu&njin ment plus sage, plus sayant et, plus avisé que » moi; et à l'heure même notre Seigneur me » montra clairement ce quil me demandoit. Jo » reçois souvent ces gr&ces; mais q'est à la consi"* » dération-des personi^ qui viennent m'interro-» » ger. Dit u m'éclaire par compassion pour elles ; >i je le vois sçAsihlement. Dès qu'on ouvre

bouche pour me consulter, avant même de s^* iiiK^'oir ce qu'on me demande, Dieu me donne eà )) leur faveur les lumières qu'elles désirent et avec » abondance^ mais notre bon maître, pour m'hur » milier/et me &ire connoître que la sagesse et n l'fntclKgence ne sont point en moi, encore moins » à moi et de moi, mai^ que tout est à lui et en » lui, me laisse quelque temps dansTaveuglemeut » et dans Vignorance 4e ce qu'on me demande » puis, dans un instant, sa bonté me le fait con- » noître. Je le sens tous les jours, soit dans les » couiessiQns^ soit dans les entretiens pai ticuiici:^

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