LIVRE VII, CHAP. Xin
pouvoir presque plus respirer, il s'adressa à lui, et le supplia de demander au Seigneur son rétablissement , si ce devoit être pour sa plus grande gloire. Il appliqua sur son estomac un morceau de la soutane du saint prêtre. 11 se leva quelques momens après pour se promener dans sa chambre, fort étonné de ne plus sentir aucun mal* et de jouir de toute sa respiration. Sa guérison fut aussi persévérante qu'elle avoit été prompte et entière. Le fait est signé de Charles Feugerolles, du diocèse de Lyon, le 2 mai iGSy.
Une religieuse professe de Tordre de saint Augustin en la ville de Saint-Didier, nommée Anne Feulha, et dite en religion , sœur de la Trinité, à 1 âge de trente-un ans, soufFroit une grande douleur de tête et un mal d'estomac, qui l'avoient tellement affoiblie, qu'elle ne pouvoit plus se tenir debout. Un samedi 19 d'octobre 1657, comme , ses souffrances étoient beaucoup plus considérables qua Tordinaire, elle fut visitée, au moment où elle souffroit le plus, par la sœur Louise d« Salus, prieure du couvent. Celle-ci l'entretint de quelques miracles opérés par l'intercession de^ M. Olier. La malade se sentant inspirée de recou- . rir à ises prières, demanda un morceau de sa soutane, et l'invoqua, après s'être mise à genoux dervaut l'image de notre Seigneur. Un quart-d'beure après qu'elle eut reçu et appliqué sur elle l'instrument que Dieu voulut faire servir à sa guérison, elle commença d'éprouver une grande diminution dans son mal , avec une force et une vigueur toute extraordinaire. A peine se fut-elle relevée, qu'elle
f)^^ VIE DE M. pflEll,
IrQuya parfaitement délivrée de ses spuffraiipes et de son extrême fpiblesse. Le premier usfage qu'elle fit de ses forces, fut d aller au chœpr rendre à Dieu ses actions de j^raccs. Tout ceci a été déposé et attesté avec serment par la religieuse eller même , en présence d'un docteur en droit, nomnae Antoine Duformel , vicaire forain et commissaire député par Henri de Maiipas, évêque du Puy, pour en informer juridiquement. Cet événement fut à peine répandu dans la ville de Saint-Didier, qu'un prêtre âgé de trente- quatre ans, nomme François Nexpn , qui servoit dans la paroisse de la même ville, «ut la témérité de se permettre plusieurs railleries sur la sœur de la Trinité^ et xle la tourner en dérision. A l'en croire, la guérison prétendue n'éloit que dans l'imagination de la malade; et tout ce qu'il y àvoit de mieux ^ dire , c'étoit que \sl merveille qu'on débitoit pafr tout étoit un beau rêve, pardonnable à la foiblesse de son cerveau et de sou sexe. Il ne tarda pas à avoir besoin lui-même de recourir ftv^ mé4eç\n qui avoit opéré cette guérison ; et il paya cher les propos qui lui étoient échappés depuis plusieurs jours. Le; ye^idredi vingt-sept du mf'içie mois, il fut tout dVn cQwp attaqué d'un vi6lei|it mal de lêtCj, accompagné d'une fièvre continue, qui Ip^^ changer entièrement de sentimept et de langage. X.e repentir dans le cœur, il s huniiUa devî^nt DÀeu, et dans le fort de son mal il §ç fit appor^eir pièce de la soutane de M. Qlier, qu'il plaça sur sa tête,, li fit au même instant ui^e fervente prière, €t tQUjt îiussitgt il éprauy^ qn^ M. Ql^çr ^ff >(çar
geoit après sa mort^^ comme il avoit fait pendant sa vie, éû rendànt It bien pour hs itij^ures <}U'il âvoît reçues dé sei éààëàkis* B fiit énèiéfèttkeiit soulage, et ne rcssehtit plus airéwrfr itt'aî. G'e^ ce <^ttil a de'pôsé éri pèrsonne devant nous, dit le xriéme Afitoîne Dafofiïiel, coiximissfliiréy dètOê W' pfooès-Verbal àvt dehiier joui^ d^octobfe t65j, ' On trouve encore, dans la collection de ses procédures , une guérison extraordinaire et subite-^ Inéafr obérée par rattoùckement d'un morceân^ dë k Sûtttine de M-. Olier, dans la pevionhé dPnit haîbitant de la ville de Valence, nommé JaCque.-< Ghapuisy malade d'ane flaxion de poitrine; à la* ^eUé je tféW àjoàtè'ple^ qu'uhe, rapportée, eritrô; pliîSieufs à^fres, plar M. Grandet, curé de Sainte- Croix dans la ville d'Angers. En voici lat relation, écrite de sa main. Un excellent prêtre nomMé SouefàHtj ^noiùe héncfràirè de Saint^-Nitolas dé €raon ^ te^AtlMsi datfsune makdre, q^ui, au dixième jour, le réduisit à l'extrémité. Une sainte fille, sa parente, nommée Marie Rtrùs^u', qtii àVbit été dirigée pat M. 0hcf , l« eh'^^ôya dé Parîis nn ihoi^ ceatr dé la camisolle du serviteur de Dieu, qu'elle tenoit de M. deLoûgueil, prêtre, maître des cérémonies au séminaire de &nnt-Scrlpice.' G^tat M. Rigault, chanoinédeSainlwpierféd'A fiil chargé de la porter' au malade à Craon, éloigné de" cette ville de ûotsze lieHùH. Goàime il âfriva, on sènncMt sbàr éfgônie. Entrant tRei lé tHÊia^^ il apprit que ks médecins Tavoient abandonné, et qu'ils avoient dit aux chirurgiens qu'ils pouvoient aiifuiser leurs instrumens pour ovt^thp
