LIVRE II. ' * ô
joie avec laquelle les hommes de condition se voyoicnt promus à de semblables dignités; mais se ressouvenant alors de cette parole d'un père de FEglise, que la charge e'piscopale avoit fait trembler tous les saints (0^ il ne pouvoit comprendre comment une telle promotion ne faisoit pas sur eux des impressions toutes contraires. II savoit ce qu'elle avoit coûté de larmes à saint Ghrysostôme, à saint Ambroise, à saint Augustin, et aux plus grands hommes des premiers siècles; il n'ignoroit pas que plusieurs d'entre eux, pour éviter un fardeau si terrible, non contens de fuir, avoient imaginé des expédions qu'il seroit impossible de justifier autrement que par une in-^ spiration de l'esprit de Dieu. L'idée de son indignité , jointe à tous ces exemples, lui faisoit regarder le poste qu'on venoit de lui destiner' comme étant beaucoup au-dessus de ses forces.- Ne voulant pas cependant se décider lui-même sur une afi'aire de celte importance , il prit conseil du P. de Condren, son directeur, ne doutant pas que Dieu ne lui fît connoître sa volonté par cette voie. Il lui exposa donc, d'une part , les frayeurs que lui causoit la seule pensée des obligation»^^d'un évcque ; de l'autre, le désir que Dieu lui in-tl • spiroit depuis long-temps d'imiter la vie pauvre^ et anéantie de notre Seigneur , désir qui , loiaa de s'afFoiblir, croissoit tous les jours. L'hommesage qui avoit grâce pour lui tracer la route qu'il devoit prendre, crut découvrir dans ses dispo-"^ sitions intérieures un dessein particulier de Dieu,
(0 Reperio onanes sanctos diviui ministerii ingcnttra veluti molctn foiniiclanles. S. Cfrili AlexanJ. Homil. /. Je PasM.
qui ne s'accordoit pas avec la vocatidii iti^éfUsf^ copat, ou du moins il jugea que si Dieu Vj desti-
noit 5 rbciire n'en étoit pas encore venue, ^xxv. M. Olier , affermi par cette réponse dans la résolution de s'éloigner toujours autant qu'il pcnir^it des grandes places , écrivit an cardinal de Kicliclieu pour lui te'moigner sa. reconnoissance, et le pria de faire agréer au Roi, que, con"* ^ tinuant à suivre son goût pqoir les missions, de '\ la campagne, il lui remit la notninatiotf'dont il. avoit plu à Sa Majesté de rbonoi^r à Sa rc commaniiatioii. Sa dé mission -£ut aç^ptée^ et le Roi nomma M« Félix yiftbrt) 'mmaieuv de Cha-; Ions. - *
On ne savoit guère eu ce temps-là^ non plus ' qu'aujourd'hui y ce que c'étoit que de refuser un évéclié , surtout lorsqu'il réunissoit la dignité de pair de Franco. La conduite de M. Olicr étonna beaucoup. Ceux de sa famille , qui désiroient son avancement^ lui en firent des reproches trèsamers. Ils ne pouvoient goûter un refus qui leur paroissoit si contraire à ce qui se pratiquoit universelIeineuU Sà, mère eUe-méme^ quoique pieuse, • ne fut point assez maîtresse des mouvemens d'humeur qu'elle éprouvoît toutes les fois qu'elle y p( nsoil^ pour les étouffer dans le silence, et pour xespi:ctcr les bornes de Tautorilé mate ruelle. Six, mois après, lorsqu'elle sut que, par la mort de M. Glausse , Févcché de Ghàlons eût été le par-^ lage de son fils, elle en parut inconsolable : son ressentiment alla plus d'une fois jusqu'à la faire édater en reproches, on il entroit autant d'aigreur que crinjusUce. Cétoit pour le serviteur de Dieu.