pou corps* On lui donnoit à peine un qoart-d'heture de vie^ et l'on faisoit Ie« prière^ des agonisans^
lorsque M. Rigault approcha, de son lit, et lui dit : c< Je vous apporte quelque chose de M. OUec:. » Ayez confiance en JUfiu, et vous recevrez du'
^ li soulagement , par rintercesdcm de son serviw teur )). A ces mots, M. Boucaut, levant les yeux au ciel; prit dans sa main ce qu'on venoitdelui présenter, et demanda à boire^ d'une voix .si foibln qn'on eut peine a Fentendre. II trempa lui-même le morceau dans un bouillon qu'on lui apporta, et en but. Dès qu'il eut cessé de b0ire, U sentit ^es douleurs d'entrailles trés-violentes. Sa maladie étoit une rétention d'urine; il en rendit, tout lo
'reste du jour, et durant la nuitji une quantité presque incroyable. Les médecins, qui avaient assuré qu'il ne ponvoit guérir sans miracle, furent étrangement surpris de la révolution dont ils étoient les témoins ; mais ils n'eu prouoncèreut pas moins q^^e le malade é^it sans espoir^ paroQ que tout qu'il, venoit de rendre «voit séjonmé si long-temps dans son corps ^ qu'infailliblement la corruption avoit gagné ieâ intestins. Cependant $a.; sanfl^^revint tout-à-coup ; et nuUm^nani qu^ f écris ceclj ajoateM. Grandet, (c'élpit quelque^ années après) est encore vwant. ' - . Plusic^s autres maiaji^ lurent guéris de; la fièvre en usant du même, remède^ entre suffrea une parente de M. Grandet , qui depuis vingtbuit mois avoit une ûèvre quarte. Elle en fut dé-
, livrée au jour ni^éine où eUe inv^o^ua ie âeirxjl^^ 4e Dieu.. = - -r'^^-^vii^^'^ i:^^
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Je n'oserois proaoDèer si les gaérisoii$ dont oa
vient de lire le récit sont du nombre dé celles que notre Seigneur a donné à ses disciples, et dans leurs personnes, aux sainU de Ions les sièdes, le ponYoiir d'opérer snr les corps et sur les âmes, quand il leur a dit : Guérisse;:, les malades (0, Je n'aurai pas non plus la témérité de,dire que les viftons et les révélations rapportées dans cette yie doivept être mises au rang de celles que le Roiprophete a exprimées par ces paroles : ous avez parlé en vision a vos saints (^). Il n'appartient qu'à la sainte Eglise de discerner infailliblement le doigt de Dieu dans les opérations extraordinaires; et je soumets à son jugement tout ce que j'ai écrit, soit des vertus de M. Olier, soit de tout ce qui paroit, dans son histoire, au<fdessus des lois de la nature. Mais comme ce sont les vcrlus^ et non les miracles qui font les saints, celles de l'homme de Dieu sont assez éclatantes et trop oer* taines pour ne pas faire présumer qu après avoir édifié les hommes sur la terre , et s'y être sanctifié par la pratique constante des maidmes les plus parfiùtes de l'Evangile , il règne avec Dieu dans le ciel. Plusieurs personnes après sa mort, crurent pouvoir conjecturer qu'on travailleroit un jour à sa canonisation. Telle fut l'opinion du saint évéque de Gahors, Alain de Soiminihac, qui, parlant de la fidélité de M. Olier à remplir sa charge, ajoutoit : « Comme ça été la cause de sa » sanctification, ce sera aussi le motif de sa ca-
6^6 Tis i>B sf. otiEn, urtÈ vu, chap. xiit.
.» nonisatiûXi (0 ri» Quoi qui'il en soh de cette parole,
ne déniièr piitf ici pbm tM ptëdictioii , le ^CB«i dé l'Eig^liiMi ii'cn eA pus lèonis , que là yié de
M. Olier offrant une image des Tertos quVlhî ho-' liore dainsles saiiite dont elle piace ^reliques^ sur kft aûttelâf «Ue Bervé d# adodâe il^ foui èedx qo» trâTsiHeiit à méther une pkoediHiiii'.hi tenè àeh vivaus. • .
(OTie de M. A/dc SoIminHiac, par le P. de CBastciict^ liv. u*